Tuerie de masse et prise d'otage sur le campus de l'UCLouvain FUCaM Mons : Un exercice de grande ampleur a mobilisé près de 500 intervenants
L'exercice a mobilisé d'importants moyens ce mardi dans l'objectif d'évaluer l'efficacité de l'intervention et de la collaboration entre les différents services.

- Publié le 08-04-2025 à 17h38
Sirènes hurlantes, les forces de l'ordre étaient massivement mobilisées ce mardi matin. Direction le campus de l'UCLouvain FUCaM Mons pour un exercice de crise en situation réelle. À pareille ampleur, il s'agissait pour les autorités académiques et les différents intervenants d'une première. Il faut dire que ce sont près de 200 policiers qui ont été mobilisés et plongés dans une situation dramatique, à savoir une tuerie de masse et une prise d'otages au sein de l'université.
Un scénario ficelé depuis plusieurs mois, que les parties prenantes n'ont cependant découvert qu'au fur et à mesure de la journée afin de coller autant que possible à la réalité du drame. "Toutes les disciplines ici mobilisées sont habituées à s'entraîner mais elles le font généralement seules, selon leurs propres missions. Un exercice multidisciplinaire comme celui-ci permet à tout le monde de travailler main dans la main, ce qui nécessite un important travail de communication et de coordination", souligne Régis Kalut, porte-parole de la police fédérale.

Après une intervention de première ligne par la zone de police Mons-Quévy, la police fédérale déployait d'importants moyens sur le terrain. "Nos unités spéciales avec toutes leurs composantes (intervention, appui technique et négociateurs), les unités d'enquête (police judiciaire fédérale Mons-Tournai, officiers chargés des méthodes particulières de recherche,…) ont participé à l'exercice. C'est quelque chose de complexe mais cela nous permet de nous tester, même si l'on espère ne jamais avoir à intervenir dans ce genre de cas", ajoute Laurent Blondiau, directeur général ad interim de la police judiciaire fédérale.
"C'est un exercice assez rare en Belgique, que nous avions cependant déjà mené à Mons il y a trois ans", explique Nicolas Martin (LB), bourgmestre en charge de la cellule de crise communale. "Près de 500 personnes y ont pris part, allant de la police aux pompiers en passant par les services de secours, d'urgence et les services communaux. L'objectif, c'est de nous roder – tant moi qui coordonne les services que les services qui doivent collaborer – afin de faire face aux imprévus et in fine réagir au mieux en cas de nécessité."

Acquérir de bons réflexes
Des entraînements du genre sont réalisés de manière fictive de temps à autre, avec mise sur pied d'une cellule de crise, mais une mise en réalité permet de tirer davantage de conclusions. "Au fil des années, je pense que l'on acquiert les bons réflexes. Ce matin lorsque j'ai été appelé, je me suis rendu en cellule de crise sans connaître la nature des événements. On découvre les faits en temps réel et on tente d'avoir la meilleure réaction possible en tant qu'autorité publique."
Et de préciser : "Nous pouvons constater une certaine maîtrise de tous les intervenants, une coordination assez fluide mais il y a toujours des choses à améliorer. Ce matin, nous constations par exemple que certains éléments devaient être améliorés, notamment au niveau de la communication, où nous devrions être plus réactifs en fonction de ce qui peut être communiqué par le bourgmestre ou l'autorité judiciaire. À titre personnel, j'estime par exemple que je devrais être plus insistant, voire décisif sur des choses qui ne relèvent pas de mon autorité mais qui ne me donnent pas satisfaction en matière d'efficacité, même si cela dépasse mes prérogatives."

Des étudiants impliqués
Du côté de l'UCLouvain FUCaM Mons, on espère évidemment que personne n'aura jamais à faire face à une tuerie de masse ou à une prise d'otage comme c'était fictivement le cas ce mardi. "Mais il est important pour nous de tester notre plan interne d'urgence, de s'assurer que la transmission des informations et la collaboration entre les différents services soient optimales. Cela nous permet aussi de cibler ce qui a moins bien fonctionné et d'ainsi améliorer les choses", estime Isabelle Decoster, responsable de la communication.
200 étudiants, sur base volontaire, ont pleinement participé à l'exercice. "Leur encadrement a été organisé par la police. Ils ont été briefés durant une heure avant le début de l'opération. Les figurants présents dans l'auditoire, eux, ne savaient pas à quel moment tout serait lancé. C'est une situation qui peut réellement être anxiogène car c'est très réaliste. Une fois l'exercice terminé, une nouvelle heure de débriefing était organisée afin qu'ils puissent déposer leur ressenti." Un service psychologique était par ailleurs mis à leur disposition.
Bref, la situation se voulait aussi réaliste que possible mais l'objectif était bien de se préparer à faire face tout en espérant ne jamais avoir à le faire dans les faits.