Histoire de chez nous: Il y a 50 ans, le dernier tram vert
- Publié le 16-04-2018 à 07h57
- Mis à jour le 16-04-2018 à 07h59

En se focalisant sur l'automobile, Liège a condamné le tram.Le 30 avril 1968 est la date du dernier jour d'exploitation des trams verts de la ligne Liège-Seraing-Flémalle. Le 3 novembre 1967, le tram vert avait déjà fait ses adieux à Liège. A partir du 4 novembre 1967, les trams verts ne circulent plus que sur le tronçon Seraing-Beauséjour - Jemeppe-Pont - Flémalle-Haute. Le 30 avril 1968, il y a donc exactement cinquante ans, le dernier tram vert quittait le dépôt de Jemeppe. Ce cinquantième anniversaire fait l'objet d'une chronique (1) sous le titre : "C'était, il y a cinquante ans, le 30 avril 1968, cet instrument de mobilité qu'était le 'tram vert'cessait de circuler dans l'agglomération de Liège et était mis à la ferraille."
L'auteur, Jean.H. Renard, ingénieur civil ULiège (A.I.M.), est né à Seraing. Depuis l'adolescence, il est un observateur passionné du transport en commun sur rails. Alors qu'il est étudiant, il rencontre le directeur d'exploitation du réseau RELSE (Railways Economiques de Liège, Seraing, Extension), Sylvain Alleman qui l'autorisera à visiter les installations du dépôt de Jemeppe les jours où cela lui convient. J.H. Renard fera l'écolage de la conduite de plusieurs types de tramways. Il a eu le privilège de conduire le dernier service de trams verts au départ de Liège-Théâtre, le 27 mars 1967 et de Liège-Place Général Léman, le 3 novembre 1967.
Des trams verts brûlés
Dans sa chronique, J.H. Renard évoque combien, en 1882, l'installation des lignes de trams verts avait soulevé l'opposition, notamment de la Compagnie du Nord qui exploitait les lignes de chemin de fer 125 et 125A, et qui estimait qu'elle allait perdre une grande partie de la clientèle des ouvriers de tout le bassin sérésien. Il fallut des négociations qui prirent plusieurs années avec aussi la construction d'un nouveau pont de Seraing pour arriver à un accord. La même opposition se révéla lors de l'extension de Jemeppe à Flémalle. Les négociations se soldèrent par une redevance versée par la RELSE proportionnelle aux recettes. Et ce fut la même chose pour l'extension vers le Val-Saint-Lambert.
Après plusieurs vaines tentatives de vente, les dix-neuf motrices à bogies furent vendues à un ferrailleur de Seraing qui les brûla à l'air libre pour en récupérer les métaux. Pour J.H. Renard, la volonté de la Ville de Liège de se focaliser sur l'automobile est à la base de la disparition du tram vert. Editée par le GTF (Groupement belge de tourisme ferroviaire), la chronique de J.H.Renard est rehaussée de nombreuses photos et documents qui rendront plus nostalgiques encore ceux et celles dont la vie a été mêlée à l'histoire du tram vert.
1-Ed. de l'ASBL GTF avec le soutien de la Province de Liège. Rens. sur www.gtf.be ou à exploitation.gtf@skynet.be.