Robert Mailleux, le petit Condruzien devenu grand
Détendu, confortablement assis à l'un des bureaux de son showroom de Neupré, Robert Mailleux tire sur un cigarillo. Il faut dire qu'il a bien mérité cette courte pause. En effet, la veille, lui, le patron des Meubles Mailleux inaugurait son nouvel espace prestige cuir de 1700 m2 à Neupré en présence de 750 invités officiels, proches ou clients
- Publié le 14-10-2003 à 00h00
RENCONTRE
Détendu, confortablement assis à l'un des bureaux de son showroom de Neupré, Robert Mailleux tire sur un cigarillo. Il faut dire qu'il a bien mérité cette courte pause. En effet, la veille, lui, le patron des Meubles Mailleux inaugurait son nouvel espace prestige cuir de 1700 m2 à Neupré en présence de 750 invités officiels, proches ou clients. L'occasion de fêter aussi le déménagement de ses "cuisines de rêves", venues rejoindre l'ameublement, et la transformation de son site condruzien. "J'ai eu un peu peur pour la moquette crème, mais tout s'est très bien passé", sourit-il, fier du succès apparent de sa dernière opération commerciale. Robert Mailleux tout le monde le connaît ou si ce n'est lui, ce sont ses slogans "Mailleux, c'est du sérieux" ou le "Je m'y engage!" Mais qui se cache derrière ce propriétaire de 10500 m2 de magasin et d'entrepôt sur la route du Condroz que rien ne prédestinait à devenir un personnage public? Commerçant, père de famille, manager, sponsor, basketteur, cavalier, Robert Mailleux est un indépendant qui se "lève tôt", toujours le dernier à quitter Neupré. Robert avoue avoir comme défaut de ne pas savoir dire "merci" ou "c'est bien" à son personnel. "Mais je fais des efforts", soupire-t-il. Depuis qu'il a perdu 26 kg, son plat favori est devenu l'escalope milanaise crudités.
Une affaire de famille
Tout débute en 1945. "Mon père et mon oncle tenaient un magasin à Comblain-au-Pont", embraye-t-il. "Et je n'aimais pas l'école." En 1978, la société Mailleux Frères explose. L'oncle conserve un magasin à Seraing, le père, deux à Seraing et Neupré. Robert fils rachète le commerce sérésien des meubles d'occasion. "Ce fut mon 1er magasin, j'avais 16 ans. Ce sont mes profs, à S t -Roch Ferrières où je suis resté 3 ans, qui ont dit à mes parents de me laisser faire autre chose que l'école." Entouré dès ses débuts par un associé de son père, Jacques Méan, R.Mailleux a gravi l'échelle du succès passant de petit indépendant à grand chef d'entreprise. En 1980, la sprl Mailleux-Méan devient Meubles Mailleux Fils après la reprise du commerce de son père à Seraing d'abord, puis à Neupré, en 1985 où il s'installe pour de bon. Le secret de Robert Mailleux: sa force de caractère. "Je suis ambitieux, combatif, exigeant avec moi et avec mon personnel et du genre optimiste." Au fil des ans, Robert s'est mis aux formations en management, ainsi que son personnel. En 1989, la sprl devient société anonyme, le magasin s'ouvre aux cuisines et à la pub. "Mes publicités radio puis télé, proposées par mon ami, Luc Baiwir ont participé au succès de notre aventure. Ainsi que notre service, notre accueil et notre choix." Que l'on apprécie ou non ses "messages" sans façon, peu importe, l'essentiel pour Robert est de montrer au client qu'il y a un commerçant derrière le meuble Mailleux.En 25 ans, R.Mailleux patron a meublé près de 200000 familles. La SA engrange 8 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, un résultat qui la conforte parmi le top 3 du secteur en Wallonie. Le franc sourire du chef en dit long sur son humble fierté et sur celle de son père. En 2004, l'affaire familiale aura 60 ans. Et Mailleux n'a pas dit son dernier mot... Son fils et sa fille mettent déjà la main à la pâte. "Jamais je ne leur forcerais la main mais évidemment, j'aimerais que ça dure", conclut-il en riant.
© La Libre Belgique 2003
