Non à la carrière Chabofosse
Lundi soir, à Modave, ils étaient une centaine de riverains à jouer du coude pour espérer assister au Conseil communal. En effet, l'enjeu de la séance publique était de taille. Le collège devait rendre son avis dans le dossier polémique (et médiatique) de la carrière de Chabofosse (anciennes carrières Lamarche), à la limite de la vallée du Hoyoux et de la vallée du Limet. Oui ou non, la majorité PS allait-elle se montrer favorable à une modification de plan de secteur qui permettrait à un exploitant néerlandais de relancer cet ancien site carrier d'où seraient extraites 300000 tonnes de pierre par an ? Cette carrière de 17 hectares, fermée depuis 45 ans, se trouve en effet sur une zone classée Natura 2000.
- Publié le 20-01-2010 à 04h17
- Mis à jour le 20-01-2010 à 14h19
Chronique Lundi soir, à Modave, ils étaient une centaine de riverains à jouer du coude pour espérer assister au Conseil communal. En effet, l'enjeu de la séance publique était de taille. Le collège devait rendre son avis dans le dossier polémique (et médiatique) de la carrière de Chabofosse (anciennes carrières Lamarche), à la limite de la vallée du Hoyoux et de la vallée du Limet. Oui ou non, la majorité PS allait-elle se montrer favorable à une modification de plan de secteur qui permettrait à un exploitant néerlandais de relancer cet ancien site carrier d'où seraient extraites 300000 tonnes de pierre par an ? Cette carrière de 17 hectares, fermée depuis 45 ans, se trouve en effet sur une zone classée Natura 2000.
Jusqu'à la dernière seconde, l'échevin des Travaux, Serge Robert (PS), a laissé planer le suspense, devant un public pendu à ses lèvres. "Nous avons envisagé tous les problèmes en essayant d'y trouver une solution juste et non pas émotionnelle". Avec le collège communal, il a mis en balance tous les éléments de ce dossier complexe. À charge et à décharge. D'un côté, les 14 emplois promis par l'exploitant, le million d'euros de rentrée annuelle, les retombées économiques pour l'entité. De l'autre, les désagréments pour les riverains, en terme de poussière, de bruit et de charroi (on parle de sept camions toutes les heures). Avec des conséquences de trafic jusqu'à Strée même qui connaît déjà des engorgements La durée est aussi pointée du doigt puisque l'autorisation pour réexploiter la carrière serait délivrée pour 40 ans. En ligne de compte également, la mobilisation citoyenne et son opposition massive au projet qui a débouché sur une pétition de 423 signatures. Sans oublier la longue liste de critiques recensées dans le cadre de l'enquête publique, clôturée le 7 janvier. "Voilà pourquoi nous avons décidé de dire non au projet". Salve d'applaudissement dans le public.
L'opposition OSE n'a pas caché son soulagement, elle qui s'opposait fermement au projet. "Il est indispensable de créer de l'emploi pour les habitants de la commune, mais pas au détriment de notre cadre de vie", insiste la conseillère Anne Duchêne qui propose, dans la foulée, d'inscrire le vallon de Chabofosse comme possible extension de la zone Natura 2000, pour protéger davantage les richesses environnementales de l'entité.
Ce "non" unanime du Conseil communal a-t-il apporté aux Modaviens un soulagement définitif ? Pas sûr Car c'est la Région wallonne qui a désormais les cartes en main. Si elle ne suit pas l'avis de la commune, le projet sera bel et bien mis sur les rails "On mettrait alors la barre très haut en terme d'exigences et on flanquerait le projet d'un comité d'accompagnement", indiquait le bourgmestre Jules Lambrette (PS), peu près le Conseil.
