Un hôpital wallon réalise une prouesse: "Il aura fallu plus de 20 heures d'opération pour obtenir ce résultat"
Les chirurgiens du CHU Helora ont réalisé une prouesse médicale à Mons : ils ont réimplanté à un patient quatre doigts sectionnés.

- Publié le 29-01-2025 à 16h13
- Mis à jour le 29-01-2025 à 16h15

C'est une véritable prouesse médicale qui a été réalisée par les chirurgiens orthopédiques du CHU Helora hôpital de Mons – site Kennedy, rapporte la Dernière Heure: au terme d'une vingtaine d'heures d'opération, ils sont parvenus à réimplanter les quatre doigts d'un patient victime d'un accident de travail. Au total, ce sont quatre chirurgiens, épaulés par des anesthésistes et infirmières, qui se sont relayés entre 22 heures et 18 heures le lendemain.
"Le patient a été admis samedi via les urgences", expliquent Dr Xavier Collard, chef du service orthopédie et Dr Claire Gauthier. Boulanger, ce dernier a voulu débloquer une machine à pain après avoir senti une certaine résistance. La lame a sectionné quatre de ses doigts. "Les ambulanciers les ont conservés de façon optimale. Une fois en salle d'opération, un chirurgien a travaillé sur la main, pour la préparer et vérifier que tout était prêt pour la réimplantation, tandis que le deuxième travaillait sur le doigt à replacer."
Un travail d'équipe extrêmement minutieux et sensible. "Il faut que les os, que les tendons, que les artères et que les veines soient en bon état, que toutes les structures soient préparées afin de pouvoir réimplanter. Dans cette ampleur – quatre doigts – c'était une première pour nous. Réimplanter un doigt nécessite déjà environ huit heures de travail sous microscope. Ici, il en a fallu une vingtaine."
Aujourd'hui, le patient peut espérer retrouver l'usage de sa main. "Nous sommes à 10 jours post-opératoires, la phase critique est a priori passée. Le patient a bien compris l'enjeu, respecte toutes nos consignes pour maximiser ses chances. Il est resté trois jours en soins intensifs, sous médicaments pour empêcher la coagulation du sang et éviter les risques de thromboses veineuses notamment. Au total, il a récupéré quatre doigts et trois sont viables."

En effet, l'état de l'auriculaire était trop avancé. "Nous avons tenté la réimplantation mais nous avons dû le réamputer secondairement", confirme Dr. Collard. "Je dois remercier mes collègues, qui sont très rapidement intervenus et qui ont appelé les secours", insiste le patient, âgé de 22 ans. "Sans leur aide, je n'aurais probablement plus de doigts aujourd'hui. Quant à l'équipe médicale, elle a réalisé un travail titanesque. Je leur dois beaucoup."
Des sangsues comme aide thérapeutique
Déterminé à retrouver autant de mobilité que possible, le patient prend son mal en patience. "Je me doute que ce ne sera plus jamais comme avant mais j'espère pouvoir continuer à faire des pâtisseries, des pralines, du bon pain. Je reste positif et optimiste." Le chemin sera long : il faudra en effet de nombreuses séances de rééducation aux côtés de kinésithérapeutes et d'ergothérapeutes pour que la main, dans son ensemble, guérisse de pareil traumatisme.
On notera par ailleurs que pour améliorer la récupération du patient, les équipes ont eu recours aux sangsues (hirudothérapie). Installées sur les doigts réimplantés, elles offrent, via leur morsure et leur succion, un effet de saignée décongestionnant, un effet anticoagulant et un effet analgésique. Les sangsues utilisées sont élevées en laboratoire et ont permis d'éviter de nouvelles interventions traumatiques – mais nécessaires – comme une saignée ou l'enlèvement des ongles.