Une ONG aux accents perwéziens

Gaël Castro-Van Havre se souviendra du mois de janvier 2013 : pour son premier passage en Belgique, il a découvert la neige. Il a également fait la connaissance de Perwez, commune où a grandi son père.

Geoffroy Herens
Une ONG aux accents perwéziens
©D.R.

PERWEZ Gaël Castro-Van Havre se souviendra du mois de janvier 2013 : pour son premier passage en Belgique, il a découvert la neige. Il a également fait la connaissance de Perwez, commune où a grandi son père.

Grégoire Van Havre a en effet profité du début d'année pour quitter le Brésil le temps d'un bref retour, trois ans et demi après son dernier séjour.

"Qu'est-ce que ça a changé, qu'est-ce que Perwez s'est développé, constate-t-il. Et puis, c'est bon de retrouver la sensation de froid, les dégradés de gris dans le ciel, la pluie Et les frites, les bières, les proches, les amis et les éoliennes."

Outre l'aspect familial, le séjour de Grégoire Van Havre, Livia Castro et de leur petit Gaël aura permis au trio de présenter à leurs donateurs le rapport d'activités de PACE, l'ONG qu'ils ont créée tous les deux en 2006 à Sao Gonçalo dos Campos, près de Bahia, dans le nord-est du Brésil.

"Notre objectif est de combler les manques de l'éducation fractionnée, explique cet ancien élève de l'ISA de Jodoigne. Les enfants ont cours soit le matin soit l'après-midi. Mais rien n'est prévu le reste du temps. Notre idée, c'est de compenser cet enseignement élagué par des activités gratuites offrant une ouverture sur le monde, sur l'environnement, la citoyenneté, qui permettent de titiller les esprits, de toucher aux arts "

Au niveau des ateliers, les élèves ont le choix : théâtre, dessin et peinture, musique, capoiera, alphabétisation (en complément de l'école) et anglais.

Quant aux adultes (également les bienvenus), ils peuvent apprendre également la capoiera mais aussi la couture et l'artisanat. Un détail : la quasi unanimité des apprenants sont noirs.

Une population majoritaire dans le Nord-Est mais loin d'être favorisée. "Ces enfants sont généralement oubliés par la société, constate Livia Castro. En arrivant chez nous, ils ont l'impression de n'être rien. Par la suite, ils commencent à trouver une identité, à aimer certaines choses Une manière de leur donner confiance, de les aider à grandir, de changer leur vie."

Du travail pour 15 personnes

L'histoire de PACE, c'est celle d'une ONG qui ne cesse de croître. "En 2006, nous avons accueilli 23 enfants âgés de 6 à 11 ans, se rappelle Grégoire Van Havre. Ils avaient monté un spectacle basé sur les récits d'anciens de la ville. Une création qui a été montrée aux écoles et vue par plus de 1 000 personnes."

Six ans plus tard, les ateliers de PACE concernent quelque 250 participants, dont 50 adultes. Une belle réussite qui a également eu des conséquences sur le nombre de professeurs. "Au départ, il n'y avait que Livia et moi, précise l'ex-Perwézien qui continue de se charger bénévolement de la coordination tout en menant un doctorat en archéologie. Aujourd'hui, quinze personnes ont un revenu, dont neuf professeurs."

Tout cela grâce aux fonds récoltés en Belgique et au Brésil (où divers prix et subventions ont rapporté près de 20 000 € l'an passé). Soit un budget annuel de 22 500 euros.

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