Michel Henrion insulté et violenté dans le parc de Genval (VIDEO)
Le journaliste et chroniqueur de RTL-TVi fait partie du collectif " Normandy debout" qui s'oppose au projet immobilier qui vise à détruire l'Hôtel Normandy et nombre d'arbres centenaires l'entourant. Il a voulu filmer et prendre des photos du début des travaux mais a rapidement été repéré par un travailleur en colère qui l'avait déjà prévenu au préalable.
- Publié le 06-06-2016 à 14h26
- Mis à jour le 06-06-2016 à 16h55

Cela fait plusieurs mois que le parc patrimonial de Genval, dont le bâtiment le plus ancien est l'esthétique Hôtel Normandy construit en 1901, est au centre de l'attention dans le Brabant wallon. En cause: GIA immobilier a pour projet de construire deux immeubles, comprenant au total 13 appartements, en rasant l'Hôtel Normandy ainsi que 42 arbres plantés aux alentours.
"Malheureusement, dans le lot, il y a de nombreux arbres centenaires", explique à Lalibre.be Michel Henrion, membre du collectif "Normandy debout" qui réunit des habitants des environs qui se sont dressés contre le projet. Ces derniers ont d'ailleurs introduit un recours au Conseil d'Etat contre le permis octroyé par la Ville en février dernier. "La Ville avait pourtant reçu des avis négatifs, dont deux émanant de la Commission royale des Monuments et des Sites (CRMS)", regrette le journaliste et chroniqueur pour RTL-TVi.
Pourtant, les travaux ont bel et bien commencé ce lundi matin avec l'abattage des arbres. "De notre côté, tout le monde pensait que le promoteur immobilier allait attendre la décision du Conseil d'Etat au cas où la partie plaignante venait à l'emporter.". A y regarder de plus près, le promoteur immobilier, ayant obtenu le permis de la commune, semble être dans son droit... du moins en Wallonie. "Ce qui est incroyable, c'est que, à Bruxelles, lorsque la CRMS donne un avis défavorable sur un projet il est directement suspendu. Ce qui n'est malheureusement pas le cas en Wallonie. Où est la logique?", s'indigne Michel Henrion.

Photos et direct vidéo suivis de menaces et de violence
"L'avocat que nous avons pris a déposé un recours en annulation. Il nous a aussi conseillé de prendre des photos et vidéos si les travaux commençaient. De ce fait, quand j'ai entendu les tronçonneuses ce matin, je suis rapidement allé dans le parc", remet en contexte le journaliste, avant de poursuivre. "J'ai commencé à prendre des photos puis je me suis mis en direct sur Périscope, via mon smartphone". Quelques secondes plus tard, un employé de l'entreprise qui abat les arbres est venu à la rencontre de Michel Henrion et s'est directement montré menaçant. "J'ai essuyé des insultes et j'ai fait face à quelqu'un de violent qui a même jeté mon smartphone au travers de la rue pour mettre un terme pur et simple à mon enregistrement", témoigne un Michel Henrion qui met en avant sa totale incompréhension face à cette réaction du travailleur en question.
"Ce qui me chagrine le plus, ce n'est pas tant d'avoir subi une forme de violence mais plutôt de voir ces arbres centenaires déracinés, arrachés. J'ai vu des gens dans la rue qui pleuraient face à ce triste spectacle", conclut le chroniqueur. Si le Conseil d'Etat se prononce en faveur du promoteur immobilier, les nouveaux appartements seront habitables dès 2018.

Terrain privé et dangerosité
Il est toutefois nécessaire d'ajouter que la propriété sur laquelle s'est rendu Michel Henrion est privée puisque détenue par GIA Immobilier, le promoteur immobilier représenté par messieurs Marc Charles et Christophe Renneboog. "Il (Michel Henrion) s'est mis devant les arbres pour empêcher les travailleurs de les couper. Il lui a été demandé de quitter les lieux à plusieurs reprises, gentiment au départ. Il s'est exécuté mais lorsqu'il est revenu pour filmer et prendre des photos, c'était devenu de la provocation", tient à préciser la cellule communication de GIA Immobilier. Autre point soulevé par le promoteur: la dangerosité du chantier. "Nous étions en train d'abattre des arbres, nous ne pouvions pas risquer la vie d'une tierce personne de la sorte. Sans parler des machines utilisées qui peuvent également s'avérer dangereuses."
Ce n'est pas tout puisque l'Hôtel Normandy serait également totalement insalubre avec, notamment, 13.500 kilos d'amiante à enlever et des installations plus que vétustes. "D'ailleurs plus rien, ou presque, n'est vraiment d'origine aujourd'hui", poursuit la cellule communication qui se dit "ouverte au dialogue depuis le départ", comme en atteste sa démarche pour convaincre l'ASBL Hommes et Patrimoine qui n'était pas favorable au projet au départ.