Comme Garcia avec Courtois, Leekens a réintégré de grands noms chez les Diables rouges: "Toujours plus simple quand le joueur est une plus-value"
Rudi Garcia a choisi de reprendre Thibaut Courtois. Avant lui, Georges Leekens a réintégré Eden Hazard, Marc Wilmots et Enzo Scifo. Il explique comment il s'y est pris.
- Publié le 18-03-2025 à 12h54

C'est le rassemblement du grand pardon. Thibaut Courtois a été rappelé par Rudi Garcia après avoir quitté le groupe il y a bientôt deux ans. Ce cas de figure est loin d'être une première chez les Diables rouges. Plusieurs grands noms ont fait leur retour après avoir été mis de côté ou après avoir pris congé de l'équipe nationale.
Trois cas marquants ont eu lieu avec un même sélectionneur : Georges Leekens. Long Couteau a accepté d'expliquer comment il a réintégré les Diables qui n'en étaient plus.

Eden Hazard en 2011
Le contexte : Le burgergate est rentré dans l'histoire de l'équipe nationale et de sa génération dorée. Mécontent d'être remplacé, Eden Hazard a quitté le stade et a été surpris en train de manger un hamburger.
L'explication de Leekens : "C'était une petite affaire comme il y en a dans les équipes. Mais le fait était qu'Eden n'avait presque pas de stats sur ses premières sélections. Je m'en foutais qu'il mange un hamburger mais je n'acceptais pas qu'il quitte le stade avant les autres. Je lui ai donné quatre matchs de suspension en lui disant que si je voyais un changement d'attitude, j'allais le réintégrer direct."
Comment il est revenu : "Je n'ai pas eu besoin de grands discours pour son retour. J'en avais parlé à Vincent Kompany. Il était en contact avec Eden. Certains à la fédération réclamaient une punition plus lourde mais j'ai tiré mon plan, je savais que c'était une faute de jeunesse et que j'avais juste besoin qu'Eden reprenne dans la bonne direction. J'ai réglé tout ça au plus vite, sans que ça ait le temps de trop gonfler comme ça s'est fait avec Thibaut Courtois. Eden, de son côté, avait cet avantage d'être le chouchou du groupe. Il a ensuite enchaîné avec des grosses prestations."
J'ai confronté le groupe en disant 's'il y a un problème, on en parle maintenant mais pas après ou dans les journaux'.
Marc Wilmots en 1997
Le contexte : Marc Wilmots a 25 ans quand il annonce qu'il n'est plus sélectionnable pour les Diables rouges. Il se considère comme victime de la naturalisation de Josip Weber qui avait la priorité sur lui sous Paul Van Himst. Wilmots a été une des têtes de Turcs de la Coupe du monde 1994. Il n'a joué qu'un match, celui de la défaite 0-1 face à l'Arabie saoudite.
L'explication de Leekens : "Marc a rejoué une première fois sous Wilfried Van Moer fin 1996 et quand j'ai repris l'équipe, j'ai directement voulu lui refaire confiance. Il y avait une tension avec la fédération mais tout s'est vite déroulé. Je l'ai appelé, on a parlé et j'ai compris qu'il voulait vraiment jouer pour la Belgique. Il suffit de bien discuter. Je me fichais de ce qui s'était passé hier car je récupérais un meneur d'homme et un super joueur."
Comment il est revenu : "Il a rejoué avec des joueurs naturalisés et cela n'a pas posé de problèmes par rapport à ce qu'il avait dit par le passé. Et ce n'était pas un problème pour le reste du groupe. Il faut dire que Marc était un bon élément et il est toujours plus facile de faire revenir un joueur qui est une plus-value pour l'équipe. On s'est réuni et on s'est dit les choses. Comme je l'ai fait quand j'ai dit à Vermaelen que Kompany serait mon capitaine. J'ai confronté le groupe en disant : 's'il y a un problème, on en parle maintenant mais pas après ou dans les journaux'. C'est le problème du cas Courtois, il n'y a pas eu ce moment pour crever l'abcès."
Enzo Scifo en 1998
Le contexte : en 1997, Enzo Scifo va au clash avec Georges Leekens quand il ne le rappelle pas pour le match contre les États-Unis. Scifo annonce la fin de sa carrière internationale tant que Leekens reste en poste. Après une opération rabibochage, le joueur finit par accepter d'aller au Mondial 1998.
L'explication de Leekens : "On parle beaucoup de la fin négative (NdlR : Scifo n'a pas assez joué à son goût et a dit qu'il était furieux sur son coach) mais il a donné une plus-value. Je l'ai réintégré car il voulait participer à la Coupe du monde 1998, sa quatrième. Il y a eu des appels du pied de sa part après avoir dit qu'il ne jouerait plus sous mes ordres. Il avait des soucis à la hanche et n'était plus le grand Scifo."
Comment il est revenu : "Certains joueurs m'ont regardé d'un drôle d'air quand je leur ai dit que j'allais reprendre Scifo. Je sentais qu'ils avaient envie de dire quelque chose. Heureusement, Enzo avait un statut de star et je suis toujours prêt à donner des deuxièmes chances pour un joueur qui amène de la plus-value à un groupe et dont les décisions n'ont jamais impacté l'équipe."