Le projet d'implanter le Puy du Fou en Wallonie relancé : "Je confirme qu'il y a un intérêt"
Le Puy du Fou, toute grosse machine touristique française, aurait montré de l'intérêt pour le domaine du Fourneau Saint-Michel. Le mayeur de Saint-Hubert voit cela d'un bon œil et le député provincial Dominique Gillard, en charge du Fourneau, confirme cet intérêt du Puy pour le domaine.
- Publié le 07-02-2025 à 15h13
- Mis à jour le 07-02-2025 à 16h11

Verra-t-on un jour l'énorme machine qu'est le Puy du Fou s'installer au Fourneau Saint-Michel. Le Puy du Fou, 4e parc à thèmes de France par sa fréquentation, derrière les parcs Disney Paris, et Astérix, emploie 700 personnes en Vendée et cherche à ouvrir un parc en Belgique après y avoir déjà essuyé des refus.
La ministre régionale marchoise du Tourisme, Valérie Lescrenier (Les Engagés), reconnaissait, dans la DH en septembre dernier, que le projet "d'implanter un Puy du Fou en Wallonie n'était pas mort."
L'idée séduit en tout cas le mayeur de Saint-Hubert Didier Neuvens qui y verrait là une belle opportunité pour l'emploi - puisqu'on parle ici de centaines de jobs -, et pour l'afflux touristique engendré par ce mastodonte des attractions.
Pour rappel, le Fourneau Saint-Michel, propriété de 40 hectares de la Province de Luxembourg, a fait l'objet ces dernières années de deux appels à concession. L'idée est de soulager le budget provincial puisque la gestion du Fourneau et de son événementiel lui coûte 6 millions d'euros par an, et de confier à un opérateur privé l'ensemble du domaine, à charge pour celui-ci de développer l'outil tant du point de vue touristique tout en "respectant la philosophie du projet créé à l'origine et de son environnement naturel", stipulait-on.
Le premier appel d'offres, lancé en plein Covid, entre 2020 et 2021, avait été un coup d'épée dans l'eau, une seule offre étant rentrée… hors délai. Le cahier des charges du second appel avait été revu: engagement de la Province d'investir 200 000 € par an dans le domaine ; allongement de la durée de la concession de 10 à 15 ans ; intégration des deux établissements horeca, (l'Auberge du Prévost et Al Pèle), dans le marché de concession au terme de leur contrat qui se termine le 30 juin 2025 pour le premier et fin mars 2025 pour le second, etc. Malgré cela, ce nouvel appel de 2022 n'avait pas connu meilleur épilogue.
Aujourd'hui, le Fourneau Saint-Michel fait partie des compétences du député provincial Dominique Gillard. Alors, où en est-on ?
"Je confirme qu'il y a un intérêt de la part du Puy du Fou, sans plus. Et si l'idée séduit le bourgmestre de Saint-Hubert, il faudra voir aussi avec la Commune de Nassogne sur laquelle le Fourneau s'étend aussi", commence M. Gillard. Cela dit, nous sommes allés voir les collèges communaux de Nassogne et de Saint-Hubert à la fin de l'année dernière pour les sonder sur le sujet. Nous sommes à leur écoute. Rien n'est décidé sur l'avenir du Fourneau."
Bientôt un nouvel appel ?
Quand verra-t-on l'élaboration d'un nouveau cahier des charges en vue de relancer un 3e appel d'offres ? Là, M. Gillard est plus prudent: "Mon sentiment, et je suis plutôt cartésien, et j'emploie ici le conditionnel, c'est qu'on pourrait effectivement se diriger vers la rédaction d'un nouveau cahier des charges. Pourquoi pas avec Idélux ? Il faut introduire la possibilité de faire appel à un opérateur privé ; le Puy du Fou ou un autre, avec l'obligation d'y intégrer nos deux établissements horeca."
Quel serait un des obstacles ? Le député provincial cite le fait qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec le patrimoine bâti parce que l'Agence wallonne du Patrimoine y veille, justement. On pense ici notamment à l'Auberge du Prévost.
"Un opérateur comme le Puits du Fou a des avantages et des inconvénients", reconnaît M. Gillard "et il n'y a pas de raisons qu'on ne puisse pas trouver chez nous, dans la province, des opérateurs qui pourraient eux aussi se monter intéressés." Il cite notamment le parc Chlorophylle à Dochamps ou encore Houtopia à Houffalize. "Rien n'est écrit, donc tout est possible", commente-t-il.
Et le timing ? Quand la Province se refocalisera-t-elle sur ce dossier du Fourneau ? "Cela viendra, mais pour l'instant, on est en train d'élaborer le budget provincial, dans lequel il faudra sans doute prévoir notamment la remise aux normes de l'Auberge du Prévost dont la concession se termine au 30 juin 2025 ; ou encore la réfection de la toiture des Tahons", note encore M. Gillard qui confirme qu'avant de relancer de nouvelles concessions, ces travaux "seront nécessaires très rapidement. Toutefois, cela prend du temps car il faudra l'accord de l'Agence wallonne du Patrimoine." À Azannes cette année, et au Fourneau Saint-Michel en 2026
Pour rappel, depuis le 1er avril 2024, une convention lie le Fourneau Saint-Michel aux Vieux Métiers d'Azannes, une association de Lorraine française, près de Verdun. Elle court jusqu'au 31 mars 2027.En mai et en juillet, à Azannes, 400 bénévoles font revivre sur 17 hectares 80 métiers comme dentellières, forgerons, tuiliers, lavandières, etc. Cette année, la Province se rendra là-bas et le "match-retour" aura lieu en 2026 au Fourneau. C'est un programme Interreg et la Province bénéficie d'une subvention d'1,7 million€.
Notons que ce dossier passe dans les compétences de M. Gillard (MR), alors que Michel Jacquet (MR) n'avait pas apprécié cette convention la qualifiant de "nouveau bricolage" en conseil provincial en octobre 2023.
Notons encore qu'en 2023, Denis Ducarme, député fédéral (MR), avait critiqué, sur LN24, le positionnement de la "gauche woke" contre le projet d'implantation du Puy du Fou en Wallonie.