24 chèvres sorties de l'enfer à Boussu: le propriétaire est un récidiviste
Les animaux sont désormais sortis de l'enfer grâce à l'intervention de plusieurs refuges.

- Publié le 20-02-2025 à 16h12

Ce ne sont pas moins de sept refuges qui ont été appelés du côté de Boussu, pour intervenir chez un individu déjà connu pour des faits de maltraitance animale et ainsi sortir de l'enfer de nombreuses chèvres, victimes d'un abandon total de soins et de conditions de vie indignes. Au total, elles sont 24 à avoir été prises en charge par la coalition de refuges, formée d'Animaux en Péril, Le Rêve d'Aby, Au Bonheur Animal, Veeweyde refuge du marais, Equi'Chance, Animal sans Toi… t et Help Animals.
Une reproduction des animaux non gérée
"L'homme, n'ayant pris aucune mesure pour contrôler la reproduction de son troupeau, a laissé boucs et chèvres se multiplier de manière incontrôlée sur un terrain bien trop exigu pour les accueillir", explique-t-on du côté d'Animaux en Péril. "Faute d'espace et de ressources suffisantes, les animaux se sont reproduits sans aucune supervision, entraînant une surpopulation dramatique. Cette absence de gestion a provoqué une compétition féroce pour la nourriture, laissant les individus les plus faibles affamés et dénutris."

Le terrain lui-même était totalement inadapté à l'élevage caprin : privé d'entretien, il était devenu un champ de ruines, jonché de débris et de détritus pouvant blesser gravement les animaux. "Dans ces conditions de promiscuité extrême, les tensions entre animaux ont augmenté, menant à des comportements agressifs et des blessures non soignées. L'absence d'un abri suffisant les exposait également aux intempéries et aux variations climatiques brutales, aggravant encore leur souffrance."
Un manque de soins alarmant
Les animaux saisis souffrent de pathologies graves : nombre d'entre eux présentent des boiteries extrêmes, conséquence d'un manque de soins des onglons. Certains sont tellement atteints qu'ils ont été contraints de marcher sur les genoux, d'autres ont dû être portés jusqu'aux véhicules des refuges. "Les femelles, quant à elles, sont à bout de forces, amaigries par des gestations à répétition. Leurs pis distendus et leurs corps émaciés témoignent de leur épuisement."
Parmi les animaux secourus, deux chevreaux, nés il y a seulement quelques jours, ont été retirés du terrain avec leur mère. En outre, plusieurs chèvres sont infestées de parasites et souffrent de diarrhées non traitées. Autant de souffrances qui auraient probablement pu être évitées, l'individu étant multirécidiviste en matière de maltraitances animales. Il avait en effet déjà été visé par des poursuites.

"Dès 2022, plusieurs refuges avaient dû intervenir sur ce même terrain pour sauver des chèvres et un poney. Malgré ces antécédents et de nombreux avertissements, l'homme a continué à négliger ses animaux, les condamnant à une existence de souffrances. Face à cette situation répétée, les autorités ont pris une décision radicale : son permis de détention d'animaux lui a été retiré définitivement et l'ensemble des animaux lui a été confisqué."
En sécurité
Aujourd'hui, l'ensemble des caprins ont été transportés et pris en charge par les refuges afin de recevoir les soins adéquats et l'attention qu'ils méritent. "Les ASBL remercient les autorités, notamment l'Unité du Bien-être Animal de la Région wallonne pour leur diligence dans cette affaire, ainsi que la police locale, présente sur place pour aider les soigneurs et bénévoles à acheminer les animaux vers leur nouvelle vie."