Quel avenir pour le rail du Tournaisis ?
Baisse du service à la clientèle, menace sur les petites gares, les navetteurs du Tournaisis se posent beaucoup de questions. La reconversion des gares est, il est vrai, d'actualité. Les petites gares sont véritablement menacées.
- Publié le 31-07-2007 à 00h00
Les nouvelles concernant le rail dans le Tournaisis n'enchantent guère les professionnels du secteur et les syndicats. Léopold Duplat, secrétaire CGSP-cheminots, dresse un constat sans nuances. La région tournaisienne est-elle mal lotie ? "L'an dernier déjà, je déplorais le déplacement du pouvoir de décision vers Mons.. Et je ne parle pas simplement au niveau administratif. Concernant les offres de train et les investissements, la zone Mons-Borinage pourrait être avantagée. Ceci dit, je suis entièrement satisfait des travaux actuels à la gare de Tournai : sablage, double vitrage... Mais le problème, c'est que la gare va devenir une coquille vide. La volonté du patrimoine des chemins de fers, qui s'occupe des bâtiments, est de disposer de surfaces commerciales dans les gares. Mais je veux y voir des cheminots, pas des magasins !"
Le service à la clientèle risque d'en pâtir et les choses prennent déjà une drôle de tournure. A Tournai, depuis le 1er juin, il n'y a plus de service de renseignements. "C'est un gros problème, poursuit M. Duplat. Surtout pour les usagers plus faibles. Tout le monde n'a pas encore accès à internet pour acheter les places et le système de centrale téléphonique n'a pas que des avantages. Et puis, rien ne remplace le contact humain. Nous ne prônons pas une ouverture la nuit, mais de 6 h à 22 h, une présence est nécessaire aux guichets. Pour que les voyageurs puissent recevoir une info complète."
La situation de certaines gares inquiète au plus haut point notre interlocuteur. Herseaux, Blaton, Antoing et dans une moindre mesure Péruwelz ne sont que quelques exemples. "On va en arriver à une situation où des ouvriers vont assurer le nettoyage des gares et délivreront quelques billets. Dans certaines gares, un employé est là de 6 h à 8 h et est ensuite appelé vers Tournai. Le guichet est parfois fermé à 8 h du matin. Les voyageurs doivent donc acheter leur ticket dans le train. Tout cela pose de vrais problèmes. Sans parler du personnel malade."
La fermeture progressive ou du moins la diminution des activités dans les gares engendre aussi un phénomène croissant d'actes de vandalisme et de petite délinquance. "A Leuze, récemment, des dégradations ont été commises. Mais personne ne s'est déplacé. Certaines bandes ont un sentiment d'impunité."
