"La meilleure publicité pour le football" : pourquoi cet Inter-Barça fera date dans l'histoire de la Ligue des champions
Il n'y a eu qu'un seul vainqueur mais on se souviendra très longtemps de cette soirée du 6 mai 2025 à Milan.

- Publié le 08-05-2025 à 11h44

Sur le coup de 23 h 38, le stade San Siro a pu exploser mardi soir. Les 75 000 spectateurs qui ont pris une part active dans la magie de cette demi-finale retour ont aussi pu enfin respirer, après 120 minutes d'une apnée contrainte par le stress, la tension et un scénario épique. "Peu importe qui a gagné, je trouve que c'est le football qui en sort gagnant, a résumé Rudi Garcia, le sélectionneur des Diables rouges, invité sur le plateau de Pickx + Sports. C'est la meilleure publicité pour le football."
Bien loin de ces matchs (malheureusement devenu la norme aujourd'hui) où la volonté de contrôle et de calcul aseptise totalement le jeu, ce duel entre l'Inter Milan et le FC Barcelone a offert une soirée d'anthologie qui marquera l'histoire de la compétition et même de ce sport. Voici pourquoi.
1. Une opposition parfaite
Chacune avec son style, les deux équipes n'ont jamais calculé. Tant lors du match aller à Barcelone (3-3) que ce mardi à Milan. L'opposition tactique et philosophique a, par ailleurs, permis aux deux formations de se retrouver dans les meilleures conditions pour développer leur jeu. Avec, par exemple, l'audace du pressing haut barcelonais qui a souvent offert des possibilités de contre aux Nerazzurri qui adorent se projeter rapidement.
"Il a fallu une équipe de l'Inter exceptionnelle pour battre ce Barça. Nous avons disputé deux matchs acharnés. Les gars ont été fantastiques", s'est réjoui Simone Inzaghi. "Chaque joueur, en rentrant chez lui à quatre heures du matin, peut se regarder fièrement dans le miroir", a aussi commenté son homologue Hansi Flick.
2. Quelques records
Six buts à l'aller, sept au retour. Cette demi-finale aura été la plus prolifique de l'histoire de la Ligue des champions, avec celle entre Liverpool et l'AS Rome en 2018 (7-6 également). "Encore un match fou ! Sept buts, aujourd'hui…, c'était incroyable", a souri sur Sky Sports Denzel Dumfries, devenu le quatrième joueur de l'histoire de la compétition à réussir deux buts et deux assists en demi-finale.
En marquant le 2-3, Raphinha a, de son côté, rejoint Serhou Guirassy en tête du classement des buteurs. Mais, avec treize buts et huit passes décisives, le Brésilien aura surtout été impliqué directement dans 21 buts : du jamais-vu en une seule campagne de Ligue des champions, sauf avec Cristiano Ronaldo en 2013-2014 (21 aussi). Même s'il bénéficie d'une nouvelle formule qui offre plus de rencontres.
3. Un scénario fou
De 2-0 à 2-2 en l'espace de six minutes. Un but à la 87e minute et un autre dans les arrêts de jeu pour égaliser (90e+ 3) et forcer les prolongations. "Honnêtement, je n'ai pas de mots pour décrire ce qu'il s'est passé ce soir. Nous avons réalisé un match incroyable. C'était une soirée formidable", a admis Federico Dimarco sur Sky Sport, qui a totalement explosé depuis le banc lors du 4-3 de Davide Frattesi en prolongations.
On a ensuite vu plusieurs arrêts énormes de Yann Sommer dans les dernières minutes de la rencontre, dont deux devant Lamine Yamal. "J'étais content que le ballon ne rentre pas. Beaucoup d'équipes sont fatiguées lorsqu'elles mènent 3-2 mais nous avons réussi à revenir", a commenté le gardien suisse, MVP de la rencontre.

4. Une atmosphère mémorable
Simone Inzaghi a salué l'état d'esprit de ses joueurs, dont certains (Lautaro, Dumfries ou Frattesi) n'étaient pas à 100 % physiquement. Il a aussi mis en avant leur combativité, leur sens du sacrifice et leur capacité à croire en l'exploit. Mais cette équipe aurait-elle eu les ressources nécessaires, à 2-3, pour revenir dans la rencontre sans l'aide de son incroyable public ? "C'était incroyable, j'espère participer à encore plus de matchs avec l'ambiance que j'ai vue ici", a d'ailleurs admis Hansi Flick, malgré la défaite.
5. De belles promesses
Cette campagne européenne 2024-2025 nous aura aussi permis d'assister à la naissance d'une équipe du Barça qui retrouvera assurément les sommets dans les prochaines saisons. Yamal (dix-sept ans), Cubarsi (dix-huit), Fort (dix-huit), Gavi (21), Martin (22), Fermin (22) ou Pedri (22) n'en sont qu'au début de leur immense carrière. "Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas laissé ce club là où il mérite d'être, au sommet", a d'ailleurs lancé Lamine Yamal qui postule, malgré cette élimination, au Ballon d'or 2025 avec Raphinha. À condition de remporter la Liga… et donc le Clasico de ce dimanche.
