"Nous continuons à aller dans la mauvaise direction" : 2022, année record de concentrations des gaz à effet de serre
Les concentrations de gaz à effet de serre, responsable du changement climatique, ont à nouveau battu des records en 2022, une tendance qui n'est pas près de s'inverser, a alerté l'Onu mercredi, appelant à réduire d'urgence la consommation de combustibles fossiles.
- Publié le 16-11-2023 à 15h33

Pour la première fois, en 2022, les concentrations moyennes mondiales de dioxyde de carbone (CO2), le gaz à effet de serre le plus important, ont dépassé de 50 % les valeurs préindustrielles. Et elles ont continué à augmenter cette année, d'après le Bulletin des gaz à effet de serre de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), publié à deux semaines du plus important sommet climat depuis l'accord de Paris, la Cop 28, qui se tiendra du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï.
Les concentrations de méthane (CH4) ont également augmenté et les niveaux de protoxyde d'azote (N2O), le troisième grand gaz à effet de serre, ont connu entre 2021 et 2022 leur plus forte progression annuelle jamais observée.
"Malgré des décennies d'avertissements de la part de la communauté scientifique […] nous continuons à aller dans la mauvaise direction", a commenté le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas. Environ 80 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent des pays du G20, a-t-il indiqué en conférence de presse.
L'objectif de l'accord de Paris de 2015 consiste à limiter le réchauffement de la planète "bien en deçà" de 2 degrés Celsius depuis l'époque préindustrielle (1850-1900), et de 1,5 degré si possible. Selon un précédent rapport de l'Onu, la température moyenne de la planète en 2022 était supérieure de 1,15°C à celle de l'époque préindustrielle. Et 2023 sera très certainement l'année la plus chaude jamais enregistrée, a indiqué M. Taalas aux journalistes.
"Le niveau actuel des concentrations de gaz à effet de serre nous conduit vers une augmentation des températures bien supérieure aux objectifs de l'accord de Paris d'ici à la fin du siècle", a averti M. Taalas, dressant un sinistre pronostic : "Les conditions météorologiques deviendront plus extrêmes : chaleur intense et fortes précipitations, fonte des glaces, élévation du niveau de la mer et réchauffement et acidification des océans." "Nous assisterons à une flambée des coûts socio-économiques et environnementaux", a-t-il ajouté.
