Le MR fustige le dirigisme du ministre Marcourt

Sa réforme de l'enseignement supérieur ne laisse aucune place à la liberté d'association. Françoise Bertieaux (MR) nous livre son point de vue et la position de son parti.

Alice Dive
Le MR fustige le dirigisme du ministre Marcourt
©Alexis Haulot

Suite à la publication, vendredi, dans nos colonnes, de l'interview du ministre de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS), au sujet de la réforme du paysage de l'enseignement supérieur, la chef de file de l'opposition au Parlement de la Communauté française, Françoise Bertieaux (MR), n'a pas tardé à réagir. Elle nous livre son point de vue et la position de son parti.

A chaud, vos réactions d'abord.

Ce qui me frappe le plus dans le discours du ministre Marcourt, c'est qu'il traite de "stupide" tout qui ne partage pas son avis. Il y a vraiment dans son chef cette volonté de conserver l'idéologie de son projet coûte que coûte, quelles que soient les objections qui lui sont faites. C'est quand même une approche relativement arrogante, d'autant plus lorsque vous êtes en négociation avec des personnes d'un haut niveau d'intelligence, comme le monde universitaire et celui des hautes écoles.

Sur le projet à présent, quid de la position du MR quant à la mise en place d'une Académie de recherche et d'enseignement supérieur (Ares) ?

Il est clair que nous partageons une très grande convergence sur la nécessité d'avoir une académie unique (plutôt que trois à l'heure actuelle), une coupole à la taille de la Communauté française, à la taille de ce que nous représentons sur le plan européen. Cela, je pense que c'est un souhait qui est quasiment unanimement partagé. Par contre, là où j'étais sur le point de m'écrouler, c'est quand j'ai vu ce que le ministre en a fait dans son avant-projet de décret. Ce qu'il appelle du "pilotage", moi je qualifie cela de "dirigisme" du gouvernement sur le secteur de l'enseignement supérieur.

Vous évoquez ici la nomination par le gouvernement d'un administrateur général pour diriger l'Ares…

Précisément. La nomination d'un administrateur général par le gouvernement témoigne d'une mainmise du politique sur les lignes directrices du secteur, ce qui n'a jamais existé jusqu'à présent. L'autonomie de l'enseignement supérieur est un élément crucial. En aucun cas, il ne peut y avoir de dirigisme gouvernemental ni d'ingérence du politique sur ce secteur.


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