Dans le jeu aérien, les Diables rouges ont des chiffres qui donnent le vertige : "Ce n'est pas en sélection que tu peux tout rattraper"
Les Diables rouges ont affiché de sérieuses lacunes dans le jeu aérien contre l'Iran. Un souci à corriger contre la Nouvelle-Zélande, et pour plus tard.
- Publié le 23-06-2026 à 09h57
- Mis à jour le 23-06-2026 à 09h59

C'est une impression qui a traversé Belgique – Iran (0-0), et pas seulement sur base des deux grandes occasions concédées par les Diables rouges. Les frappes de Hossein Kanaani (14e) et Mehdi Taremi (53e), sauvées par Thibaut Courtois, avaient trouvé leur source sur deux phases arrêtées, deux rentrées en touche, avec des centres mal défendus dans les airs, dans les deux cas.
Dans le premier cas, Thomas Meunier avait été trop passif au duel avec Taremi ; dans le deuxième, Maxim De Cuyper avait été mal positionné face à Kanaani. Et il a fallu deux grands arrêts du gardien du Real Madrid pour sauver la maison Belgique. Les chiffres viennent confirmer l'impression puisque la Belgique n'a gagné que 44 % de ses duels aériens (15/34), contre 56 % aux Iraniens (19 sur 34).
Quand on isole les statistiques de la défense, seule, on tombe à 35 %, avec des chiffres qui donnent le vertige puisque Meunier n'a gagné qu'un duel aérien sur sept et Mechele, 3 sur 8. Face à une équipe comme la Nouvelle-Zélande, qui misera sur quelques grands gabarits (3 joueurs à 1,90 m), le staff devra-t-il mettre l'accent sur cet aspect, cette semaine, pour éviter toute mauvaise surprise vendredi ?
"Thomas a de la taille, mais pas un timing exceptionnel"
Il convient d'abord de prévenir que la taille ne fait pas tout, et cela vaut aussi pour les duels aériens. Les Néo-Zélandais sont souvent engagés dans le jeu aérien mais ils ne sont pas pour autant souverains, même si Chris Wood, l'attaquant de Nottingham Forest, est apparu plus costaud contre l'Égypte (17 duels gagnés sur 10) que contre l'Iran (1/7).
Les trois buts marqués par la Nouvelle-Zélande ne sont pas venus de phases arrêtées, plutôt de phases construites, dans le jeu, mais la méfiance doit tout de même être de mise puisque la Belgique a montré de sérieux signes de faiblesse qui ne date pas de ce tournoi.
Alex Teklak, ancien footballeur professionnel, pointe que le travail de formation, en Belgique, n'est pas toujours axé sur le jeu défensif aérien, "et ce n'est pas en sélection que tu peux tout rattraper". Pour illustrer son propos, l'ancien défenseur prend en exemple Meunier : "C'est un joueur offensif au départ, qui n'a pas développé cet élément dans son jeu. Avec le temps, il a toutefois progressé. Il a du gabarit (1,90 m) mais il n'a pas un timing exceptionnel et une attaque au duel franche."
Qui pour remplacer Ngoy ? De Winter a la technique, Theate a la fougue
Cela s'est vu plusieurs fois contre l'Iran, au point qu'il a semblé aller dans le duel en sachant qu'il allait le perdre… Or le sens de l'adaptation est nécessaire, parfois, pour favoriser le deuxième ballon. "Mechele a été en difficulté en début de rencontre face à Taremi, qui est bon dans le domaine aérien. Il s'est ajusté après les premiers duels, en lisant mieux les trajectoires", note Teklak, qui considère Nathan Ngoy comme le meilleur défenseur, de la tête – "il a des aptitudes naturelles, l'explosivité et une très bonne attaque du duel".
Le défenseur de Lille, exclu dimanche, sera suspendu contre les Néo-Zélandais. "Arthur Theate a montré lors de sa montée qu'il avait la rage. Il est moins bon que Koni De Winter dans les duels aériens, mais il a pour lui son agressivité. Il est parfois un peu trop fougueux, mais il est capable de récupérer un duel qu'il a perdu, très vite après."
Selon une fausse croyance, le jeu aérien est autant une affaire de technique que de volonté. "C'est d'abord, et essentiellement, de la technique, précise Teklak. Michal Zewlakow, mon ancien équipier à Mouscron, n'était pas grand, mais il avait un timing et une technique de saut qui lui a permis d'éteindre Jan Koller, lors d'un match contre Anderlecht."

Il n'y aura pas de joueur aussi grand, ni doué, que l'ancien attaquant tchèque, dans les rangs néo-zélandais, mais les Diables rouges seraient bien inspirés de lire les trajectoires avec attention quand les ballons aériens viendront dans les parages. Ce serait une bonne manière de s'éviter des turbulences aériennes.