Notre consultant Michel Vanmeerbeek : "Personne ne peut juger le choix de Thomas Detry"
Adrien Dumont de Chassart retrouve en 2026 le PGA au moment où Thomas Detry succombe aux millions de la LIV.

- Publié le 14-01-2026 à 10h37

L'année 2026 avait tout pour ressembler à une grande fête golfique en Belgique. Le PGA Tour, dont la saison démarre ce jeudi 15 janvier 2026 à Hawaï, devait accueillir Thomas Detry et Adrien Dumont de Chassart. Manon De Roey évolue sur l'équivalent féminin (LPGA). Mais, la réorientation de Thomas Detry a modifié la donne. La Belgique ne devrait pas avoir deux Belges sur le PGA. Notre consultant Michel Vanmeerbeek se projette sur l'année 2026 pour nos deux plus grands ambassadeurs sur les greens.
1. Detry : "Il a voulu mettre sa famille à l'abri"
Thomas Detry n'a pas encore officialisé la nouvelle mais la rumeur enfle depuis une semaine. Alors qu'il possède sa carte pour le PGA Tour, il a succombé au chant du lucratif LIV Tour. Il y rejoindra Thomas Pieters en abandonnant au passage ses rêves de gloire sportive sur le plus beau circuit golfique du monde. "Il a opéré un changement de direction, commence Michel Vanmeerbeek. Il écrira une autre histoire qui sera beaucoup moins relayée dans les médias. Il ne jouera plus sur le PGA Tour et disputera peut-être quelques tournois sur le DP World Tour (circuit européen). La Belgique était excitée de suivre deux Belges sur le PGA. C'est dommage."
Dommage certes mais notre consultant ne jette pas la pierre. "Personne n'a rien à redire sur son choix. Thomas a pesé les atouts et les inconvénients. Il a certainement reçu une belle offre."
L'argent, tel a été le moteur de cette décision douloureuse sur un plan sportif. La LIV a versé des sommes colossales pour attirer certaines stars du circuit mondial. Phil Mickelson aurait reçu 200 millions de primes d'inscription. Dustin Johnson aurait perçu 150 millions. La somme grimpe à 300 millions pour Jon Rahm. Certains font machine arrière comme Brooks Koepka qui revient sur le PGA Tour cette saison. Il s'expose à des sanctions sportives et surtout financières.
Si l'information se confirme, Thomas Detry a choisi de mettre sa famille à l'abri sur la LIV. "Les gens le critiqueront pour ce choix. Le passionné sera déçu de ne plus pouvoir le suivre."
La LIV propose quinze tournois par an. Désormais, le format sur trois tours s'est aligné à quatre tours comme partout ailleurs. La vie de Thomas Detry sera fort différente. "Le tournoi se joue en shotgun; c'est-à-dire que chacun démarre en même temps à un trou différent."
Il disputera des tournois en Europe, aux USA, en Asie et en Afrique du Sud. Sur un tournoi, il peut empocher quatre millions sans oublier la prime d'inscription. Il jouera aussi pour un classement par équipe.
A priori, il est parti pour un cycle de trois ans au niveau contractuel. La LIV et le PGA Tour négocient pour une fusion. "Mais, ces échanges font beaucoup de bruits pour pas grand-chose. Le PGA a augmenté ses dotations notamment sur les Signature Events pour éviter certains départs. La LIV n'a pas d'histoire. À ce jour, rien ne laisse penser à une fusion dans les prochaines années."
2. Adrien Dumont de Chassart : "Plus mature qu'en 2024"
Adrien Dumont de Chassart sera donc orphelin de Thomas Detry cette saison. En 2024, le Villersois avait rejoint le PGA mais avait dû redescendre en 2025 sur le Korn Ferry Tour. Grâce à une saison très régulière, Adrien Dumont de Chassart a retrouvé sa carte sur le PGA sans avoir accès aux Signature Events. "Son parcours est exceptionnel. En 2023, il quitte le circuit universitaire à mi-saison pour rejoindre le Korn Ferry Tour où il réussit à obtenir sa carte sur le PGA grâce à des performances de haut vol. En 2025, il a regagné le droit de jouer sur le PGA à trois tournois de la fin de saison. Il n'est pro que depuis trois ans. Je suis persuadé qu'il fera mieux qu'il y a deux ans. L'homme et le joueur ont mûri. Son combat sera inégal car il n'a pas le même accès que ses rivaux. Il ne pourra pas jouer certains Majors et les Signature Events. En plus, la jauge a été réduite. Seuls les joueurs du top 100 (125 avant) conserveront leur carte."
Notre consultant Michel Vanmeerbeek ne préfère pas mettre le curseur de ses objectifs sur un chiffre. "Je ne fixerais pas un classement précis. Si j'étais son entraîneur, je m'intéresserais surtout à sa manière de jouer et à son approche des tournois. Je construirais une forme ascendante au fil des jours. Il peut se mêler avec le haut du classement."
Pour s'inviter à la table des candidats à une victoire, Adrien Dumont de Chassart devra digérer au plus vite le monde de différences entre le Korn Ferry Tour et le PGA. "Tout y est plus dur", résume notre consultant. "Les adversaires sont plus solides. Il lui faudra être intraitable au wedge et fracasser des par 5. Il devra convertir des birdies. Je compare sa mission à un match de Ligue des champions. En Belgique, si tu perds une balle en milieu de terrain, tu as le temps de réagir. En C1, tu as de gros risques de prendre un but. Adrien évoluera en Ligue des champions. Il n'aura pas le droit à l'erreur."
3.Ludvig Aberg, le jeune à suivre
Michel Vanmeerbeek ne voit pas un gamin qui pourrait suivre la trajectoire d'un Tiger Woods ou d'un Rory McIlroy. Parmi les plus jeunes, il se réjouit de voir Ludvig Aberg, un Suédois de 26 ans. "Il est passé en quelques années d'universitaire à l'un des joueurs à suivre sur le PGA. Ses performances méritent d'être suivies."
4. Le duo au sommet restera Scheffler-McIlroy
Lors des plus grands tournois, Scottie Scheffler et Rory McIlroy resteront les deux têtes d'affiche notamment sur les Majors. "Scheffler évolue au-dessus du lot. Sa Ryder Cup a été décevante mais elle n'aura pas égratigné sa confiance. Quant à Rory McIlroy, il a déjà tout gagné. Il faudra voir son envie d'écrire encore un peu plus l'histoire. Sa victoire au Masters a été spectaculaire en 2025."