Astrid à la tête des missions princières ?
C'est une des premières choses qu'il faudra régler dès l'accession au trône du roi Philippe. Qui présidera les missions économiques princières à l'avenir ?
- Publié le 09-07-2013 à 05h37
- Mis à jour le 12-07-2013 à 14h34

C'est une des premières choses qu'il faudra régler dès l'accession au trône du roi Philippe. Qui présidera les missions économiques princières à l'avenir ? Disons-le d'emblée, trois pistes sont ouvertes : transformer les visites économiques en visites d'Etat, les annuler ou charger un autre prince, voire une princesse, de présider ces missions. Explications.
C'est le prince Albert qui, dans les années 60, avait eu l'idée de s'engager aux côtés des entreprises belges pour les aider à exporter les produits belges aux quatre coins du monde. Sa présence donnait à ces missions économiques un prestige que d'autres missions étrangères n'avaient pas. Le sens du contact, des relations et sa connaissance des dossiers permettaient au prince Albert, non seulement "d'ouvrir des portes" comme on le dit, mais aussi de favoriser la signature de nombreux contrats.
Lorsque le prince Albert est devenu roi, c'est le prince Philippe qui a repris naturellement ce flambeau tandis que la princesse Astrid acceptait la présidence d'honneur de la Croix-Rouge. Le prince Laurent, lui, consacrait son temps aux dossiers liés à l'environnement et à la protection animale.
Missions programmées
Que faire demain, quand le prince Philippe deviendra roi ? Le secret sur l'abdication a été tellement bien gardé que cette question n'a pas été formellement réglée. Or, plusieurs de ces missions sont déjà programmées et leur organisation est déjà bien avancée. Certaines entreprises se sont déjà inscrites. La confirmation de leur engagement pourrait dépendre de la manière dont ces voyages seront organisés et surtout de la personne qui les présidera.
Deux missions économiques auront lieu cette année encore : en Afrique du Sud et en Namibie au mois d'octobre puis en Inde en novembre. D'autres missions de taille auront lieu en 2014; l'Amérique latine, la Russie, l'Arabie Saoudite.
Qui donc les présidera ?
La première hypothèse est que le roi Philippe conduise ses missions. Il en a l'habitude et sans doute l'envie. Mais la transformation de "simples" missions économiques princières en visites d'État entraîne, nous dit-on, des changements extrêmement lourds, notamment au niveau diplomatique. Une visite d'Etat suppose des entrevues… avec les chefs d'Etat et une couverture ministérielle permanente. Tout est possible, mais la prochaine mission se déroule dans trois mois. Et le délai peut paraître trop court pour en modifier le cadre.
Que faire alors ? Les annuler ? Ce serait totalement incohérent et peu diplomatique.
D'où l'idée, si Philippe devait renoncer à ces voyages, d'en confier la présidence à un prince ou à une princesse. Ici, deux possibilités sont ouvertes. Certains pensent à proposer à la princesse Astrid le soin de diriger ces missions. "Trilingue, très à l'aise dans les contacts, elle serait parfaite dans ce rôle", nous glisse un ministre. Elle n'a pas de profil économique ? "Elle peut très bien être accompagnée de son mari, le prince Lorenz." D'autres songent à confier ce job à leur fils, le prince Amadeo. Il a le profil recherché. Problème, il n'est pas très "disponible", il travaille chez Deloitte, à New York.
Armoiries belges
Toutefois, du côté de la Région wallonne, le scénario "Astrid" est à ce stade inconnu au bataillon… Pour rappel, le ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), a plaidé dans "La Libre" pour la refonte du système des missions économiques. Pour lui, Philippe en tant que roi doit présider deux missions économiques "royales" par an en appui des entreprises belges. En outre, des missions princières "de base" doivent continuer à être organisées, présidées par le successeur de Philippe. Mais Jean-Claude Marcourt ne se montre pas très chaud à l'idée de confier la présidence à Astrid, très active dans le social. Le ministre wallon demande que l'on cherche un profil orienté vers l'entreprise.
Riposte fédérale : si l'on modifie le côté "belge" des missions, l'investissement du fédéral sera lui aussi revu à la baisse. Un recul que n'apprécieraient pas les chefs d'entreprises. Car même les Flamands les plus pointus veulent absolument garder le label ".be" et les armoiries belges sur les missions et sur leurs produits.
Sortir de l'incertitude
Quoi qu'il en soit, les acteurs du Commerce extérieur belge voudraient y voir rapidement clair. Au sein de l'Agence fédérale pour le commerce extérieur, c'est l'attente. La directrice de l'organisme qui pilote les missions économiques princières, Fabienne L'Hoost, se dit même impatiente : "Il y a sans doute des discussions actuellement entre le Prince et les Affaires étrangères pour trouver un successeur, explique-t-elle . Un nom sera alors proposé au conseil d'administration (CA) de l'Agence et ce sera alors à lui de valider la désignation du président honoraire des missions économiques. Il faudra toutefois avoir au préalable l'accord des trois Régions. Elles pèsent très lourd au sein de notre CA : 12 mandats sur 16 administrateurs au total. Une solution devra être trouvée assez rapidement de toute manière car il ne faudrait pas que les entreprises hésitent à s'inscrire aux missions déjà planifiées en raison de cette incertitude."
