Une vie au PS, pour l'après Branders?
Le principal problème de la majorité absolue de Châtelet (21 sièges sur 33) aura été incarné par sa bourgmestre Dominique Branders. Et ce boulet interne, la majorité l'aura traîné pendant une bonne partie de la législature, les petites tensions du début ne cessant de s'accroître jusqu'à donner lieu à une totale incapacité de régner, entre ceux qui détenaient tous les leviers du pouvoir.
- Publié le 05-07-2006 à 00h00
Le principal problème de la majorité absolue de Châtelet (21 sièges sur 33) aura été incarné par sa bourgmestre Dominique Branders. Et ce boulet interne, la majorité l'aura traîné pendant une bonne partie de la législature, les petites tensions du début ne cessant de s'accroître jusqu'à donner lieu à une totale incapacité de régner, entre ceux qui détenaient tous les leviers du pouvoir.
Il y aurait eu, à propos de Châtelet, de quoi entretenir quelques études psycho-politiques. Se souvenir que Châtelet est faite de trois anciennes communes fusionnées (Châtelet, Châtelineau et Bouffioulx) et de deux rivales qui ont vécu l'affrontement dès le scrutin de 2000 peut ainsi expliquer une bonne part de ce qui a alimenté les affres politiques châtelettaines.
Au départ, il y avait Dominique Branders, jusqu'alors échevine à laquelle on s'accordait généralement à trouver de nombreux mérites. Et en face d'elle, une autre échevine, Marie- France Toussaint, issue de l'autre commune et fille de l'ancien bourgmestre Théo Toussaint. Au scrutin de 2000, elles se sont trouvées à quasi égalité de voix de préférence, et Dominique Branders, en l'emportant, a visiblement décidé de faire payer cher sa défaite à sa rivale, en ne lui octroyant que des bouts d'échevinat, au mépris de toute tentative de rapprochement et de toute forme de concession.
Dès cet instant, la guerre était déclarée, avec ses clans et ses tenants d'une lutte politiquement à mort. D'année en année, le schisme s'est accru jusqu'à rendre la ville -la seconde en importance dans l'arrondissement- proprement ingouvernable.
Pas d'union sacrée
Le sommet aura été atteint, fin 2004, quand un collège échevinal historique a décidé de priver la bourgmestre de toutes ses compétences, hormis celles que la loi communale lui réserve obligatoirement. Restait à mettre au point les élections d'octobre 2006, au sein d'un PS complètement déboussolé par ses querelles intestines. Devant cette impuissance à trancher, la Fédération du PS a placé Châtelet sous tutelle, en décidant d'organiser elle-même le poll électoral. Et le poll a tranché, cruellement selon les uns, justement pour les autres, reléguant Dominique Branders à l'avant-dernière place tandis que son éternelle rivale Marie-France Toussaint payait elle aussi la note de cette guerre intestine, puisqu'elle n'était pas, pour autant, choisie comme tête de liste.
Il avait été un moment question d'une forme d'union sacrée des partis de la minorité. Ecolo (4 sièges), le MR (2 sièges) et le CDH (5 sièges) auraient pu former une liste commune, sans l'élu "Vivant", mais elle a rapidement avorté. C'est donc en ordre dispersé qu'ils se présenteront. Avec quel espoir de contrecarrer la majorité en place?
L'électeur châtelettain, pour peu qu'il ait une faculté d'oubli et qu'il accepte de revenir à ses votes d'habitudes, ira au PS cette fois encore, même si le PS doit perdre des plumes dans les soldes de l'aventure Branders. Mais cette dernière, si bousculée qu'elle ait été au sein de sa majorité, avait un fort capital de popularité. Et si la perspective d'une liste dissidente avait été envisagée, elle s'est trouvée balayée en raison de la fidélité atavique que la bourgmestre sortante n'a cessé d'observer envers le PS dont elle est héréditairement un porte-drapeau. Dès lors, à moins d'une chute vertigineuse qui le conduirait à perdre plus de quatre sièges, le PS va sans doute repartir seul au pouvoir en octobre.
Suite de notre série élections communales mercredi prochain: Saint-Ghislain, Quaregnon, Boussu, Colfontaine et Frameries.
© La Libre Belgique 2006
