La présidente de la Fédération belge d'athlétisme réagit aux accusations de Nafi Thiam : "J'ai les preuves écrites que ce qu'elle dit n'est pas vrai"
La présidente de la LBFA a donné une autre version de l'histoire qui s'est déroulée au Japon.
- Publié le 16-09-2025 à 13h24
- Mis à jour le 16-09-2025 à 13h37

Présente au Stade national de Tokyo pour assister aux épreuves se tenant mardi soir, Jessica Mayon, la coprésidente de Belgian Athletics, a réagi aux déclarations de Nafi Thiam accusant la fédération de lui avoir interdit l'accès au camp d'entraînement de l'équipe belge en prélude aux championnats du monde.
Quelle est votre réaction à ce que vous avez lu, sans doute, cet après-midi sur le fait que Nafi Thiam n'était pas la bienvenue à ce camp d'entraînement ?
"Écoutez, j'ai des preuves écrites que ce n'est pas vrai. Elle était la bienvenue. Donc, on a vraiment un écrit qui dit qu'il y avait une personne qui était là pour l'aider à préparer son camp, qui était déjà sur place déjà, etc. Ce n'est donc absolument pas vrai."
Aurait-elle dû venir à ses frais le cas échéant ?
"Alors, non. Tout simplement, elle bénéficie d'une bourse à cette fin. En fait, c'est un peu ça qui m'énerve ce soir. Ca suffit. J'entends tout le temps et je lis tout le temps qu'elle ne reçoit pas de soutien. Elle a quand même un contrat Adeps depuis plusieurs années. Elle bénéficie d'une bourse permettant de rembourser ses frais d'entraînement, ses frais de stage, ses frais de déplacement aussi. C'était le cas ici aussi. Maintenant, c'est vrai qu'en échange, normalement, il y a quelques petites obligations comme des participations à des stages Adeps pour partager sa passion, comme le font avec beaucoup de plaisir tous nos autres athlètes sous contrat. Et je vous mets au défi de me dire à combien de reprises elle l'a fait."
Et sur la non-accréditation de son kiné ?
"On est ici avec une équipe médicale de pointe. On a un excellent docteur, des kinés qui connaissent l'athlétisme, qui connaissent le sport de haut niveau, qui ont été aux Jeux olympiques. Donc, l'encadrement est là. Il y a des kinés qui sont vraiment réservés pour journées des épreuves multiples, il y en a donc pour Nafi. Voilà, c'est son choix ! Mais on essaye de traiter tous les athlètes de la même façon parce qu'on est ici avec une équipe de 47 athlètes. Et ça, c'est important. Tout le monde doit se sentir soutenu. Et c'est un peu compliqué quand on commence à faire des différences entre les athlètes."
Nafi Thiam estime qu'il y a des points litigieux, notamment sur le plan juridique, dans le code de conduite. Que répondez-vous ?
"Tout simplement que je pense qu'au niveau de la Fédération belge, j'étais probablement la seule à accepter de discuter avec ses managers. C'est ce qui a été fait. Il y a une clause de confidentialité sur les discussions qui a été décidée. Maintenant, en tout cas, je me réserve le droit, la prochaine fois qu'il y a un non-respect de quelque engagement que ce soit, à donner aussi ma version et avec les preuves."

Et pourquoi êtes-vous la seule à dialoguer avec elle à votre avis ?
"Sans doute parce que je n'ai pas tout le passé. J'ai lu et entendu que précédemment plusieurs choses se sont déjà produites entre le management de Nafi et la Fédération. Moi, je suis nouvelle dans ce rôle de présidente LBFA, de coprésidente de Belgian Athletics. Je suis toujours prête à répondre aux questions, à discuter avec tout le monde, que ce soit des athlètes, des entraîneurs, des clubs, peu importe. Je trouvais ça normal de pouvoir répondre aux questions et entamer le dialogue. Maintenant, je suis toujours prête à le faire, si nécessaire, pour autant qu'il y ait du respect des deux côtés."
Pourquoi cette histoire de code de conduite n'a-t-elle pas pu être réglée plus tôt ?
"Alors disons que c'est à partir du mois d'août qu'on a su avec certitude qu'elle viendrait aux championnats du monde. Parce qu'avant, on n'avait pas d'infos, ce n'est pas facile d'en avoir venant de Nafi. Elle n'avait pas fait de compétition non plus et n'a repris qu'aux championnats de Belgique. À partir de là, on le savait. Donc, c'est à partir du moment où la participation était sûre que le code a été envoyé. Et ça a été comme ça pour tous les athlètes, en fait."
N'aurait-il pas dû être envoyé d'office à tous les internationaux, ce code de conduite ?
"Peut-être, oui. Maintenant, est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Je ne suis pas sûre."

La décision de sélectionner Nafi, même si elle n'a pas signé le code de conduite, a-t-elle été unanime ?
"Toutes les décisions qui sortent de la commission de sélection sont prises de manière unanime et donc collégiale. Il y a eu des discussions. Mais ce n'est pas un camp face à l'autre, pas du tout. Il y a eu des discussions parce qu'effectivement, il n'y a pas eu de signature. Maintenant, la décision a été d'officialiser sa sélection. Et ça, c'est vraiment toute la commission qui la porte."
Le code de conduite sera-t-il toujours d'application à l'avenir ? Le problème risque de se reproduire…
"Oui, évidemment. Ce code de conduite vient clarifier certaines choses, et puis, c'est aussi une forme de respect envers nos partenaires parce qu'ils sont importants aussi. On doit protéger tout le monde : l'athlète, les partenaires et aussi la fédération. Et donc, l'idée, c'est toujours de trouver le juste milieu et un compromis qui puisse convenir à tout le monde."
L'image qu'elle a donnée, c'est une fédération qui la punit, qui la boycotte même selon son expression.
(Elle coupe) "Franchement, je trouve dommage de systématiquement charger la fédération. Comme je l'ai dit, elle a un contrat Adeps, elle a une bourse depuis plusieurs années. On répond à toutes ses questions quand elle en a. Maintenant, elle choisit aussi de se protéger un maximum, de se mettre à l'écart. C'est son choix et on le respecte. Mais charger systématiquement la fédération, ce n'est pas correct parce que le soutien est bel et bien là."
Sur le sujet des droits à l'image, un compromis est-il réellement possible ?
"Oui, si la discussion est réellement ouverte et franche des deux côtés. Maintenant, quand on demande quel point exactement pose problème et comment on peut trouver une solution, là directement on est menacé d'être mis au tribunal. Donc c'est un petit peu compliqué. Mais la volonté, c'est bien évidemment que tout se passe pour le mieux pour tout le monde et que ce soit dans la sérénité. C'est pour ça qu'il y avait une clause de confidentialité sur les discussions qu'il y a eues avec le management, pour que ce soit le plus serein possible et qu'on n'ait pas tous les jours des articles. Voilà. Ce n'est pas de notre côté que ce n'est pas respecté."
Lier des droits commerciaux à une participation sportive à des championnats, n'est-ce pas un mélange de genres ?
"Ce n'est pas vraiment lié des droits commerciaux. Vous savez, en football, ils portent tous la tenue de l'équipe nationale et pourtant, ils ont sans doute des obligations liées parfois à des partenaires privés. En tout cas, c'est un sujet qui vit dans énormément de fédérations parce que la fédération française nous a demandé de pouvoir nous voir pour discuter des codes de conduite. Le Luxembourg aussi. Et ils arrivent toujours à trouver des solutions qui conviennent à tout le monde. C'est ce que je dis, quand il y a une vraie volonté de trouver des solutions, il n'y a jamais de problème, il n'y a que des solutions."