Un crime presque parfait à Liège

La cour d'assises de Liège a procédé mardi aux auditions des experts au procès de Maria Chiodo (52 ans), de Luigia Chiodo (62 ans) et du médecin Kresimir Herman (56 ans), accusés du meurtre avec circonstance aggravante d'empoisonnement commis sur Guy Goffin le18 novembre 1999.

L'expert légiste qui a exhumé le cadavre de la victime 5 ans après les faits n'a trouvé aucune trace permettant de justifier un décès violent. Mais des traces médicamenteuses ont été retrouvées dans le corps sans pouvoir en préciser le dosage. Selon le légiste Boxho, c'est presque le crime parfait, tant il était impossible de faire la différence entre une mort naturelle et le meurtre dont les accusés répondent.

Responsables de leurs actes

Le psychiatre Walter Denys a procédé à l'examen psychiatrique des trois accusés. Luigia Chiodo est la seule à manifester certains regrets après la mort de Guy Goffin. Selon l'expert, elle se fait passer pour une dépressive alors qu'elle ne souffre pas de dépression. Elle a, par contre, tendance à se victimiser lorsqu'elle évoque les étapes de sa vie.

L'expert expose que Maria Chiodo tente de reporter la responsabilité des faits sur sa tante. Elle prétend qu'elle n'a fait que répondre à la demande de celle-ci pour se débarrasser de son mari devenu insupportable à ses yeux. Son caractère est égocentrique. Elle présente des capacités autoritaires et peut se montrer convaincante. Pour le psychiatre, Kresimir Herman semblait très narcissique. Il a nié toute intervention dans les faits, avant de reconnaître avoir été harcelé par son ancienne maîtresse (Maria Chiodo) pour obtenir les médicaments nécessaires à commettre les faits.

Selon le psychiatre, la loi de défense sociale ne peut s'appliquer aux trois accusés qui sont responsables de leurs actes.

Pendant son sommeil !

Le médecin habituel de Guy Goffin a relevé que la victime était cardiaque et recevait un traitement spécifique pour éviter les accidents vasculaires. Il était considéré comme personne à risque du fait de sa pathologie cardiaque, vasculaire et pulmonaire. Son généraliste a supposé qu'un accident était inéluctable. Entrepreneur dans le bâtiment, il avait, seul, construit sa maison. Il était relativement en bonne santé, dit son médecin qui a constaté le décès, survenu en apparence lors d'une sieste.

L'aspect physique laissait supposer qu'il était décédé de mort naturelle - pendant son sommeil - même si le médecin était surpris de ce décès inopiné.

Luigia Chiodo, agitée et émue, était éplorée face au décès de son époux. Maria Chiodo, née en Belgique, vouait une véritable adoration envers sa tante Luigia. Mariée puis séparée elle cessa de travailler en raison d'une dépression. (Belga)

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