Le dernier départ du poète
Drapeaux en berne et ciel en gris, à Grâce-Hollogne, tantôt vent, tantôt pluie pour l'enterrement d'Alain Van der Biest, qui aurait eu 59 ans le 4 mai prochain s'il n'avait mis fin à ses jours dimanche dernier vers 15 heures. Ses amis l'ont porté en terre. Jean-Maurice Dehousse et José Happart étaient là. D'autres aussi mais par fleurs interposées
- Publié le 23-03-2002 à 00h00
Drapeaux en berne et ciel en gris, à Grâce-Hollogne, tantôt vent, tantôt pluie pour l'enterrement d'Alain Van der Biest, qui aurait eu 59 ans le 4 mai prochain s'il n'avait mis fin à ses jours dimanche dernier vers 15 heures ("La Libre´ du 19/3).
Parmi les quelque 700 amis et connaissances du défunt venus lui rendre un dernier hommage, vendredi après-midi, des gens du cru, surtout. Bon nombre d'ouvriers et d'employés communaux, aussi. Ils auront à déduire 90 minutes de leur temps de travail, ce fut négocié. Et quantité de militants socialistes, bien sûr, rien n'étant exclusif du reste. Des jeunes, des moins jeunes et d'autres plus âgés encore.
Certains en colère contre"ceux qui ont poussé Alain´ à l'extrémité la plus ultime. Certains simplement émus. Et beaucoup d'yeux rougis, rouges comme l'aurait été l'étendard du PS, s'il avait été déployé durant la cérémonie - très sobre quant à elle, pour ne pas dire dépouillée.
Au funérarium, un extrait du"Cantique des cantiques´, quelques mots de proches - et notamment"à la grâce du Seigneur´, mais non de la justice - devant le cercueil de celui qui fut le bourgmestre de la commune, son député, mais également ministre national des Pensions et, à la Région wallonne, des Affaires intérieures, ainsi que secrétaire du PSB.
Quelques figures connues, à la levée du corps, comme Jean-Maurice Dehousse, député européen, ou José Happart, ministre wallon de l'Agriculture. Pourquoi est-il venu? "Pour montrer ma sympathie à Alain, nous a-t-il expliqué, comme je l'ai toujours fait depuis qu'il a connu des difficultés. Il m'avait fait signe et je l'ai soutenu.´
Avec le"Hérisson´ : Maurice Bayenet, chef de groupe PS au Parlement wallon, représentant officiellement le parti, Charles Janssens, député-bourgmestre de Soumagne, ainsi que Jean Guy, ex-membre du PS ainsi que quelques mandataires moins connus.
Absent, par contre, Robert Collignon, président du Parlement wallon, dont la couronne de fleurs a pourtant été fort remarquée, de même que celle de Louis Michel, le vice-Premier PRL et ministre des Affaires étrangères. Hors monde socialiste, aussi: Jean-Pierre Grafé, député PSC de Liège, venu présenter personnellement ses condoléances à la veuve d'Alain Van der Biest, Betty. "C'était un ami de longue date, dans ses bons comme dans ses moins bons moments, a-t-il précisé, et après le calvaire qu'il a connu, je voulais lui exprimer ma sympathie.´
"PLUS PERSONNE...´
Trafic automobile temporairement interdit: quatre corbillards s'ébranlent quelques minutes après 15 heures, emportant pas moins de 170 couronnes de fleurs et drainant le cortège sur, peut-être, 1 500 mètres, jusqu'au cimetière de Grâce-Hollogne. Betty Van der Biest en tête, fière malgré sa poignante émotion, comme pour démontrer que c'est la dépouille d'un homme respectable qu'on suit. Pas d'église, pas même de cérémonie civile à proprement parler.
Quelques mots touchants, face à la tombe ouverte, dits par sa nièce. "Plus personne ne te fera du mal´ entend-on avant qu'elle cède la parole au frère de la veuve, pour un laïus et un chant brefs et teintés de religion, venus du protestantisme. Et puis, c'est l'instant ultime.
Nana, la petite chienne du"poète égaré´, un ruban noir en guise de collier, tourne la tête à droite, à gauche, hésitante. Le cercueil glisse sous la dalle. Un peu. Beaucoup. Tout à fait. Alain Van der Biest n'est plus.
© La Libre Belgique 2002
