Huit fossoyeurs sont diplômés en Wallonie
Une profession un peu délaissée retrouve ses lettres de noblesse.
- Publié le 16-03-2015 à 18h36
- Mis à jour le 16-03-2015 à 19h31

En octobre 2014, dans "La Libre", Xavier Deflorenne, le spécialiste wallon en matière de cimetières, expliquait que "par le passé, les communes ont détricoté la fonction et le savoir-faire ne s'est plus transmis". Notre interlocuteur a participé à la formation des nouveaux fossoyeurs wallons.
Huit d'entre eux vont d'ailleurs recevoir leur diplôme, ce mardi matin, à Tinlot (province de Liège), des mains des ministres Simonis (promotion sociale à la Fédération Wallonie-Bruxelles, PS) et Tillieux (emploi et formation en Wallonie, PS). Les fossoyeurs diplômés proviennent du Hainaut, de la province de Namur (quatre fossoyeurs de Sambreville et un d'Onhaye), du Brabant wallon et de la commune de Saint-Gilles (Région de Bruxelles-Capitale).
Ce titre leur permet désormais de valoriser un travail pour lequel ils ont acquis une certaine expérience et de se faire reconnaître sur le marché du travail.
Cette formation poursuit deux objectifs importants. Le premier concerne donc cette profession qui, par le passé, se transmettait des anciens aux jeunes et qui a fini par se perdre quelque peu, amenant parfois des situations pénibles pour les familles de certains défunts. Le deuxième objectif vise à créer des emplois qualifiés et ne concerne d'ailleurs pas que le métier de fossoyeur.
Six modules de formation
Afin de former au mieux ces futurs fossoyeurs, un descriptif de fonction a ainsi été mis en place par le conseil régional de la formation (CRF) et le consortium de validation des compétences : "Dans le respect des personnes endeuillées, le fossoyeur exécute le creusement et le comblement des fosses, les manipulations de cercueils et d'ossements dans le cadre d'inhumations et d'exhumations de corps, en suivant les règles de sécurité et dans la connaissance de la législation en vigueur. Les exhumations se font sur ordre du bourgmestre ou de son délégué. Il procède à la dispersion des cendres. Il veille au bon état des sépultures et à l'entretien du cimetière. Il effectue certaines tâches administratives. Le fossoyeur étant le représentant du bourgmestre; il fait appliquer la police des cimetières."
En fin d'apprentissage, un examen est proposé aux candidats. Ils doivent durant cette épreuve de quatre heures : exécuter des travaux de fossoyage ou de terrassement, démontrer leur capacité à entretenir un cimetière et ses abords, vérifier les documents légaux, démontrer leur capacité à réceptionner, compléter et renvoyer des documents, mais aussi à entretenir leur matériel.
La formation comprend six modules qui durent entre un et trois jours. Le premier module concerne la gestion des cimetières et du patrimoine funéraire, le second tourne autour de l'entretien des monuments funéraires, le troisième est axé sur la gestion relationnelle, le quatrième est basé sur l'ergonomie et tout ce qui concerne le travail physique fourni par un fossoyeur, le cinquième a trait aux exhumations et le sixième vise la suppression de l'utilisation de pesticides dans les cimetières.
Un beau patrimoine funéraire
Rappelons que, depuis l'année 2009, une nouvelle politique concernant les cimetières a été mise en place au niveau de la Région wallonne.
Si l'ensemble des 262 communes du sud du pays n'ont pas toutes réagi rapidement à ces changements, il semble désormais que les choses commencent à prendre corps.
Des ossuaires se créent conformément à la nouvelle législation; des demandes d'aides à la gestion des cimetières arrivent en nombre auprès des services de la Région et les plaintes pour mauvaise gestion sont en croissance auprès des services régionaux.
Le citoyen se réapproprie ces lieux longtemps délaissés et où le patrimoine funéraire est important.
Depuis plus de dix ans, le dispositif de validation des compétences favorise la qualification et la mobilité professionnelle des demandeurs d'emploi et des travailleurs.
Plus de 16 000 titres de compétences ont ainsi été délivrés pour 40 métiers (employé administratif, ouvrier boulanger-pâtissier, installateur électricien résidentiel, etc.). Il faut désormais compter avec celui de fossoyeur.