Le miraculé au cheval-godet

Tout un chacun qui suit les manifestations folkloriques à Bruxelles, en tête desquelles la Plantation du Meyboom, a déjà eu l'occasion de voir les géants pour enfants, à savoir le cheval godet et Polleke. Trois ans durant, le petit Nathaniel Goessens fut le principal porteur du cheval-godet.

Jean Bernard
Le miraculé au cheval-godet
©Bauweraerts

Tout un chacun qui suit les manifestations folkloriques à Bruxelles, en tête desquelles la Plantation du Meyboom, a déjà eu l'occasion de voir les géants pour enfants, à savoir le cheval godet et Polleke. Trois ans durant, le petit Nathaniel Goessens fut le principal porteur du cheval-godet.

Oui, mais voilà. Alors qu'il était en vacances près de Bouillon en août 2010, ce ketje passa sous les roues d'un 4x4 dont le chauffeur affirme avoir été ébloui par le soleil couchant. Résultat, le garçonnet resta plusieurs jours entre vie et trépas. Sa maman, Stéphanie, témoigne : "Dans l'hélico qui l'emmenait au CHU de Liège, les médecins ne lui donnaient guère de chance de survie. Puis, à Liège, l'équipe fut tout bonnement fantastique. Au bout de cinq jours, Nathaniel fut transféré à l'UZ VUB; là aussi, on est tombé sur des gens formidables."

Maintenu dans un coma artificiel un mois, il restera encore à l'hôpital deux mois supplémentaires ; puis ce furent huit longs mois de rééducation dans le centre de revalidation Inkendal, à Leeuw-Saint-Pierre.

"Les pronostics étaient particulièrement pessimistes ; vu les organes touchés, il en sortirait paraplégique, sourd-muet et aveugle, sans compter que les experts estimaient qu'il avait 2 ans et demi d'âge mental. A son réveil du coma, il voulait arracher les baxters ; il a donc fallu lui maintenir les bras en l'air. On lui a également placé une poche dans l'estomac", explique Stéphanie .

"Mais, un an plus tard, hormis des interventions "one day" à la trachée toutes les huit semaines, il peut mener une vie normale, reprendre le football, pour le moment à Anderlecht. Et puis, samedi, il sera de la fête que rendent les poepedroegers à Manneken-pis puis, le samedi suivant, à la fête du folklore, Grand-place."

De cette douloureuse période, le gamin conserve quand même des moments heureux. "Il y avait plein de clowns ; et puis, les infirmières étaient très gentilles et enfin, grand-maman apportait à manger des bonnes choses : des boulettes sauce tomate, du hachis parmentier, de la glace ou du chocolat. Et puis, les copains et même les profs et le directeur, sont venus le voir."

Ainsi que les poepedroegers ou les buumdroegers, solidaires avec leur petit compagnon de Saint-Laurent. "Quant à mon mari, conclut Stéphanie, il a dû s'occuper des autres enfants : Malone, 10 ans, Arwen, 6 ans, Eowynn, 2 ans et demi, et le petit Kewan, 2 mois au moment de l'accident."

Samedi, Nathaniel retrouvera ses amis porteurs de géants et dès ce matin, il aura déjà repris, comme des milliers d'autres enfants, le chemin de l'école. On aura une pensée pour celles et ceux qui, comme "le ketje au cheval-godet" l'an passé, n'auront pas cette joie, ainsi que pour leurs parents.

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