En visite au centre d'entraînement et à l'hôtel des Diables durant le Mondial
Dans deux mois, la Belgique posera ses valises à Seattle pendant la Coupe du monde. On s'est rendu sur place pour visiter l'hôtel et le centre d'entraînement (quasi) idéaux des Diables.
- Publié le 26-03-2026 à 08h35

Ce n'est pas le Canada, mais c'est l'idée qu'on s'en fait. À Seattle, les Diables seront dans un paradis, entre lacs et forêts. Il faut dire que la frontière canadienne n'est pas bien loin, à 160 kilomètres au nord en suivant la côte Ouest des États-Unis. Mais c'est légèrement plus au sud qu'il faut chercher le futur lieu de vie de la Belgique pendant la Coupe du monde : Renton, une banlieue chic de Seattle.
Tic de journaliste : on a demandé au chauffeur de taxi lequel des nombreux surnoms les habitants utilisaient réellement pour leur ville. La Cité Émeraude ? Queen City ? "Non, on dit juste Rainy City, rigole Ali, arrivé de Somalie à Seattle il y a dix ans. Il peut pleuvoir à n'importe quel moment, sans prévenir. C'est parfois assez étonnant."
Mardi, on est passé entre les gouttes, mais il faisait frisquet quand on s'est rendu au centre d'entraînement des Seattle Sounders, l'équipe de MLS qui laissera ses installations aux Diables le temps de la Coupe du monde. "Venez, je vais tout vous montrer", nous lance le très chaleureux Alex, l'attaché de presse du club. Il y a de quoi être fier : l'endroit, construit sur le site de l'ancien quartier général de Boeing, est magnifique. Welcome at the Providence Swedish Performance Center and Clubhouse.
Les Sounders ont investi 70 millions $ (61 millions €) pour construire ce centre, inauguré en février 2024 et également utilisé par l'équipe féminine (Seattle Reign FC). Tout est pensé pour la performance, avec des outils de récupération dernier cri, comme une salle de cryothérapie, deux piscines et un sauna (avec télévision). L'espace fitness est immense. Les 26 hommes de Rudi Garcia pourront s'entraîner en salle en même temps sans se marcher dessus.
Intimité, ping-pong et billard
Dehors, un gigantesque terrain s'étale. Et on a eu une frayeur en s'approchant : le gazon était tellement parfait qu'on a cru qu'il était artificiel. Mais l'espace où l'on peut tracer trois terrains aux dimensions Fifa est bien naturel. "On a aussi un synthétique", précise Alex. Le sélectionneur des Diables n'aura pas besoin d'installer des grandes bâches comme Domenico Tedesco avait dû le faire à l'Euro allemand : tout est déjà à l'abri des regards. Et la forêt avoisinante ne facilitera pas le job des curieux.

Un dernier détour par le vestiaire et on comprend à quel point le centre des Sounders respire le foot, malgré la… table de ping-pong installée au milieu de l'immense espace. La décoration rappelle l'histoire du club et les adversaires affrontés, dont Lionel Messi. On trouve même un espace salon de coiffure avec tout le matériel.

La presse belge sera heureuse aussi : pas besoin d'installer une tente ou de louer le hangar du club de tennis comme à Ludwigsburg en 2024, tout est déjà prévu à l'intérieur du bâtiment, avec une grande salle de travail pour les journalistes.
Les Diables n'auront qu'un étage à eux
On reverra Alex et le centre dans deux mois. En attendant, on reprend la voiture pour les neuf kilomètres qui nous séparent de l'hôtel des Diables. On rejoint le Hyatt Regency en une petite vingtaine de minutes en voiture. Les Diables iront sans doute un peu plus vite avec l'escorte policière prévue pendant le tournoi.
L'établissement 4 étoiles est posé au bord du lac Washington, qui donne son nom à l'État (à ne pas confondre avec la capitale fédérale Washington sur la côte Est). Un luxe discret qui donne à l'endroit un côté à la fois majestueux et paisible.

L'hôtel est pourtant immense avec 350 chambres. La fédération belge n'a d'ailleurs pas pu tout privatiser, comme c'était le cas en Allemagne il y a deux ans. Les Diables auront un étage à eux mais pas plus. Vu les prix, qui exploseront encore pendant le tournoi, pas sûr que l'établissement affiche complet. Ou alors avec une clientèle fortunée. Notre chambre était agréable mais sans luxe particulier.
Un spa avec (une petite) piscine et une salle de fitness permettront aux Diables de se détendre, même si les sièges confortables au bord du lac restent le spot le plus convoité.
Le premier golf à 10 kilomètres
On n'a trouvé qu'un seul réel défaut (aux normes des Diables) : depuis le Mondial au Brésil en 2014, beaucoup de joueurs ont découvert le golf et aiment sortir les clubs entre les matchs d'un tournoi pour se vider la tête. Le Hyatt Regency ne dispose pas de son propre terrain. Le 18 trous le plus proche se trouve à 6,5 miles de là (un peu plus de 10 kilomètres).
Il faudra pousser un peu plus loin encore pour se rendre au stade. Le Lumen Field (68 000 places) est à 23 kilomètres, juste à côté des gratte-ciels de Seattle, même si la ville n'a pas la skyline la plus folle des États-Unis. Les lignes du football américain (les Seattle Seehawks ont remporté le superbowl début février) sont encore tracées mais auront disparu d'ici à l'été. Les Diables y affronteront l'Égypte le 15 juin et pourraient même prolonger leur séjour à Seattle jusqu'en quart de finale s'ils finissent à la première place (le seizième et le huitième se joueront alors au Lumen Field).
Roberto Martinez avait raison à la sortie du tirage au sort de la Coupe du monde le 5 décembre dernier : être basé à Seattle dans cette poule G était le meilleur tirage possible point de vue logistique et météo. Et tant pis s'il pleut quelques fois entre les forêts et les lacs de Rainy City.