Incendie mortel à Anderlecht: "Cela ne m'étonne pas qu'un tel drame survienne dans le quartier de Cureghem"
L'immeuble était prévu pour deux logements mais en abritait sept. Selon le syndicat des locataires, la responsabilité du bailleur est engagée.

- Publié le 08-11-2024 à 21h24

L'immeuble dans lequel s'est propagé l'incendie qui a coûté la vie à trois personnes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier de Cureghem à Anderlecht n'était pas aux normes. Plus précisément, il ressort que le bâtiment faisait l'objet d'une taxe pour façades délabrées ainsi que pour logements surnuméraires.
"Un arbre à papillons poussait à travers la façade et l'a endommagée. Nous avons infligé une taxe au propriétaire qu'il continue de contester et qu'il n'a toujours pas payé", explique le bourgmestre d'Anderlecht Fabrice Cumps (PS).
L'immeuble était par ailleurs occupé par un nombre trop élevé de personnes. "Le permis d'urbanisme prévoit qu'il s'agit d'un bâtiment avec deux logements officiels mais dans la réalité, il occupait sept ménages occupés par cinq hommes isolés et deux couples. Notre priorité est de trouver des solutions de relogement pour les victimes qui ont perdu leur habitation", ajoute le bourgmestre.
Concernant la taxe pour logement surnuméraire, le propriétaire doit s'acquitter d'un montant de 318,27 euros par mois. Un montant qui est majoré de 3 % chaque année. "S'il n'est pas d'accord, il peut contester. Si le redevable ne paye pas, on peut saisir les biens et aller jusqu'à la mise en vente de la maison moyennant un jugement", ajoute Fabrice Cumps.
Selon José Garcia, président du syndicat des locataires, la responsabilité incombe au bailleur. "Le propriétaire n'a pas le droit de louer un tel bien. Cela ne m'étonne pas qu'un tel drame survienne dans le quartier de Cureghem connu pour la problématique du mal-logement, avec des habitations souvent vétustes et qui ne répondent pas aux normes incendie", fustige-t-il.
La problématique des marchands de sommeil a déjà été soulevée à de nombreuses reprises mais malgré les mises en demeure et les taxes, rien ne change. "Une solution permettrait pourtant d'éviter de tels drames. Il s'agit d'un permis locatif régional délivré sur base d'une descente sur les lieux afin de vérifier la bonne conformité du bien lorsqu'il est vide, avant de le mettre sur le marché. Cela permettrait également d'éviter des expulsions de locataires. Ces derniers doivent toutefois faire preuve de bon sens et hésiter à louer ce genre de bien mais la crise du logement à Bruxelles est telle qu'ils n'ont pas le choix", ajoute José Garcia.
L'enquête entre les mains du parquet de Bruxelles va devoir répondre à une série de question afin de comprendre comment un tel drame n'a pu être évité.