L'Arizona n'a pas fait la moitié du chemin sur le plan budgétaire
Le gouvernement a bouclé, à l'arraché à la fin de l'année dernière, un budget pluriannuel qui doit réduire le déficit de l'État de 9,2 milliards d'euros d'ici 2029. Cela reste cependant bien insuffisant pour atteindre un déficit limité à 3 % du PIB comme le réclament les traités européens.

- Publié le 01-02-2026 à 11h02

Lorsqu'il s'est présenté pour son intronisation au Parlement, le gouvernement fédéral ne faisait pas mystère de son grand objectif : remettre les finances publiques sur les bons rails. Et s'il ne voulait pas le faire pour lui-même, au moins devait-il se conformer aux exigences de la Commission européenne qui veillent scrupuleusement sur la bonne tenue de la comptabilité de ses membres et surtout sur la baisse des dépenses primaires.
La confection du premier budget ne fut pas une mince affaire. La preuve : les nouveaux coalisés n'ont pas réussi à boucler la confection du budget 2026 pour le deuxième mardi du mois d'octobre comme s'est traditionnellement le cas. Ils ont eu besoin d'une phase de dramatisation pour atterrir finalement le 24 novembre après de nouvelles interminables nuits de négociation.
Un déficit réduit de 9,2 milliards
Au final, ils ont empilé les mesures à la cohérence parfois improbable pour atteindre, selon les prévisions du ministre du Budget, Vincent Van Peteghem (CD & V), une diminution du déficit de l'État belge de 1,3 % du Produit intérieur brut (PIB) d'ici 2029 – ce qui correspond à un effort de 9,2 milliards d'euros.
Aussi impressionnant soit-il, cet effort soulève cependant deux questions. La première concerne la solidité des bases sur lequel il a été construit. Certaines des mesures budgétaires adoptées n'ont pas pu être mises en œuvre à temps, ce qui retardera forcément la perception du bénéfice que l'État pourra en tirer. C'est le cas singulièrement du saut d'index sur les revenus au-delà de 4000 euros bruts pour les travailleurs à temps plein (2000 euros pour les travailleurs à mi-temps). Plus d'un demi-million de travailleurs ont pu bénéficier de leur indexation intégrale au 1er janvier car le saut d'index partiel n'avait pas pu être mis en œuvre à cette date.
On peut par ailleurs s'interroger sur le rendement effectif de mesures fort complexes comme la hausse ciblée de la TVA sur certains produits ou la nouvelle taxe sur les plus-values mobilières. Il est donc probable – ce ne sera d'ailleurs pas une première en Belgique – que le gouvernement fédéral sera obligé de prendre de nouvelles mesures d'économie pour atteindre l'objectif qu'il s'est lui-même fixé.
Un déficit excessif, encore et toujours
Mais même si les mesures d'économie arrivent effectivement à réduire le déficit de 9,2 milliards, la Belgique restera bien loin d'un déficit limité à 3 % du PIB – qui était à la fois l'objectif premier de l'Arizona et qui reste une obligation européenne. Selon des projections récentes, le déficit belge s'établirait seulement à 4,9 % du PIB seulement à la fin de l'exercice.
Certes, une baisse de dépenses publiques de 9,2 milliards permettra à la Belgique de respecter la trajectoire maximale de dépenses nettes que lui impose la Commission (*). Mais elle ne l'autorisera pas à mettre un terme à la procédure de déficit excessif que la Commission a lancé à son encontre. Pour atteindre un déficit de 3 %, c'est au minimum un nouvel effort de 9,2 milliards – et sans doute plus encore – qu'il faudra réaliser. Le prochain gouvernement est déjà prévenu.
(*) Cette trajectoire maximale des dépenses est calculée en tenant compte de toutes les mesures qu'un gouvernement prend pour contenir le déficit, excluant donc l'effet sur ce déficit que peuvent avoir des événements sur lequel il n'a pas de prise comme la guerre en Ukraine ou la hausse des droits de douane américains.