Tour de France 2025:"J'ai dû me battre pour rester sur mon vélo !", Tim Merlier remporte un sprint aux allures de champ de bataille
Quatre ans après sa dernière participation au Tour de France, le champion d'Europe a réussi ses retrouvailles.
- Publié le 08-07-2025 à 12h29
"Pouvoir partager une victoire d'étape avec sa compagne et son fils, c'est encore plus spécial…" Dans la zone protocolaire de l'arrivée de Dunkerque, Tim Merlier semble chercher du regard Jules, deux ans et demi. "Plus il grandit, plus ces moments sont forts pour moi. Il est toujours hyperenthousiaste quand il sait que j'ai une chance de gagner." Un moment hors du temps qui contraste avec la folie d'une finale qui a rimé avec champ de bataille
Tim, comment avez-vous vécu cette journée très contrastée entre les nombreuses chutes et cette victoire d'étape ?
"Avec le vent de face, le début de course a été un peu étrange. Nous contrôlions d'abord le peloton avec les Alpecin-Deceuninck mais ceux-ci ne semblaient ensuite plus vraiment d'accord de travailler en tête de peloton et le rythme de course a alors chuté. Le stress est monté crescendo, avec le sprint intermédiaire dont on connaît les conséquences malheureuses pour Jasper (Philipsen), puis des derniers kilomètres où le placement était vraiment compliqué en raison du vent. Mais mes équipiers ont bien manœuvré pour moi afin de m'amener dans les cinq derniers kilomètres où c'était, excusez-moi l'expression, le bordel complet. J'ai perdu la roue de Bert Van Lerberghe, mon habituel poisson-pilote qui est aussi mon ami, et cela a fait monter un peu le stress car il est un vrai repère pour moi habituellement, je me sens en sécurité dans sa roue. J'ai malgré tout tenté de rester concentré au mieux."
Vous semblez toujours calme et posé. Comment parvenez-vous à conserver votre sang-froid dans de telles situations ?
"Les apparences peuvent être trompeuses vous savez (rires)… Je suis moi aussi habité par une certaine forme de stress, c'est certain, mais je tente de le maîtriser au mieux pour ne pas qu'il m'impacte négativement sur la gestion des événements."
Le Tour m'avait manqué.
Comment avez-vous fait pour vous débrouiller seul face au train des Lidl-Trek ?
"J'ai vraiment dû batailler pour rester sur mon vélo et j'ai lâché pas mal d'énergie dans la lutte pour le positionnement. Mais à 500 mètres de la ligne d'arrivée, j'ai pu reprendre un peu l'aspiration et cela m'a fait du bien. J'ai ensuite su lancer mon sprint et il me restait heureusement assez de forces. J'ai levé les bras en franchissant la ligne, puis j'ai compris que Milan avait tout de même fait un bon jump et cela m'a fait un peu peur (rires). Mais c'était heureusement suffisant…"

Que représente pour vous cette 11e victoire dans votre saison ?
"Énormément de choses ! Être de retour sur le Tour quatre ans après ma dernière participation à cette si grande épreuve et réussir à m'imposer au bout du premier sprint que je peux livrer, c'est une grande fierté. Je ne vous cache pas que la Grande Boucle m'avait manqué (rires)… L'année dernière, pendant la première semaine de juillet, j'étais en vacances et occupé à tout autre chose que la course. C'est vrai que quand on jette un œil au livre de route et qu'on se rend compte à quel point le parcours de cette édition 2025 est compliqué, on songe parfois au fait qu'on serait probablement mieux à la maison (rires). Mais maintenant que j'ai conquis cette victoire d'étape pour laquelle j'ai beaucoup travaillé, je suis très content d'y être revenu."
Comment expliquez-vous le nombre de chutes qui ont marqué cette troisième étape ?
"C'est un cliché quand on parle de la première semaine du Tour, mais la nervosité du peloton demeure bel et bien la première explication de ce phénomène. Toutes les équipes veulent tenter de gagner une étape et pas loin d'une vingtaine de formations veulent jouer la carte de leur sprinter en tentant de l'emmener dans les meilleures conditions possibles. Je savais qu'une première victoire serait de ne pas tomber dans la finale et qu'il fallait batailler pour cela. Comme cela est principalement tombé derrière moi tout au long de la journée, je ne peux pas vraiment vous détailler les circonstances puisque je ne les ai pas vues mais la tendance globale du phénomène tient vraiment dans la tension qui règne sur ces étapes de sprint."
Avec cette victoire votre mission est-elle accomplie où voulez-vous continuer à faire tourner votre compteur ?
"Les gens en veulent toujours plus, et moi aussi…"