Elio Di Rupo : "Que les gens raisonnables se lèvent"
Le président du PS estime que l'orange bleue est morte et envisage un gouvernement d'union nationale. Pour le parti socialiste, il aurait en tout cas été impensable de régionaliser des branches de la sécurité sociale.
- Publié le 03-12-2007 à 00h00

entretien
Pour Elio Di Rupo, la démission d'Yves Leterme comme formateur illustre un beau "gâchis".
Où sont les responsabilités de l'échec ?
Si j'en crois ce que j'ai entendu, il y avait des exigences de la N-VA qui étaient inacceptables. Pour le parti socialiste, il aurait en tout cas été impensable de régionaliser des branches de la sécurité sociale. Il faut quand même reconnaître que les priorités et les urgences des gens ont été balayées de la carte des préoccupations par l'orange bleue. Cela doit cesser.
Le MR a l'air de rejeter une partie de la responsabilité de l'échec sur les épaules du CDH et de sa présidente, Joëlle Milquet ?
Moi, je n'étais pas autour de la table des négociations. Je vois cependant bien qu'il y a eu une manoeuvre à l'encontre de madame Milquet pour lui faire endosser une lourde part de l'échec. Je ne dis cependant pas que le MR a participé à cette manoeuvre. Ce que je constate en revanche, c'est qu'au sein du MR il y a plus que des nuances. Ce qu'on dit au FDF me semble très proche de ce que dit Madame Milquet. Pour ce qui nous concerne, il va sans dire que le PS s'opposera à des transferts visant la sécurité sociale, les allocations familiales. On ne va pas appauvrir les Wallons et les Bruxellois. Et nous considérons également que régionaliser la fiscalité sur les entreprises est une très mauvaise idée. On va tout compliquer. Et provoquer des migrations d'entreprises vers le nord du pays, déjà totalement saturé.
L'orange bleue est morte, pour vous ?
Ce n'est pas le cas ?
Le CD & V a encore l'air d'y croire...
Ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Mais je ne sais pas ce qu'il leur faut pour déclarer la mort de l'orange bleue.
Quelle alternative y a-t-il ?
Il y a d'abord l'urgence à régler. Il faut trouver une formule qui permette au gouvernement Verhofstadt, en affaires courantes, de pouvoir faire fonctionner le pays pour répondre aux priorités du moment : pouvoir d'achat, hausse du prix de l'énergie, etc. Mais cela doit être limité dans le temps. Il faut dans le même temps que les gens raisonnables de ce pays se lèvent et se mettent à table pour former un gouvernement. Si on veut un gouvernement axé essentiellement sur les questions socio-économiques, il y a différentes formules. Et si on veut une réforme de l'Etat, cela pourrait être un gouvernement d'union nationale. Le PS se montrera responsable. A condition que les propositions soient raisonnables
Le MR ne veut pas de formule tripartite...
Cela m'étonne. Quand on est face à un échec cuisant, le minimum est d'attendre un peu avant de lancer des anathèmes.
