Marcourt : "Est-ce normal que des enseignants aient des lacunes en langue française ?"
Jean Claude Marcourt a répondu aux questions qui fusent actuellement sur la réforme proposée de structure de l'enseignement supérieur.
- Publié le 13-12-2012 à 10h26
- Mis à jour le 13-12-2012 à 10h33

L'occasion de répondre aux questions qui fusent actuellement et qui concernent la réforme proposée de structure de l'enseignement supérieur. L'idée : une coupole – une Académie de Recherche et d'Enseignement supérieur – qui regrouperait les différents pôles d'enseignements.
Sur ce point, beaucoup d'acteurs rejoignent le ministre de l'enseignement supérieur. D'autres, comme Françoise Bertieaux, pour le MR, se demandent si cette configuration ne préfigure pas une régionalisation de l'enseignement supérieur. Vrai ou faux ?
"C'est totalement faux" répond Jean-Claude Marcourt et explique : "La véritable révolution est fondée sur le pilotage commun de l'ensemble de l'enseignement supérieur. Aujourd'hui les universités sont d'un côté, les hautes écoles de l'autre et l'enseignement supérieur artistique dans le troisième, sans compter la promotion sociale qui est presque, je dirais, dans le ter. Ce que nous voulons c'est faire en sorte qu'il ait une cohérence tant au niveau de l'enseignement que de la recherche. Au niveau d'une académie unique Wallonie-Bruxelles, les pôles géographiques ont pour objectif de remettre l'étudiant au cœur du dispositif de l'enseignement supérieur, et je pense que clairement l'objectif était d'ailleurs que cinq recteurs, cinq universités nous rejoignent sur six et puis les ¾ des hautes écoles".
Autre droit de réponse : dans La Libre Belgique de ce matin, il est fait état de cette réforme (5 années d'études au lieu de 3 pour devenir instituteur ou régent). Tous les étudiants seront formés au sein d'une même école. Une année commune avant de se spécialiser. Impayable, entend-on ! Un coût estimé à 500 millions d'euros pour harmoniser les salaires des professeurs.
Réaction d'un ministre qui se veut nuancé et ouvert au dialogue : "Cette réforme est effectivement ambitieuse, ce que je propose aujourd'hui au gouvernement c'est de continuer le dialogue, j'ai mis sur la table une proposition. Cette proposition, je pense qu'il faut la soumettre à des experts, et que les experts puissent tous ensemble voir avec la communauté éducative, les avantages et les inconvénients des différentes formules. En ce qui concerne le financement, il est clair qu'à terme c'est-à-dire à l'horizon de 25 ou 30 ans, cela coutera 500 millions d'euros. Pourquoi ? Parce que tous les enseignants qui seront formés en 5 ans pourront bénéficier d'abord du barème 501, au lieu du barème actuel. Mais, en 20 ans, si cette réforme produit ses effets, et si nous pouvons aussi parallèlement économiser un certain nombre de choses où je pense il y a des dysfonctionnements comme le relève aujourd'hui le professeur Deschamps, nous ferons en sorte que ce montant soit atteignable ce n'est pas un montant à atteindre en 2015, en 2016 mais bien en 2035, en 2040".
Autre question : le test de français obligatoire mais non sélectif pour aider les étudiants à évaluer les connaissances de la langue dès l'entame du cursus. La Fédération des Etudiants Francophones craint que le ministre prépare un test sélectif. Ce sera, à terme, un numerus clausus.
Le ministre socialiste répond : "Aujourd'hui, 80% des écoles le font, et personne n'y voit à redire. Je compte que tout le monde le fasse. Trouvez-vous normal que des enseignants enseignent à nos enfants en ayant des lacunes en langue française ? Trouvez-vous ça normal ? Moi je ne le pense pas, mais je ne pense pas non plus qu'il faut stigmatiser les jeunes au moment où ils commencent les études ! Ces tests permettons aux jeunes de corriger ces lacunes que ce soit en grammaire que ce soit en syntaxe que ce soit bien plus profondément dans la compréhension de la phrase ou du français !". Pour terminer : y-a-t-il a une fronde du monde catholique contre cette réforme ? Que dit le ministre ce matin à l'UCL ?
"Un ce n'est pas une fronde de l'enseignement catholique, c'est une fronde d'une université sur trois qui sont catholiques, et de quelques hautes écoles sur bien plus d'écoles qui sont catholiques. Il ne s'agit donc pas d'une guerre scolaire ! Ramenons ça très simplement à sa proportion. Il s'agit aujourd'hui de l'expression de peur, et je dirais lorsque l'on a peur, on sort du rationnel. Moi je dis tout simplement, je tends la main à tous ceux qui veulent dialoguer avec moi, et je suis sûr que l'on arrivera à un accord !".
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