Climat: accord trouvé entre les Régions et le Fédéral
Les Régions sont arrivées à un projet d'accord sur la répartition de l'effort climatique, annoncent les ministres régionaux et fédéral.
- Publié le 04-12-2015 à 18h59
- Mis à jour le 04-12-2015 à 21h42

Les quatre ministres de l'Energie et de l'Environnement ont abouti vendredi soir à un accord sur la répartition de l'effort climatique à produire d'ici 2020, ont-ils annoncé. Cet accord porte sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la production d'énergie renouvelable, le produit des enchères de quotas CO2, et l'engagement sur le financement international.
L'accord conclu au sein de la Commission nationale du Climat est le résultat de longues discussions entamées en janvier 2015, après des tentatives infructueuses sous les législatures précédentes.
Pour atteindre l'objectif belge de réduction de gaz à effet de serre, les Régions réduiront d'ici 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre de 15,7% pour la Flandre, de 14,7% pour la Wallonie et 8,8% pour Bruxelles.
La Belgique s'est engagée à atteindre un niveau de 13% d'énergie renouvelable dans la consommation finale d'énergie brute en 2020. En valeur absolue, l'engagement pour la Flandre s'élèvera à 2,156 tonnes d'équivalent pétrole (Mtep), à 1,277 Mtep pour la Wallonie, à 0,073 Mtep pour Bruxelles et à 0,718 Mtep pour le pouvoir fédéral.
Pour ce qui est des enchères de quotas CO2, les 326 millions d'euros disponibles seront répartis à 10% pour Fédéral, 53% pour la Flandre, 30% pour la Wallonie et à 7% pour Bruxelles. Pour ce qui est des enchères à venir jusqu'en 2020, le fédéral recevra 9,05%, la Flandre 52,76%, la Wallonie 30,65% et Bruxelles 7,54%.
L'engagement sur le financement international s'élève à 50 millions d'euros, dont 25 millions seront assumés par le fédéral, 14,5 millions par la Flandre, 8,25 millions par la Wallonie et 2,25 millions par Bruxelles.
Un dernier point à régler
Il ne reste qu'un point de l'accord à régler, celui du surplus d'énergie renouvelable par la Wallonie. Ce sujet sera analysé le 23 décembre prochain en comité de concertation.
Ce détail de l'accord sur la répartition de l'effort climatique pourrait semble-t-il attendre, alors que cette annonce d'un accord quasi-global entre les Régions et le fédéral permettrait à la délégation belge de le proposer lors de la conférence de l'ONU à Paris ce dimanche.
Un accord "ambitieux et équilibré", selon Geert Bourgeois
Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) s'est réjoui de la conclusion vendredi d'un accord sur la répartition de l'effort climatique qu'il a qualifié d'"ambitieux et équilibré". S'exprimant auprès de l'agence BELGA, ce dernier a même osé le qualificatif "historique" après des années de tentatives infructueuses. "Il fallait arriver à un tel accord et nous sommes arrivés à un accord équilibré en dépit des critiques", a-t-il précisé. Mercredi dernier, le ministre-président N-VA appelait encore à obtenir plus de garanties à propos de l'énergie renouvelable. Ces garanties ont été obtenues, a-t-il souligné vendredi et l'accord est "parfaitement défendable".
Le texte est également "ambitieux pour la Flandre", a-t-il fait observer. "Nous voulons nous engager en matière d'énergie renouvelable. Ainsi, voulons-nous passer de 380 à 500 éoliennes d'ici 2020. Et si cela ne dépend que de moi, on peut même miser sur 600".
Sur le plan des réductions d'émissions CO2, les objectifs flamands (15,7%) sont quelque peu au-dessus des objectifs belges (15,2%). La Wallonie sera à 14,7%. Et en ce qui concerne le financement international du climat à hauteur de 50 millions d'euros par an, 14,5 millions d'euros proviendront de la Flandre pour 25 millions du fédéral, 8,25 millions de la Wallonie et 2,25 millions de Bruxelles.
Geert Bourgeois a tenu à féliciter tous les protagonistes et particulièrement la ministre CD&V de son gouvernement Joke Schauvliege qui avait été quelque peu déshabillée par le partenaire N-VA après une première tentative d'accord. "On a travaillé intensément. Cet accord devait aboutir. Je ne suis pas d'accord avec les critiques qui nous ont visés. Pendant six ans, il n'y a pas pu y avoir d'accord. A présent, il y a un accord sur la table qui est parfaitement défendable".
# Belga context
Les maires du monde prêts à l'objectif de 100% d'énergies renouvelables d'ici 2050
Un millier de maires et d'élus locaux du monde entier réunis vendredi à Paris en "Sommet des maires" se sont déclarés prêts, dans une déclaration commune, à oeuvrer pour un objectif de 100% d'énergies renouvelables dans leurs villes d'ici à 2050. Réunis à l'initiative de la maire de Paris Anne Hidalgo et de Michael Bloomberg, ex-maire de New York et envoyé spécial des Nations unies pour le climat, ils ont solennellement averti que le "changement climatique était un défi commun".
"Continuer sur la même trajectoire d'émissions de gaz à effet de serre aura des conséquences désastreuses pour nos enfants, pour l'environnement et pour la biodiversité. Agir pour le climat est la seule voie possible", indique la déclaration commune de villes telles que Londres, Madrid, Sydney, Rio de Janeiro, Bamako, Accra, Séoul, Bruxelles, Milan, Stockholm ou Chicago.
Les élus, représentant 600 millions de personnes, ont voté le soutien à "des objectifs ambitieux (...) tels que la transition vers une énergie 100% renouvelable sur nos territoires" et une "réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050".
Ils se sont également déclarés prêts à réduire de 3,7 gigatonnes de tonnes équivalent CO2, les émissions annuelles de gaz à effet de serre dans les zones urbaines d'ici à 2030.
Cela reviendrait à prendre à leur charge, selon le texte, "30% de la différence prévue entre les engagements nationaux actuels" et les niveaux d'émissions recommandés par les scientifiques pour ne pas dépasser l'objectif d'un réchauffement de la planète à 2 degrés.
Les villes "abritent la moitié de la population mondiale et génèrent les deux tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les élus locaux et régionaux ont un rôle essentiel à jouer pour garantir un avenir sobre en carbone", ajoute encore le texte que les élus, qui veulent ainsi "faire entendre leur voix", présenteront aux négociateurs samedi au Bourget où se tient la conférence internationale sur le climat.
