Les relents des charniers bovins
Pas content, Jean Mignon, avocat au barreau de Neufchâteau. Il l'a fait savoir, mardi, en se constituant partie civile dans l'affaire des charniers de bovins de Flamisoul (Bertogne).
- Publié le 09-05-2012 à 04h16
Pas content, Jean Mignon, avocat au barreau de Neufchâteau. Il l'a fait savoir, mardi, en se constituant partie civile dans l'affaire des charniers de bovins de Flamisoul (Bertogne).
"J'ai franchi le pas pour raconter l'histoire des villageois", indique-t-il. "Ils se plaignent de nuisances depuis longtemps mais ils ont peur d'en parler."
S'il n'est pas domicilié dans le hameau, il y a ouvert, dit-il, un "cabinet secondaire". Le siège de la société de coaching, fondée par son épouse Michèle Mons delle Roche, ancien procureur du Roi de Marche-en-Famenne, et son beau-fils, y est, par ailleurs, implanté.
"La dernière découverte de bovins morts remonte à février dernier, poursuit-il. Ils se trouvaient dans le hangar du fermier probablement depuis plusieurs mois. Les riverains ont commencé à sentir l'odeur lors du dégel".
Selon Jean Mignon, depuis 2005, date à laquelle les premiers bovins décédés ont été découverts près d'un captage d'eau, plus d'une centaine de cadavres ont été retrouvés dans différents endroits où l'agriculteur les avait cachés.
L'avocat réclame un euro symbolique à titre de dédommagement moral. La découverte du dernier charnier en date a fait réagir le service bien-être animal du SPF Santé publique. Il a ordonné la vente des 70 bovins de l'exploitation.
Depuis quelques jours, une ordonnance prise par le bourgmestre de Bertogne est affichée dans le hameau.
Les plaintes répétées des riverains mais aussi les nombreux procès-verbaux dressés par la zone de police Centre Ardenne y sont évoqués. En conséquence, Bernard Moinet ordonne la cessation totale de l'activité d'élevage dans l'exploitation d'Eddy Mathieu. "Cette interdiction ne sera levée que si la police et les agents du SPW constatent que l'exploitant a pris toutes les dispositions pour respecter l'ensemble des conditions d'exploitation", précise-t-il. L'avocat de l'agriculteur, Me Baudouin, a annoncé qu'il avait introduit un recours contre cette ordonnance.
L'affaire sera à nouveau évoquée au tribunal de Neufchâteau le 12 juin.
