Manque de rythme, fautes tactiques et enthousiasme : pourquoi Mircea Rednic a raison de demander du temps après le nul contre Dender
Le coach roumain doit composer avec un noyau en construction et pas encore au niveau physique et tactique.
- Publié le 04-08-2025 à 07h32

À première vue, perdre deux points contre Dender, après avoir mené au score, s'assimile à une contre-performance et doit laisser place à une critique acerbe. Pourtant, il serait précipité de condamner ce Standard, que certains ont peut-être vu trop beau, ou du moins trop avancé dans son évolution, après le succès décroché sur la pelouse de La Louvière, la semaine dernière.
Samedi, Mircea Rednic a aligné cinq joueurs arrivés durant l'actuel mercato estival, dont quatre chargés d'animer la division offensive. Le manque d'automatismes entre les différentes lignes a sauté aux yeux, comme les quelques incompréhensions entre Fossey et Saïd sur le flanc droit et les nombreux réajustements opérés entre Ilaimaharitra et Ayensa. "Nos nouveaux joueurs ne sont pas encore prêts physiquement. Par exemple, j'ai été obligé de sacrifier Thomas Henry en le faisant jouer nonante minutes alors qu'il n'en a pas encore les capacités. En face, Dender était solide, le résultat est donc logique", expliquait Rednic.
Nielsen et Bolingoli ont repris les entraînements et seront disponibles contre Genk.
Le technicien roumain, dont la voix éraillée trahissait les nombreuses directives lancées depuis son petit banc, réclame du temps, sans que cette demande ne paraisse illégitime. Les supporters semblent disposés à lui en donner au vu des chants entonnés tout au long de la rencontre et des encouragements entendus après le coup de sifflet final.
Cette ferveur a poussé les Liégeois à aller de l'avant, notamment lors de 20 premières minutes stériles mais dominantes, et à résister juste avant la pause, lorsqu'ils étaient à onze derrière le ballon. Par contre, elle leur a aussi donné des ailes… au mauvais moment. "Avant le match, je les avais mis en garde contre l'euphorie du public, pour que ça ne les pousse pas à attaquer tout le temps, tout simplement parce que nous ne sommes pas prêts, continuait-il. Après l'ouverture du score, nous avons continué à jouer comme si c'était 0-0. Pourquoi ? Pour en mettre un deuxième ou un troisième ? Il fallait reculer et ne pas laisser d'espace aux Flandriens. Résultat : Marlon (Fossey) était trop avancé et a été surpris dans son dos, et nos deux médians défensifs n'ont regardé que le ballon, oubliant que deux adversaires étaient seuls aux seize mètres."
La semaine d'entraînement qui se profile ne sera pas superflue pour préparer la réception de Genk, le premier vrai test de la saison. Rednic a pointé le mauvais positionnement de ses deux arrières latéraux (Fossey et Calut), qui ont oublié de presser Dender plus haut sur la pelouse, ainsi que le manque de synchronisation du bloc, surtout en première période, et les trop nombreux ballons joués vers l'arrière de Karamoko, dont la place dans le onze de base est plus fragile que jamais.
Le Roumain réalisera quelques changements face aux Limbourgeois. Il a apprécié la montée d'Hakim Sahabo, qui a "fait le jeu", et, surtout, il récupérera Boli Bolingo et Casper Nielsen, aptes à participer pleinement aux séances collectives. Ces deux éléments manquent de rythme mais leur expérience sera précieuse dans un tel contexte.
Le match
STANDARD : Epolo, Fossey, Dierckx, Homawoo, Calut, Mohr (87e Mehssatou), Ilaimaharitra, Karamoko (58e Sahabo), Saïd, Ayensa, Henry.
DENDER : Verrips, Frederick (76e Harncar), Marijnissen, De Fougerolles (76e Cools), Pupe (83e Moutha-Sebtaoui), Ferraro, Mbamba (60e Nsimba), Viltard (76e Sahi Dion), Rôdes, Scheidler, Kvet.
Arbitre : Simon Bourdeaud'hui.
Cartes jaunes : Fossey, Viltard, Pupe, Schleider, Henry.
Buts : 65e Ayensa (1-0), 85e Kvet (1-1).