Désaccords internes, critiques et manque de vision : les raisons qui ont mené au départ de Rudi Garcia
Les joueurs ne soutenaient plus le sélectionneur et Vincent Mannaert a considéré qu'il n'était plus l'homme de la situation.
- Publié le 20-07-2026 à 16h23

Le papier était prêt à être envoyé à l'imprimerie mais le but de Youri Tielemans nous a empêché d'appuyer sur la touche "envoyer". Cela fait un moment que les rumeurs enflaient et que nos sources nous disaient que dans la tête de Vincent Mannaert, l'avenir ne s'écrivait pas avec Rudi Garcia.
C'est désormais officiel. Après un peu plus d'un an à la tête de l'équipe nationale, le Français n'a pas vu son contrat être renouvelé. Voici ce qui a poussé les têtes pensantes de la fédération à poursuivre sans le coach qui les a amenés en quart de finale de la Coupe du monde.
Trop peu de football
Tout observateur neutre des 18 derniers mois des Diables rouges peut poser ce constat : on n'a que rarement pu se réjouir du spectacle footballistique proposé par notre équipe nationale sous Rudi Garcia. Son match référence avant la Coupe du monde n'était qu'une mi-temps face à l'Ukraine. Elle a fait oublier que les trois autres n'étaient pas au niveau attendu.
C'était le deuxième match du sélectionneur. Entre mars 2025 et la Coupe du monde, on n'a jamais été convaincu. La fin de match face au pays de Galles a été agréable par son suspense mais le fait de se faire remonter trois buts par une équipe moyenne ne faisait pas bon genre.
C'est à cette époque que des premières critiques internes nous sont revenues aux oreilles. Elles ont encore pris de l'importance après le désastreux partage au Kazakhstan en novembre. Jeremy Doku avait taclé le sélectionneur à chaud après le match. Disant tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas.
Ça ne passait plus auprès de Vincent Mannaert
Les premières divergences avec Vincent Mannaert sont nées à la même époque. L'ancien architecte des belles années du Club Bruges a pointé du doigt certains manquements et pistes d'amélioration lors de son entretien individuel avec son coach. Des tensions en ont découlé, le directeur technique n'ayant pas apprécié le manque de remise en question de son sélectionneur.
Mannaert n'a pas pris ce poste de patron sportif de la fédé pour faire de la langue de bois. Il a toujours dit ce qu'il pensait à son coach et échangeait avec lui sur les différents aspects du football. Du coaching à la gestion du groupe. Même au cours du Mondial.
Jusqu'à en arriver à des moments de frustration. Durant le tournoi, les deux hommes n'ont pas toujours été en accord et il nous est revenu que Mannaert est sorti furieux du match face à l'Iran.
Les joueurs en avaient marre
Ce match nul après un partage face à l'Égypte aurait pu faire exploser le groupe des Diables. Heureusement, l'adage n'était pas infondé : le groupe vit bien. Les joueurs se sont soudés autour d'une mission commune.
Ils se sont crus capables de renverser la situation face à Sénégal, capables de battre les États-Unis malgré des combats hors pelouse et capables de secouer l'Espagne. Est-ce grâce au sélectionneur ? D'après les échos qui nous sont revenus durant le tournoi, non.
Car ils ne croyaient plus en lui depuis un moment déjà. Même après la victoire face au Sénégal, ils n'ont pas changé d'avis. Ils sont sur le terrain et savent mieux que personne qu'ils ont été mangés tactiquement par les Sénégalais et que leur remontada est due à leur mentalité et à de la réussite plus qu'à un plan tactique de fin de partie.
Les résultats ont caché la réalité
Malgré LE match référence sous Garcia face aux États-Unis et le beau projet de jeu proposé pour éteindre une équipe américaine légèrement surcotée (en partie à cause de nous), les joueurs n'ont pas changé leur fusil d'épaule.
Vincent Mannaert aurait pu être ébloui par le fait qu'aucune équipe du tour final n'a aussi bien résisté à l'Espagne ou par la folie en Belgique autour des beaux résultats de l'équipe. Le ¼ de final est aussi historique qu'il est l'arbre qui cache la forêt d'une équipe qui n'a pas encore terminé son projet de reconstruction.
Rudi Garcia a posé les fondations et a aidé l'équipe à redevenir un groupe. Au vu de tous les arguments listés ci-dessus, la fédération belge n'a pas considéré que le coach français avait la vision pour construire la fin de l'édifice belge.