

Retrouvez toute l'actualité d'Emmanuel Grégoire : sa carrière politique, son rôle à la mairie de Paris et sa campagne pour les élections municipales du 15 mars 2026.
Premier adjoint d'Anne Hidalgo pendant six ans, Emmanuel Grégoire est arrivé largement en tête du premier tour des municipales du 15 mars avec 37,98 % des voix, devant Rachida Dati (25,46 %). Il affronte le second tour du 22 mars en position de favori.
Né en 1977 à Talence, en Gironde, Emmanuel Grégoire n'a pas le profil du politique flamboyant. Diplômé de Sciences Po Paris, il passe par le conseil en affaires publiques avant de rejoindre l'appareil du Parti socialiste, un parcours discret, loin des coups d'éclat, mais qui lui forge une réputation de technicien rigoureux et fiable.
Sa trajectoire politique se construit entièrement à Paris. Élu conseiller de Paris en 2014 dans le 12ᵉ arrondissement, il intègre la majorité Hidalgo dès sa formation. En 2018, Anne Hidalgo en fait son premier adjoint, en charge des finances et de la transformation administrative, un poste ingrat, invisible médiatiquement, mais stratégique. C'est là qu'il apprend les rouages de la machine municipale parisienne, dossier par dossier.
Sur le fond, Grégoire s'inscrit dans la tradition social-démocrate : transition écologique, régulation du logement, développement des services publics. Pas de grandes envolées idéologiques : une ligne claire, assumée, portée avec constance.
Quand Anne Hidalgo annonce qu'elle ne se représente pas, le nom d'Emmanuel Grégoire s'impose naturellement à gauche. Il est le mieux placé pour porter l'héritage de deux mandats, le plus au fait des dossiers, le plus connu des réseaux militants socialistes et écologistes parisiens.
Candidat investi par le Parti socialiste, il mène une coalition progressiste qui rassemble socialistes, écologistes et plusieurs mouvements citoyens.
Son objectif était d'éviter la dispersion des voix à gauche au premier tour et d'aborder le second en position de force face à Rachida Dati. Il y est parvenu : avec 37,98 % des suffrages au premier tour du 15 mars, il devance Dati de plus de douze points. Sophia Chikirou (LFI, 11,72 %) s'est maintenue au second tour après que Grégoire a refusé toute fusion avec elle. Bournazel et Knafo se sont retirés au profit de Dati.
Défendre douze ans de gestion socialiste dans une ville où la propreté, la sécurité et la circulation font l'objet de critiques croissantes, c'est le défi central de la campagne Grégoire. Ses adversaires, Rachida Dati en tête, ont martelé ces thèmes pendant des mois. Il doit y répondre sans renier ce qui a été fait.
L'autre enjeu est interne : tenir la coalition de gauche soudée jusqu'au bout. Les écologistes, les insoumis et certains courants socialistes n'ont pas tous naturellement vocation à voter Grégoire au premier tour. Chaque voix perdue à gauche est une voix qui profite à la droite au second.
Le premier tour a confirmé la solidité de son ancrage à gauche. Il aborde le second tour avec une avance de plus de douze points sur Rachida Dati. Sa principale inconnue reste le report des voix de Sophia Chikirou, dont il a refusé la fusion, vers sa liste le 22 mars.
Grégoire joue la carte de la compétence contre la notoriété. Face à une Rachida Dati omniprésente sur les plateaux, il mise sur le terrain, les réunions publiques d'arrondissement, les échanges directs avec les habitants. Moins spectaculaire, mais cohérent avec son image.
Sa stratégie repose sur trois piliers : défendre les transformations urbaines engagées sous Hidalgo comme les mobilités douces, la végétalisation, la régulation locative, tout en reconnaissant ce qui n'a pas fonctionné ; rassembler les progressistes autour d'un projet commun plutôt que d'une personnalité ; et incarner un renouvellement générationnel et de ton par rapport à l'ère Hidalgo.
Ce positionnement lui permet d'éviter le piège du simple "continuité" sans pour autant renier un bilan qu'il a contribué à construire.
Emmanuel Grégoire aborde le premier tour avec les atouts structurels de la gauche parisienne : une ville historiquement ancrée à gauche, une coalition large, une implantation solide dans les arrondissements populaires de l'Est et du Nord.
Mais, la partie n'est pas gagnée. Le contexte national est défavorable à la gauche de gouvernement, et Rachida Dati a réussi à s'imposer comme une alternative crédible auprès d'un électorat centriste qui pourrait faire la différence. Dans une élection qui se joue arrondissement par arrondissement, chaque bastion perdu peut coûter la mairie.
Le premier tour a répondu à la première partie de la question : Paris a confirmé son ancrage à gauche. Grégoire aborde le 22 mars en favori, avec une avance structurelle et une coalition de gauche restée soudée. Reste à savoir si les électeurs de Chikirou, dont il a refusé l'alliance, feront le choix du vote utile pour lui barrer la route à Dati, ou si, dans certains arrondissements clés, l'arithmétique du second tour réserve encore des surprises.