Bart Swings est catégorique avant la mass start : "Mon ambition, c'est la médaille d'or"
Double médaillé olympique en mass start, Bart Swings vise un troisième podium consécutif ce samedi à Milan. Le patineur belge, champion en titre, espère défendre son or et entrer un peu plus dans l'histoire du sport belge aux Jeux d'hiver.
- Publié le 21-02-2026 à 09h11
- Mis à jour le 21-02-2026 à 12h57

Médaillé d'argent de la mass start en 2018 et surtout médaillé d'or de cette même épreuve du départ groupé en 2022, Bart Swings va défendre son titre, ce samedi, à Milan où il pourrait devenir le premier athlète belge à monter sur le podium lors de trois éditions consécutives aux JO d'hiver.
Il lui faudra pour cela sortir des demi-finales prévues à 15h puis de se classer en ordre utile lors de l'ultime sprint de la finale qui s'élancera à 16h40.
Bart, vous avez dit cette semaine que vous aviez les armes pour prolonger votre titre olympique. Quelles sont ces armes ?
Ma vitesse, d'abord. J'ai senti ces dernières semaines qu'elle revenait et aujourd'hui, je suis vraiment satisfait de mon niveau dans ce domaine. Surtout le ressenti, la confiance dans les virages alors que ce n'est pas une glace facile : elle est un peu bosselée et c'est assez déroutant. Ici, pour la première fois de la saison, nous avons vraiment poussé à la vitesse maximale. S'il s'agit d'une course dure, ma vitesse est généralement supérieure, à la fin, par rapport aux autres. Ensuite j'espère que ma perspicacité tactique fera le reste.
Quelle importance Indra Medard aura-t-il pour vous ?
Grande, je l'espère ! Mais nous devrons d'abord tous les deux franchir le cap des demi-finales et cela n'ira pas de soi. Le plateau est solide, avec beaucoup d'attaquants, et cela va rendre les demi-finales super difficiles. Les huit premiers de chaque course seront qualifiés et j'espère qu'Indra en sera. Je le lui souhaite. En finale il pourrait m'aider en me permettant d'économiser de l'énergie et en bouchant certains écarts.
En 2022, vous aviez pourtant réussi tout seul.
Oui, à Pékin ça a marché et je serais très content si cela réussissait ici aussi. Mais ce scénario était tout à fait impossible à prévoir, et donc je ne dirai pas aujourd'hui non plus : je vais gagner de telle ou telle manière. Ce sera une course très tactique, c'est évident.

Que signifierait une troisième médaille olympique pour vous ?
Ce serait un couronnement sur le parcours de ces dernières années. J'ai beaucoup profité de ma médaille d'or de Pékin, mais l'année dernière a été vraiment très difficile avec les blessures dont j'ai souffert. Souvenez-vous où j'en étais il y a six mois : je ne m'attendais pas à être ici sans douleur. Et finalement je suis en position de me battre pour les médailles, c'est inespéré. Je devrais déjà être très content mais j'en veux plus.
Votre forme de 2022 est-elle comparable avec celle de 2026 ?
Mon parcours a été différent, mais j'en suis vraiment proche, j'en suis convaincu. La vitesse est de retour, en revanche ma capacité d'accélération est plus difficile à évaluer. Je pense que physiquement, je suis bien mais à Pékin j'ai connu un état de grâce et ce sentiment, je ne l'ai pas souvent vécu. On ne saura que samedi quelle est la forme du jour.
Est-il plus difficile avec les années (NdlR : il a 35 ans) de gagner un mass start ?
Avec une blessure, certainement ! (sourire) Non, plus sérieusement, le niveau augmente constamment mais d'une manière différente. Il y a quatre ans, mes principaux adversaires étaient des sprinters. Il y en avait beaucoup : les deux Coréens, Joey (Mantia), les Néerlandais, les Italiens. À présent mes concurrents viennent du 5 kilomètres et ils se font un plaisir d'attaquer et de rendre la course difficile. Normalement cela devrait être à mon avantage car plus c'est difficile, mieux c'est pour moi ! Si c'est un sprint, j'aurai toutes mes chances.

Vous ne pourrez évidemment pas répondre à toutes les attaques.
Non. Et si je le fais, je compromettrai mes chances de succès. Jordan Stolz aussi sait aussi qu'il est capable de gagner, mais il faut que l'occasion de sprinter se présente.
Quelle est l'importance de l'expérience dans une telle course ?
Une bonne lecture de course est essentielle. Mais une finale olympique reste une épreuve spéciale, encore différente d'un championnat du monde ou d'une Coupe du monde.
Est-ce plus imprévisible ?
Il faudra essayer de s'économiser et d'être bien positionné.
Oui et non. Certaines personnes prennent beaucoup moins de risques. Comme à Pékin où le scénario était très imprévisible. La mass start est par définition une distance très difficile (NdlR : 6 400 m, soit 16 tours). Je suis moi-même curieux de voir ce que cela va donner. Stoltz est bien sûr le sprinter par excellence. En plus tu as le Coréen Jae-Won Chung qui va aussi être très rapide. Et l'Italien Andrea Giovannini, qui est le même type d'athlète que moi et vient aussi du 5 kilomètres. Il faudra essayer de s'économiser et d'être bien positionné.
Quand décidez-vous généralement de la tactique ?
La tactique est importante, je dois avoir le temps de visualiser la course.
Pas trop tôt, parce que je ne veux pas y penser chaque nuit, mais quand le stress commence à devenir trop important je sais que c'est le moment. Je dois avoir le temps de visualiser la course. Avec mon coach, Jelle Spruyt, nous discutons une première fois des scénarios de course possibles et de mes principaux rivaux avant la demi-finale. J'ai besoin de savoir comment réagir en cas d'attaque. Ensuite on ajuste encore la tactique avant la finale, en fonction des qualifiés. Il y a toujours des surprises. L'Italie aura-t-elle deux représentants ? Qui ira en tête ? Est-ce un patineur qui va aussi boucher des écarts ou non ? On essaie de prendre un maximum de données en compte.
L'absence du vice-champion d'Europe néerlandais Bart Hoolwerf constitue-t-elle un avantage ?
C'est sûr que si c'est un sprint, cela fait un candidat de moins à la médaille d'or. Je ne comprends toujours pas pourquoi il n'a pas été repris en sélection. Avec deux Néerlandais très offensifs, ce sera toutefois plus difficile de faire en sorte qu'un sprint se produise. On ne verra pas Jorrit Bergsma contrôler les quatre derniers tours par exemple.

Seriez-vous content avec n'importe quelle médaille ce samedi ?
Oui, certainement. Beaucoup de champions n'en ont aucune et cela montre encore une fois à quel point c'est difficile. Tout doit vraiment bien se passer, il ne faut pas faire d'erreurs. Que cela ait réussi deux fois déjà pour moi me comble de joie. C'est aussi une sorte de pression qui disparaît. Mais ce serait quand même très beau de rentrer à la maison avec une troisième médaille olympique consécutive. Soyons clairs toutefois : mon ambition, c'est l'or !