Important incendie chez Derbigum à Perwez: "Il n'y a pas eu de mouvement de panique"
Des fumées qui s'élèvent à plusieurs dizaines de mètres de hauteur et visibles à des kilomètres à la ronde, c'est ce qu'ont pu observer de nombreux Brabançons wallons, hier après-midi.
- Publié le 08-07-2015 à 20h50
- Mis à jour le 09-07-2015 à 08h02
Des fumées qui s'élèvent à plusieurs dizaines de mètres de hauteur et visibles à des kilomètres à la ronde, c'est ce qu'ont pu observer de nombreux Brabançons wallons, mercredi après-midi. Sur le coup de 13 h 35, un important incendie s'est en effet déclaré sur le site de l'entreprise Derbigum, spécialisée dans la fabrication de revêtement de toiture et installée dans le zoning de Perwez, le long de la chaussée de Wavre. Près de 2 000 tonnes de roofing étaient la proie des flammes.
Un incendie qui a immédiatement pris des proportions exceptionnelles. Au point que les autorités locales décident de déclencher le plan d'urgence communal. Un périmètre de sécurité a été mis en place tandis que les riverains du site, les travailleurs des sociétés situées à proximité, une crèche et le centre sportif - soit une petite centaine de personnes - ont été évacués.
Direction le Foyer culturel où les personnes évacuées ont été prises en charge. "Mon épouse et moi faisions une sieste lorsque nous avons été réveillés par notre voisine, confie Gilbert Louis, un habitant de la rue de la Doyerie. On a évacué tout de suite, sans prendre le temps de fermer les fenêtres et la porte de garage. On a l'habitude qu'il y ait de petits incendies chez Derbigum. Mais là, ces fumées noires, c'est très impressionnant."
La consommation d'eau est déconseillée
Fort heureusement, à moins d'être pris dans ce nuage noir, les fumées, bien que très polluantes, ne seraient pas toxiques. "Les fumées sont très spectaculaires, en effet, mais elles ne contiennent pas de chrome ni de chlore ni de produits halogénés", confie Marco Vinassa, commandant à la protection civile de Crisnée et responsable des opérations, mercredi après-midi.
Par sécurité, les habitants de Perwez étaient toutefois appelés à se confiner chez eux et à fermer leurs fenêtres. "Ce qui n'est pas très appliqué en raison de l'effet de curiosité", déplorait Hélèna d'Arian, inspecteur d'hygiène adjoint au SPF Santé publique.
Quant à l'eau courante, elle était, mercredi, fortement déconseillée car potentiellement impropre à la consommation. "La commune de Perwez est la seule du Brabant wallon à avoir son propre réseau de distribution, précise Carl Cambron, bourgmestre faisant fonction. Le problème, c'est qu'il n'est recouvert que d'une grille et qu'il s'est retrouvé en plein milieu des fumées. Nous avons envoyé des échantillons pour analyse mais, par principe de précaution, nous déconseillons la consommation de l'eau du robinet jusqu'à nouvel ordre."
150 hommes mobilisés
Vers 17 h, le sinistre était enfin sous contrôle. Il faut dire que les grands moyens avaient été déployés : une trentaine de véhicules (auto-pompes, citernes, citernes de grande capacité, auto-échelles camions émulseurs et ambulances) ont été mobilisés. Soit près de 150 hommes, dont certains en provenance de Libramont et Anvers. Des pompiers qui devaient passer une bonne partie de la nuit sur place. Mercredi soir, au moment de boucler cette édition, les hommes du feu étaient toujours à l'œuvre pour définitivement maîtriser le sinistre.
Au final, si l'incendie a pris des proportions extraordinaires, les dégâts seraient relativement limités. Deux mille des 4 000 tonnes de roofing entreposées sur le site sont parties en fumée tandis qu'une partie du dépôt communal, situé juste à côté, a été endommagée.
Le bilan humain, lui, est léger : un pompier a été légèrement intoxiqué par le dégagement de fumées tandis que deux ouvriers de Derbigum, qui ont tenté d'éteindre l'incendie, ont été brûlés au niveau des yeux par les retombées de scories. "En vingt-huit ans que je travaille ici, je n'ai jamais connu ça, nous expliquait un ouvrier de Derbigum sur le site. C'est incroyable."
Ils témoignent
Harold Van Cutsem et Jérémy Cuvelier étaient présents au sein du centre sportif de Perwez lorsque l'incendie s'est déclenché. Ils y animaient un stage pour jeunes hockeyeurs. "On était à l'extérieur et on a vu la fumée grimper vers le ciel et se diriger vers nous, confient les deux acolytes. Immédiatement, on a rejoint la responsable du stage avec les enfants, de manière à regrouper tout le monde à un même endroit. On a ensuite appelé les urgences et demandé ce qu'il fallait faire."
Les portes et fenêtres du centre sportif ont été fermées pour éviter que la fumée y pénètre et les membres du stage ont alors attendu l'arrivée des secours. "On croyait d'abord que c'était un incendie de pneus car les fumées dégagées étaient très noires. Mais ça a pris de l'ampleur. On est restés au sein du centre sportif jusqu'à ce que les secouristes viennent nous dire d'évacuer."
Les 23 jeunes stagiaires ont alors été pris en charge. "Les plus jeunes ont été transportés au Foyer culturel dans le Proxibus. Les autres sont montés dans nos voitures personnelles. Quelques jeunes avaient peur mais on a tenté de les rassurer. Il n'y a pas eu de mouvement de panique et, finalement, tout s'est bien terminé puisque personne n'a été blessé."
