Au travail à Trooz depuis 60 ans

Une vitrine discrète située sur la Grand'Rue à Trooz, peu avant le pont qui enjambe la Vesdre. Et sur cette vitrine, devanture d'une chapellerie (Caja), une inscription tout aussi discrète mais qui témoigne d'une histoire incroyable, celle de Kazmilva Paluch : "1951-2011, 60 ans".

Marc Bechet
Au travail à Trooz depuis 60 ans
©devoghel

Une vitrine discrète située sur la Grand'Rue à Trooz, peu avant le pont qui enjambe la Vesdre. Et sur cette vitrine, devanture d'une chapellerie (Caja), une inscription tout aussi discrète mais qui témoigne d'une histoire incroyable, celle de Kazmilva Paluch : "1951-2011, 60 ans".

"Lorsque je suis passée, j'ai eu le regard attiré". Dans la petite commune de Trooz, tout le monde connaît ce commerce, la bourgmestre Denise Laurent aussi, bien sûr. "Je l'appelle Madame Caja Je suis allée la trouver pour lui dire qu'il fallait faire quelque chose pour tout ce travail accompli". Ce fut chose faite puisque la courageuse modiste commerçante de 81 ans vient d'être mise à l'honneur par les autorités communales. Son parcours et sa constance inspirent en effet le respect.

"Lorsque j'ai commencé, il y avait trois modistes dans la commune. J'ai donc travaillé pour l'une d'elles dans un atelier", explique-t-elle, à l'arrière de son magasin, toujours prête à venir servir les clients qui sont encore très réguliers. "J'ai du monde qui vient de Trooz, bien sûr, mais aussi de Herve, de Beaufays, de Liège, d'Oupeye, de Nandrin et même d'Eupen".

En soixante années, le métier a fortement évolué, deux générations se sont succédé et le chapeau ne se porte plus aussi fièrement qu'avant. "C'était un métier très bien au début, les gens achetaient un chapeau à Pâques, pour les décès, les mariages. Les dames ne sortaient jamais sans un chapeau pour aller à l'église. Mais aujourd'hui, on ne se marie plus et quand on le fait, on ne porte plus le chapeau ou alors c'est beaucoup plus rare. J'ai donc dû me reconvertir". Dans ses stocks, elle vend désormais des parapluies, des portefeuilles, des sacs en tous genres. Et la chapellerie de s'être tournée peu à peu vers la maroquinerie.

Côté chapeau, le Panama (chapeau de paille qui connaît un nouveau succès en ce début de XXIè siècle), se vend toujours très bien, "mais j'apprends aux jeunes à le porter".

Aujourd'hui, elle avoue n'avoir aucun regret quant à sa carrière. "J'ai toujours fait ce qui me plaisait". Arrêter ? Elle n'y songe pas, d'autant qu'elle a toujours bon pied bon œil et que son savoir-faire est loin d'être démodé. C'est peut-être cela le secret de la longévité

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