L'Open VLD se remet à cogner le cartel

Le tir groupé des responsables libéraux flamands, dimanche, contre le cartel n'avait, assure un baron de l'Open VLD, rien d'une affaire concertée. Et pourtant, tour à tour, sur les plateaux de télévision, les Bart Somers et autres Guy Vanhengel se sont relayés pour descendre en flèche l'attitude du formateur Yves Leterme.

M.Bu.
L'Open VLD se remet à cogner le cartel
©BELGA

Le tir groupé des responsables libéraux flamands, dimanche, contre le cartel n'avait, assure un baron de l'Open VLD, rien d'une affaire concertée. Et pourtant, tour à tour, sur les plateaux de télévision, les Bart Somers et autres Guy Vanhengel se sont relayés pour descendre en flèche l'attitude du formateur Yves Leterme. "Se faire applaudir par son parti alors qu'on a encaissé un échec aussi cuisant, c'est vraiment déplorable", constate un libéral flamand.

La paix armée en vigueur entre chrétiens-démocrates flamands et libéraux depuis le début du calvaire orange bleue semble avoir volé en éclat. Le cartel CD & V/N-VA a pris la direction flamando-flamande, aiguillé par Yves Leterme et Bart De Wever. Un chemin où l'Open VLD, pourtant calé depuis des mois dans la roue du cartel sur les questions communautaires, refuse de s'engager. Certes les libéraux flamands plaident en faveur de davantage d'autonomie pour les Régions sur une large palette de thématiques. "Mais, pour nous, analyse un responsable libéral, les réformes de l'Etat doivent bénéficier à l'ensemble de la population - et pas seulement à la Flandre."

"Ulcéré par le cartel"

L'Open VLD se dit, au 176e jour de la crise politique, "ulcéré" par les dérives nationalistes de la garde flamando-flamande du cartel. Surtout, les libéraux flamands encaissent difficilement le fait d'être mis constamment en porte-à-faux par rapport à l'opinion publique flamande, et accusés de ne pas être "aussi bons flamands" que le cartel. Ce matin, lors d'un bureau politique, le parti de Guy Verhofstadt, pourrait donc marquer sa préférence pour une autre formule que l'orange bleue - la tripartite étant purement et simplement exclue pour les libéraux flamands. Dimanche, la présidente du SP.A Caroline Gennez a indiqué vouloir être "constructive" et "positive" sans toutefois donner le top-départ pour l'une ou l'autre nouvelle formule de négociation.

En face, le cartel s'est arc-bouté autour du formateur déchu Yves Leterme - désormais icône de la cause flamande. C'est lui, et lui seul, qui sera Premier ministre si le cartel CD & V/N-VA devait entrer dans un gouvernement, martèle le président Jo Vandeurzen. "On devrait lui ériger une statue" pour services rendus, dit-il notamment. Dimanche, dans son fief à Genk, le Limbourgeois Vandeurzen et quelques autres responsables du CD & V ont préparé la riposte à asséner aux libéraux flamands et... aux francophones. Car le CD& V garde une dent contre le CDH de Joëlle Milquet : "Elle a tenté de faire croire que nous abandonnions le principe de la solidarité interpersonnelle, indique un responsable du CD&V. C'est totalement faux ! Ce principe est au coeur de notre idéologie."

Une lutte sans-merci

La priorité absolue du cartel est désormais la réalisation d'une grande réforme de l'Etat. Et pas forcément à travers une orange bleue, une formule qu'a pourtant (encore) appelée de ses voeux le franc-tireur Pieter De Crem, à la VRT. Les négociations autour du poste de Premier ministre, pense-t-on au CD & V, viendront après la grande discussion communautaire. Le cartel considère, en outre, qu'il revient aux libéraux de prendre leur responsabilité et de tenter de faire mieux qu'eux - "enfin, s'ils le peuvent", raille un chrétien-démocrate. Enfin, les responsables chrétiens-démocrates ne s'alarment guère d'un éventuel retour aux affaires de l'Arc-en-ciel ou d'une Violette. Si tel était le cas, le CD & V, rôdé à la guérilla depuis les bancs de l'opposition qu'il a occupé huit ans, mènerait une lutte sans-merci sur le communautaire. "Et je peux vous garantir, termine un baron du cartel, qu'on reviendra autour des 40 pc (contre 30 pc aujourd'hui) lors des prochaines élections."


Pas une roue de secours... Revenu par la grande porte à la Chambre aux élections du 10 juin dernier avec quatre élus, Groen ! n'entend pas jouer les dépanneurs de service en montant, par exemple, aux côtés d'Ecolo dans un succédané d'orange bleue dont le CDH ne ferait pas partie... "Il est exact qu'à l'instar d'une partie toujours plus grande de la population, Groen ! est de plus en plus désabusé face aux vaines tentatives de former un gouvernement orange bleu" constate la présidente Mieke Vogels. "Aux yeux de l'opinion internationale, nous sommes de plus en plus ridicules mais cela ne nous incitera pas à venir en aide aux partis réunis depuis trop longtemps autour de la table. Par contre, nous sommes disposés à participer à une Convention qui aurait à son programme la réforme de l'Etat". Pas à n'importe quelles conditions toutefois : "il faut que ce soit un vrai dialogue, sans diktats de la majorité ou de vétos de la minorité..." Et revenir à l'arc-en-ciel ? Telle formule n'aurait pas de majorité en Flandre...

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