

Retrouvez toute l’actualité de Steeve Briois : son action à la mairie d’Hénin-Beaumont, ses décisions politiques, son rôle au sein du Rassemblement national et son influence dans la politique locale du Pas-de-Calais.
Figure du RN dans le bassin minier, Steeve Briois dirige Hénin-Beaumont depuis 2014. Réélu dès le premier tour le 15 mars 2026 avec 77,71 % des suffrages, en hausse par rapport à ses 74 % de 2020, il entame un troisième mandat consécutif.
Né en 1972 à Seclin, dans le Nord, Steeve Briois s'engage en politique dès les années 1990 en rejoignant le Front national. Son parcours est étroitement lié à l'implantation progressive du mouvement dans le bassin minier du Pas-de-Calais, aux côtés de Marine Le Pen qu'il a lui-même incitée à s'implanter dans sa circonscription.
Il occupe successivement les postes de secrétaire général puis de vice-président du FN devenu RN, bâtissant patiemment un ancrage territorial que peu d'élus du mouvement possédaient alors. En 2014, il remporte la mairie d'Hénin-Beaumont dès le premier tour, faisant de cette ancienne forteresse socialiste ravagée par les affaires le symbole de la conquête locale du RN.
Réélu en 2020 avec 74 % des suffrages exprimés, il revendique depuis un bilan positif : désendettement de la ville, baisse de la taxe foncière, rénovation de quartiers, nouvelle piscine, nouvelle salle polyvalente. Ses détracteurs, eux, pointent la privatisation de services publics, cantine, crèche, crématorium, et une partie de la ville qu'ils estiment délaissée.
Sur le marché d'Hénin-Beaumont, carnet à la main, Briois prend note des doléances des habitants : un problème d'ascenseur, un point santé, de longues condoléances personnalisées. C'est cette proximité qu'il revendique comme clé de sa réussite.
Son bilan, il le résume en chiffres : 77 millions d'euros investis dans les infrastructures en douze ans. Sa promesse pour le troisième mandat s'inscrit dans la même veine : continuer, sans rupture, avec les mêmes méthodes.
Le slogan "Avec vous depuis toujours" dit tout de la stratégie : Briois ne cherche pas à convaincre, il cherche à mobiliser ceux qui l'ont déjà choisi.
Face à lui, deux listes de gauche : Inès Taourit, qui conduit la liste citoyenne "Redonner la parole aux habitants", et Houari Benhadja, candidat LFI avec "Un avenir en commun pour Hénin-Beaumont".
Inès Taourit, 32 ans, conseillère municipale socialiste d'opposition depuis six ans et gendarme réserviste, mène une liste qu'elle veut apolitique. Elle pointe le talon d'Achille de Briois : en 2020, il a été réélu avec seulement 5 750 voix sur 17 832 inscrits. Avec 60 % d'abstention, une mobilisation des non-votants pourrait tout changer. Briois balaie l'argument et accuse Marine Tondelier, désormais candidate à la présidentielle 2027, de tirer les ficelles en coulisses. Taourit le nie catégoriquement.
Houari Benhadja, candidat LFI, est lui-même lucide : "la victoire est vraiment très hypothétique. Je me bats pour essayer de l'emporter, mais en ayant conscience que nous avons affaire à un Everest politique ici."
Briois joue depuis douze ans la même partition, et elle fonctionne : la proximité absolue, la gestion concrète, et le soin permanent de ne pas apparaître comme un idéologue. Selon le sociologue Sylvain Crépon, Briois "explique en privé qu'il est de droite mais ne le dit pas publiquement car ce serait contre-productif dans sa circonscription", une ville ouvrière où les valeurs du monde du travail restent prégnantes.
Cette stratégie d'effacement idéologique au profit du terrain a fait ses preuves dans un bassin minier désindustrialisé, où la gauche traditionnelle a laissé un vide que le RN a méthodiquement occupé. Hénin-Beaumont est aujourd'hui observée comme un laboratoire national de l'implantation locale du mouvement. À un an de la présidentielle 2027, l'enjeu dépasse largement les frontières du Pas-de-Calais.
Briois affiche une confiance tranquille : "On est sûr de l'emporter, mais ce n'est pas une raison pour ne pas faire campagne." Une victoire dès le premier tour, comme en 2020, reste l'objectif affiché.
Le 15 mars, Hénin-Beaumont a répondu à sa question.
La participation s'est établie à 63,10 %, en nette hausse par rapport aux 44,62 % de 2020, la mobilisation espérée par l'opposition a eu lieu, mais elle a profité à Briois autant qu'à ses adversaires.
Il n'y aura pas de second tour. Les 32 sièges sur 35 du conseil municipal reviennent à sa liste, 3 à celle de Taourit. Hénin-Beaumont reste le laboratoire de l'implantation locale du RN, et Briois en est, plus que jamais, le symbole.