Alvaro Morata dans tous ses états
Le capitaine de la Roja est aussi critiqué en externe que soutenu en interne.
- Publié le 11-07-2024 à 10h27

Le poste expose. Mais rarement autant d'avants-centres de grandes nations ont été autant critiqués que durant cet Euro. Et il y aura peut-être un jour un groupe de parole pour ces attaquants lassés d'être autant ciblés. Romelu Lukaku pourrait potentiellement le présider et y accueillir Kylian Mbappé, Kai Havertz, Memphis Depay, Harry Kane, Cristiano Ronaldo ou Alvaro Morata. Qui est peut-être celui avec lequel il présente le plus de similitudes. À la différence près que là où le Diable ne parle pas, Morata a pris l'habitude de mettre des mots sur ses maux.
Ses récentes sorties ont fait du bruit. Au micro de la Cadena Sera avant le début du tournoi, l'attaquant ne s'en cachait plus : "Pour moi, le plus simple n'est pas de jouer en Espagne. Personnellement, pour ce que je dois endurer quand je sors dans la rue dans notre pays, le plus simple est d'aller à l'étranger. Souvent, mes enfants qui ont cinq ans ne comprennent pas pourquoi il y a des gens qui sont en colère contre leur père." Et il en a remis une couche à la fin de la phase de groupe à El Chiringuito : "On va encore dire qu'à la fin, je vais toujours chercher des excuses ou me plaindre. C'est une question de respect. Très peu de gens me connaissent vraiment. Et beaucoup de personnes ont changé d'avis sur moi après m'avoir rencontré. J'ai souvent pensé à jeter l'éponge mais la meilleure chose que je puisse apprendre à mes enfants, c'est que j'ai été dans la merde plusieurs fois et qu'au final, j'ai toujours relevé la tête, c'est une fierté. Oui, j'ai touché le fond. Aujourd'hui, j'ai mon psy et mon coach. Ma femme aussi me soutient. Sans elle, ma carrière aurait été différente."
Oui, j'ai touché le fond.
La sortie récente de son épouse sur les réseaux sociaux juste avant le match contre la France a fait grand bruit. Elle s'inscrit dans un contexte compliqué depuis les sifflets du Bernabeu dont a été victime le Madrilène lors de l'amical contre le Brésil en mars, lui qui évolue à l'Atletico mais qui a terminé sa formation au Real.
Critiqué par le monde extérieur, l'attaquant qui n'a marqué qu'une fois à l'Euro contre la Croatie pour porter son total à 35 réalisations avec la Roja (seul Fernando Torres, 38 buts, Raul 44 et David Villa 59 ont plus marqué que lui) fait par contre l'unanimité dans le groupe. "C'est un capitaine incroyable, avant de venir ici, je ne m'attendais pas à cela et il m'a positivement surpris. Avec ses discours, ses conseils ; je suis heureux d'avoir un capitaine comme lui", a expliqué Grimaldo quand Dani Olmo parle de lui "la référence."
"C'est un exemple pour tout le monde. J'apprécie beaucoup Morata pour son attitude en tant que joueur et que personne, ne cesse de répéter de la Fuente. C'est le meilleur capitaine que nous puissions avoir. Il est généreux dans ses efforts, il a cette capacité de travailler. Il est indiscutable. Et nous avons besoin de lui sur et en dehors du terrain. Humainement, il est exceptionnel, il restera dans l'histoire du football espagnol." Encore plus s'il soulève le trophée ce dimanche à Madrid. Ce qui l'exposerait pour de bonnes raisons cette fois.
Blessé par un steward de la sélection
Au coup de sifflet final, de nombreux spectateurs ont fait irruption sur la pelouse de l'Allianz Arena. Dans ce joyeux foutoir, la sécurité espagnole a dû contenir l'enthousiasme de certains supporters désireux d'approcher les joueurs. Quitte à jouer un peu des coudes. Et Morata s'est fait bousculer par un steward, se tenant ensuite le genou droit en grimaçant. Mais au moment de retrouver la quiétude du camp de base de la Roja ce mercredi matin, l'attaquant se montrait rassurant. Et a même remercié la sécurité espagnole.