Nina Pinzarrone brillante qualifiée pour les JO : "Je n'avais jamais été aussi nerveuse de ma vie"
La jeune Bruxelloise a réalisé sa meilleure prestation de la saison (septième avec 199,43 pts) lors du Mondial à Boston…
- Publié le 31-03-2025 à 08h36

Soulagement. Aucun autre terme ne peut mieux décrire l'état d'esprit de Nina Pinzarrone à l'issue du Mondial, à Boston, qui a vu la jeune Bruxelloise se classer septième et se qualifier pour les JO 2026. Au passage, Nina a également assuré une deuxième place potentielle pour la Belgique à Milan-Cortina, à charge pour Loena Hendrickx, en revalidation après une opération à la cheville, de la concrétiser en septembre, lors de la compétition de repêchage.
En attendant, Nina Pinzarrone a été éblouissante vendredi soir, dans un TD Garden chauffé à blanc par les performances des patineuses et, notamment, celles des Japonaises et Américaines qui ont trusté les… six premières places. Créditée d'une note de 67,74 pts pour son programme court, mercredi, Nina abordait cette finale en huitième position et a donc regagné une place après avoir été créditée d'un 131,69 pts sur le libre, pour un total de 199,43 pts, son meilleur score de la saison.

Tout de rouge vêtue et entourée d'Ans Bocklandt, son entraîneuse, et de Benoît Richaud, son chorégraphe, notre patineuse a accueilli sa note avec un large sourire, levant les bras, les poings serrés.
"Sur le moment, j'étais soulagée parce que j'étais assurée du top 10. J'avais essayé de ne pas trop y penser, mais on m'en avait tellement parlé avant ce Mondial que c'était devenu une obsession. Je n'avais jamais été aussi nerveuse de ma vie. En montant sur la glace, j'avais l'impression d'avoir oublié mon programme. En plus, il y avait beaucoup de bruit suite à la performance de l'Américaine Amber Glenn qui me précédait, ce qui m'a ajouté un peu de pression. J'imagine que ça s'est vu sur mon premier enchaînement de sauts, que je qualifierais de moyen. Mais j'ai ensuite trouvé mon rythme et tout s'est bien passé."
Double médaillée de bronze à l'Euro depuis fin janvier, à Tallinn, la jeune Bruxelloise n'avait pas gardé un bon souvenir du dernier Mondial, à Montréal, où elle s'était classée quinzième avec des circonstances atténuantes. Victime d'un saignement de nez avant de monter sur la glace, elle avait chuté d'emblée. Rien de tout ça, cette fois…
"Les Jeux sont un événement auquel tout sportif veut absolument participer."
Nina a une fois de plus envoûté le public avec un programme libre où elle raconte l'histoire d'une jeune femme perdue sous l'eau, prisonnière du silence, et aspirant à remonter à la surface. Alors qu'un monde divin lui permet de renouer avec la vie, ses souvenirs vacillent et, dans un dernier souffle de liberté, elle retourne dans les profondeurs. La chorégraphie est signée Benoît Richaud qui a su saisir la pureté d'une Nina, pourtant tracassée par une inflammation à la cheville.
"J'ai subi plusieurs injections d'anti-inflammatoires pour calmer la douleur et c'était un peu compliqué d'être concentrée à 100 % sur mon patinage lors des derniers entraînements. Mais je n'ai rien lâché et j'ai donné le meilleur de moi-même. Je savoure maintenant le bonheur d'être qualifiée pour les Jeux, un événement auquel tout sportif veut participer."

En attendant, place désormais à un peu de repos.
"Après ce Mondial, je me pencherai sur mes nouveaux programmes avec Ansje et Benoît qui y ont déjà réfléchi. Puis, je prendrai quelques jours de vacances, en Italie, ou plutôt en Sicile, dont est originaire mon père. Une partie de ma famille m'attend là-bas car je ne m'y suis plus rendue depuis six ou sept ans. J'ai également l'intention de passer mon permis pour ne plus être trop dépendante des autres. Et il faut aussi que je trouve une solution pour régler le problème de ma cheville."
À Boston, Nina a réussi la prouesse de terminer première Européenne, juste devant l'Estonienne Petrokina (196,67 pts) qui avait décroché l'or fin janvier, à Tallinn. Le titre mondial est, lui, revenu à l'Américaine Alysa Liu, sortie de la retraite, qu'elle avait prise à l'âge de… 16 ans, en début de saison, qui s'est montrée éblouissante tant sur le court que sur le libre, totalisant 222,97 pts pour priver la Japonaise Kaori Sakamoto (217,98) d'un quatrième sacre d'affilée, sa compatriote Mone Chiba (215,24) complétant un formidable podium.
Quant à Nina Pinzarrone, elle a confirmé ses progrès depuis qu'elle est apparue sur la scène internationale, il y a deux ans à peine.