Le Standard enfonce Anderlecht
Les Rouches maîtrisent Anderlecht, plongeant Besnik Hasi et les Mauves dans la crise.
- Publié le 02-02-2026 à 09h06

Quand une équipe est plongée dans la crise, deux attitudes peuvent être observées : la peur de mal faire ou l'envie de tout retourner. À peu de chose près, c'est ce qu'il s'est passé lors d'un Clasico intense, surtout d'un côté, et dans une ambiance qui n'a jamais dérapé, ni en tribunes et à peine sur le terrain – l'arbitrage d'Erik Lambrechts est à saluer dans sa gestion des cartes notamment.
Il sera temps de revenir sur Anderlecht, plus tard, et plus longtemps, mais il faut déjà acter un élément : les Mauves restent plongés dans la crise, comme paralysés par l'enjeu et ce qu'ils avaient à perdre, comme si des supporters étaient rentrés dans leur vestiaire avant la rencontre pour leur faire peur.
Ce n'est pas arrivé, évidemment, mais il n'est pas impossible que des fans mauves demandent des comptes à leurs joueurs, car ce qu'ils ont proposé, à l'exception d'une fin de première période un peu plus enlevée, n'a pas été suffisant. Besnik Hasi, visage fermé et réponses courtes, n'a pu que constater le manque d'envie de son équipe. Il a évacué l'idée d'une démission en conférence de presse, il a été démis de ses fonctions en soirée.
À trois derrière et meilleur devant
La production bruxelloise n'a pas été suffisante par contraste, aussi, avec ce qu'a offert le Standard au niveau des idées et des intentions. L'idée, d'abord, de repasser à trois derrière, mais pour attaquer en 3-4-3, a posé des soucis aux Mauves, dans la profondeur. Les intentions, plus claires, ont rappelé que ce groupe est toujours en vie, capable de faire la révolution.

Vincent Euvrard a abattu une carte qui sera peut-être décisive pour la suite de la saison, et de sa saison, et ses joueurs lui ont rendu cette audace, en se battant sur tous les ballons d'abord, avec un pressing haut ensuite et des éclairs individuels, à l'image de Saïd.
"C'est une victoire hyper importante", a commenté l'entraîneur liégeois, qui s'est bien gardé de parler du top 6 et s'est surtout appliqué à saluer le rebond de son équipe. Mais comment expliquer, alors, ce changement d'attitude après les deux matchs de la rentrée à Charleroi (2-0) et contre Gand (0-4) ?
Des retours qui changent tout
"On a récupéré des joueurs blessés (Fossey, Homawoo et Karamoko, qui sera suspendu à Bruges), a glissé Euvrard. Et on a eu la démonstration de l'équipe qu'on ne peut pas être lors de ces deux matchs. Cela nous permet de comprendre notre identité." Une identité qui s'écrit dans un système à trois derrière, donc.
Les Rouches avaient-ils lu, pendant l'échauffement, les banderoles déployées par le PHK ? Elles disaient ceci : "S'imposer dans les duels, manger le ballon ; mouiller le maillot, jouer avec les tripes ; fighting spirit et rage de vaincre ; retrouvez les valeurs pour redorer le blason ; vous n'êtes pas dignes de ce public".
Le message était assez clair et les Rouches ont assuré le service, comme ils ne l'avaient pas encore fait en cette nouvelle année. Il fallait voir, en fin de match, leur manière de défendre le rectangle, pour se jeter sur tous les ballons qui traînaient et ne pas laisser un mètre de trop à un Anderlechtois, pour le contrer.
Anderlecht, avant-dernier sur les six dernières journées…
Au match aller, à Anderlecht, le Standard avait perdu alors qu'il méritait au moins un point. Au Club Bruges, dimanche, il va monter en gamme et l'instant sera intéressant pour savoir si les Rouches peuvent prendre une deuxième revanche et se replacer en ordre utile, déjà, dans la course au top 6.
Intelligent, Euvrard n'a pas donné suite à la question sur les ambitions collectives. "On a eu trop de hauts et de bas pour se permettre de parler du top 6, a-t-il évacué. On peut profiter 24 heures, pas plus."
Une journée pour fêter, avant de se remettre au travail. Un travail qui ne va pas manquer, à Anderlecht, quatrième après 23 journées, mais avant-dernier sur base des six dernières journées…
Le technique
STANDARD : Pirard ; Lawrence, Hautekiet, Homawoo ; Fossey (46e Bates), Karamoko (61e Mehssatou), Ilaimaharitra (89e Abid), Mortensen ; Teuma (89e Dierckx), Ayensa (77e Mohr), Saïd.
ANDERLECHT : Coosemans ; Sardella, Hey, Kana (43e Camara), Diarra (68e Maamar) ; Saliba (46e Llansana), De Cat ; Hazard, Bertaccini (81e Kanaté), Angulo ; Sikan (68e Cvetkovic).
Arbitre : Erik Lambrechts.
Cartes jaunes : De Cat, Karamoko, Saliba, Ilaimaharitra, Hey, Sardella, Lawrence.
Buts : 29e Karamoko (1-0) ; 48e Saïd (2-0).