De 23 buts encaissés en 24 matchs à 14 buts concédés en 7 matchs: comment le Standard est devenu trop fragile, défensivement
Les Rouches, qui avaient fait de la solidité défensive, leur meilleur atout, ont concédé deux buts par match lors des 7 dernières rencontres. Ils en encaissaient moins d'un par rencontre après 24 matchs…
- Publié le 31-03-2025 à 08h41

Cela a été une force, pendant une bonne partie de la phase régulière du championnat. Cela commence à ressembler à une faiblesse. Le Standard, tenu en échec par Malines, a craqué à deux reprises alors qu'il a mené deux fois. Quand on sait les difficultés qu'ont les Rouches à trouver l'ouverture cette saison, laisser filer un avantage, deux fois, fait forcément mauvais genre pour une équipe qui avait bâti sa force sur sa solidité défensive.
Le compte est assez clair : lors des 24 premiers matchs de la phase régulière, le Standard n'avait concédé que 23 buts, fini avec 11 clean sheets au passage, ce qui le faisait avancer au rythme de 0,95 but concédé par rencontre. C'était la meilleure défense du championnat. Lors des 7 dernières rencontres, les Rouches ont encaissé 14 buts, soit deux par match, ce qui est évidemment trop et n'a pas échappé à Ivan Leko.
"La différence est incroyable et les chiffres parlent d'eux-mêmes, a soufflé l'entraîneur croate. La manière de défendre ce (samedi) soir a été insuffisante, il faut changer ça." Nathan Ngoy ne portait pas un discours différent : "On n'a pas été assez bon derrière et ce 2-2 fait aussi mal qu'une défaite. On a fait des erreurs individuelles qui font mal : la mauvaise relance sur le premier but, le manque de communication sur le deuxième."
Dans les sports collectifs, la base, c'est la défense.
La mauvaise relance, c'est celle de Henry Lawrence, sur un Malinois, mais la suite n'a pas été mieux gérée, avec Raman qui a profité de l'espace laissé par Hautekiet pour s'engouffrer. Leko avait déjà averti ses défenseurs, sur une phase précédente, du danger. Cela n'a pas suffi et l'ancien Rouche a pu servir Pflücke pour la première égalisation.
Le manque de communication est à mettre sur le compte de Hautekiet, ou de Karamoko, ou des deux. Le milieu, trop statique, ne gêne pas Antonio, qui s'était trop facilement défait de Camara sur le côté droit et Hautekiet a fait quelques mètres de trop vers l'intérieur qui ont permis à Vanrafelghem de finir l'action, devant Lawrence, pour égaliser une deuxième fois.
Ces erreurs sont trop nombreuses depuis quelques semaines, ce qui fait du Standard une équipe plus fragile sur le plan défensif, avec une seule clean sheet depuis la fin janvier (0-0 contre l'Antwerp) et ce rappel de Leko, utile, pour la suite des playoffs : "Dans les sports collectifs, la base, c'est la défense." Le travail à la vidéo ne manquera pas, cette semaine, pour corriger ces mauvais points qui peuvent aussi trouver une explication dans les têtes.
4 kilomètres de plus que les Malinois à la mi-temps
Depuis le début de la saison, le Standard est une équipe qui accepte de subir beaucoup, de laisser le ballon à l'adversaire pour mieux jouer dans la verticalité. Cela demande une concentration de tous les instants et un physique au point. Samedi soir, selon les stats de la Pro League, les Rouches avaient couru quatre kilomètres de plus que les Malinois. La lucidité peut s'étioler avec le temps, à force de couvrir les espaces, d'être toujours sur la défensive.
Et quand les entrants adverses font la différence, comme Antonio et Vanrafelghem, ça fait mal… D'autant plus quand l'équipe a mené à deux reprises, après une première période où les intentions offensives, malgré la faible possession (28 %), avaient été intéressantes. Le Standard doit réapprendre à bien défendre s'il veut viser quelque chose en Europe playoffs.