Jules Jasselette, un homme de classe et de terrain
Enseignant, permanent syndical et échevin de l'instruction publique plébiscité par le conseil
- Publié le 05-01-2001 à 00h00
RENCONTRE
Non, il n'y a pas que l'école dans la vie de Jules Jasselette, échevin de l'Instruction publique à la carrière linéaire. Même si, professeur de mathématiques et de sciences économiques à de Beauvoir, secrétaire de cabinet de Luc Toussaint en 82 puis président de la section Liège-Ville du PS trois ans plus tard, l'école, les jeunes, l'apprentissage, l'éducation ont toujours mangé une bonne part de sa vie. Et ses moments de rares loisirs, il les consacre à sa famille, dans son jardin en pente et escaliers à pic adossés au Petit Bourgogne, à la lecture d'ouvrages historiques et à ses vacances dans le sud de la France voire en Espagne
Secrétaire permanent de la CGSP, enseignant en 89, il se présente en 94 aux élections et est choisi comme échevin de l'Instruction publique. Un rôle qui lui va comme un gant et qu'il ne voudrait troquer contre aucune autre charge scabinale. Mais ce travailleur inlassable souhaite qu'après la rage décrétale qu'a connue la Communauté française de 1994 à 2000, elle se calme un tantinet. Beaucoup de choses ont été changées et il faut du temps pour comprendre et adapter les directives. En un mot, il faut stabiliser. Et comme à Liège, on a tous les types d'enseignement possibles et imaginables. Les enseignants ne savent plus où ils en sont. Et il les comprend fort bien, lui qui les côtoie, les écoute.
À côté des problèmes inhérents à l'enseignement en général, Liège possède en sus de faibles capacités d'investissements et cherche sans cesse des moyens pour accroître la sécurité et le confort de ses écoles. Ainsi, précise l'échevin , à Hazinelle, 100 millions ont été investis pour de gros travaux indispensables. Reste une phase de confort : mettre une couche de belle couleur et des tentures. Mais pour trouver l'argent nécessaire à ces travaux, il faut rationaliser, regrouper des bâtiments scolaires, vendre un site (quelque 10 d'entre eux ont déjà trouvé acheteur) pour investir sur un autre.
Autre problème, l'enseignement de la Ville, souvent technique et professionnel, accueille des étudiants pour qui ce choix n'est souvent qu'un pis-aller. Or, précise J. Jasselette, ce sont des sections où l'on vient même chercher les jeunes à l'école avant la fin de leur cursus -fraiseur, coffreur, maçon, soudeur- mais qui doivent parfois fermer ou sont désertées par les étudiants!. Et de lancer le projet de monter une vidéo-cassette à l'intention des 5e et 6 e primaires et de leurs parents pour les amener à porter un autre regard sur le technique et le professionnel.
© La Libre Belgique 2000
Je dirige un gros échevinat: 25.000 élèves, 2.500 professeurs, 80 écoles. On arrive à une dualisation du système: les écoles riches où les parents acceptent de jouer le jeu, de payer, de participer aux festivités et les écoles où les parents ne disposent pas de ces moyens. Grâce au processus des discriminations positives, je tente d'équilibrer les chances de ceux qui sont moins bien nantis. Quand la saison est lancée, le week-end c'est souvent boudins, fancy-fair, quand il ne s'agit pas de bals de carnaval avec tout le boucan que cela implique! Mais le week-end, je passe par plusieurs écoles. Je me souviens d'avoir pris une entrée à l'école d'horticulture, le plat principal au Thier-à-Liège et le dessert à Xhovémont, avant un dernier verre à Cointe! Comme si c'était minuté, j'arrivais chaque fois au bon moment. © La Libre Belgique 2000
