Les Diables noirs se lancent sur la route de la Coupe du monde 2027 de rugby : "On vise la qualification"
Laurent Dossat, le coach des Diables noirs, tient un discours teinté d'humilité mais aussi d'ambition.
- Publié le 01-02-2025 à 12h05

La Belgique est à l'aube d'un triptyque historique dans l'histoire de son rugby. Pour la première fois, elle est en mesure de se qualifier pour la Coupe du monde qui se déroulera en Australie en 2027 où, nouveauté historique, vingt-quatre nations se disputeront le trophée Webb Ellis. Depuis près de deux ans, les dirigeants de la fédération et des deux ligues ont mis tous les atouts de leur côté pour que les matchs à venir débouchent sur le ticket pour les terres australes. En poste depuis juin dernier, Laurent Dossat et son staff entament le Rugby Europe Championship 2025 ce samedi au Portugal dans l'antre de l'Estádio do Restelo avec ambition.
Laurent, dans quel état d'esprit abordez-vous ces trois matchs ?
"Nous sommes conscients de l'importance de ces trois rencontres contre le Portugal, la Roumanie et l'Allemagne. Nous les abordons avec humilité et respectons nos adversaires. Ce samedi face aux Lusitaniens, nous ne sommes pas favoris mais nous ne l'étions pas non plus quand nous les avons battus l'an dernier à Mons. Néanmoins, nous foulerons la pelouse de Lisbonne avec un esprit de conquête, avec l'envie de gagner ou, à tout le moins, de ramener un point. Les joueurs sont prêts au combat pour conquérir chaque brin d'herbe. Si nous perdons face aux Lobos, rien ne sera joué. Les Portugais ont joué des solides tests à l'automne contre l'Afrique du Sud et l'Écosse (NdlR : défaites 64-21 et 59-21) en proposant un rugby de folie qui les caractérise mais nous avons les armes pour les contrecarrer."
L'objectif, c'est de viser l'une des deux premières places de la poule, directement qualificative pour la Coupe du monde ?
"Oui, c'est clair, on vise la qualification. L'exploit est à notre portée à domicile contre le Roumanie devant un public survolté. C'est encore un gros morceau qui s'est aussi donné les moyens de ses ambitions en se préparant pendant deux semaines du côté de Biarritz. Avec l'appui du seizième homme, tout est permis contre les Chênes samedi prochain, avant d'aller chercher le graal en Allemagne dans deux semaines du côté de Kassel. Si notre plan ne déroule pas comme prévu, il restera encore une dernière chance lors des barrages à l'automne prochain."
Depuis le dernier REC, vous avez encore mesuré l'évolution du groupe ?
"Bien sûr. Depuis deux ans, beaucoup de choses ont été mises en place pour élever encore le niveau de jeu et tendre vers une professionnalisation du rugby belge. Nous avons enregistré le retour de certains leaders qui avaient renoncé à l'équipe nationale pour diverses raisons. On a pu évaluer près de septante joueurs issus des Blacks Devils et de nos U20 lors du stage en Amérique du Sud et lors du test contre la Suisse. Il y a deux ans, le board planifiait une qualification pour le Mondial 2031 mais, au fil des mois, nous avons revu nos ambitions à la hausse vu l'évolution positive du rugby belge. Et puis l'occasion fait le larron puisque World Rugby a changé le règlement avec l'ajout de quatre nations pour le prochain Mondial."
Avec aussi une tournée de trois semaines en Amérique du Sud qui a permis de souder l'effectif…

"Nous avons réalisé des tests probants contre le Paraguay et le Brésil. Ce fut plus compliqué contre le Chili où nous avons pu mesurer l'écart en conquête et en mêlée avec une nation qualifiée pour la dernière Coupe du monde. Quand nous ne disposons pas de tous nos cadres, la tâche est plus ardue puisque nous avions aligné des joueurs manquant encore de référence au niveau international. Il n'y a pas de miracle. Contre les nations classées entre la 10e et la 25e place au ranking mondial, il faut pouvoir disposer d'un groupe solide."
Pour la première fois depuis des lustres, la Belgique pourra-t-elle aligner la totalité de ses forces vives ?
"Oui et je tiens à remercier l'ensemble des clubs étrangers, principalement en France, d'avoir joué le jeu et de libérer tous les internationaux qui évoluent en Top 14, en ProD2 ou dans les divisions nationales ou fédérales. Ce ne fut pas toujours le cas dans un passé récent. Nous pourrons aussi compter sur les informations fournies par Hugo De Francq et Hugo Ruelle qui évoluent dans le championnat portugais, comparable au troisième ou quatrième niveau de la compétition tricolore. Nous en avons tiré évidemment des renseignements précieux même si la majorité des joueurs portugais évoluent dans le championnat français."