Les pensions en débat à la Chambre : "Qui protégez-vous, Monsieur le ministre ?"
La note de politique générale du ministre Jambon soumise à l'avis des députés de la commission des Affaires sociales.

- Publié le 27-02-2026 à 06h45
- Mis à jour le 27-02-2026 à 09h20
Lundi à la Chambre, les députés de la commission des Affaires sociales de la Chambre se penchaient sur la note de politique générale du ministre des Pensions, Jan Jambon (N-VA).
Le nationaliste avait présenté cette note lors d'une précédente réunion et les parlementaires avaient pu lui adresser leurs questions, critiques et autres remarques. La parole était donc à nouveau au gouvernement.
Mais le député de l'opposition Vincent Van Quickenborne (Anders, ex-Open VLD), qui a lui-même détenu le portefeuille des Pensions il y a quelques années, avait d'abord un coup de gueule à pousser. Député consciencieux, Van Quick aurait voulu passer une partie de ses congés de Carnaval à étudier des documents que devait lui fournir le gouvernement. Et il les reçoit seulement à la rentrée, alors que l'agenda de la commission des Affaires sociales est plein à craquer. Pas content, Van Quick !
"C'est parfois trop"
Jan Jambon semble à moitié gêné par la situation. Le président de la commission, Denis Ducarme (MR), temporise. Il est vrai que la charge de cette commission est souvent lourde. "On a six ministres. On doit cumuler les projets, les notes de politique générales. C'est parfois trop", admet-il.
L'incident clos, le ministre Jambon se lance dans un très long monologue, décliné en quatorze thématiques. Il alternera néerlandais et français, selon les députés qui l'ont interrogé. Il tiendra le crachoir durant un peu moins de deux heures… Le personnel de la Chambre proposera régulièrement une repasse de café aux députés. Avec un certain succès…
Jan Jambon remercie d'abord les partenaires de la majorité (N-VA, MR, Engagés, Vooruit, CD & V) qui soutiennent les "réformes nécessaires à la pérennité de la sécurité sociale". Il répond ensuite aux députés qui l'ont interpellé. "Le système de pension n'est pas seulement basé sur la solidarité, mais aussi sur un principe assurantiel. Comment expliquer qu'une personne qui travaille toute sa carrière avec un bas salaire touche moins qu'une personne qui n'a pas travaillé ?", demande-t-il.
"Gestion irresponsable"
Le ministre N-VA justifie ses réformes. Sans elles, "des milliards d'euros supplémentaires seront nécessaires pour payer les pensions". Et d'expliquer qu'il y a peu de pays où la carrière effective des travailleurs est si courte qu'en Belgique : 35 ans en moyenne contre 37 ans dans l'Union européenne. Au passage, Jan Jambon dézingue la gestion budgétaire du gouvernement précédent : "irresponsable".
Arrivé au bout de son exposé, le ministre remercie la commission pour son attention. La parole revient aux députés, dans l'ordre d'importance des groupes politiques.
La N-VA n'a rien à ajouter aux propos de son ministre. Elle est convaincue, elle soutient. Le Vlaams Belang relance une salve de critiques. Puis c'est au MR. La députée Florence Reuter ne juge pas nécessaire de prendre la parole. Vient le tour du PS. Le député Khalil Aouasti se lance dans une attaque en règle de la direction que prend, selon lui, la sécurité sociale sous le gouvernement De Wever, vers un régime toujours plus assurantiel et toujours moins solidaire. "Qui protégez-vous, Monsieur le ministre ?", demande le député socialiste. Jan Jambon ne bronche pas.
Vient le tour du PTB-PVDA. Le député Kim De Witte semble bien s'entendre avec le ministre, ce qui ne l'empêche pas de critiquer sa politique. Il conclut son intervention en dénonçant les "surpensions" illégales que perçoivent certains anciens responsables européens (Didier Reynders, Louis Michel,…).
Des noms en pâture
Le président Ducarme n'apprécie pas cette nouvelle attaque de l'extrême gauche contre "des anciens collègues" qui ne sont pas présents pour se défendre. "J'ai failli vous interrompre. Je n'aime pas votre façon de jeter des noms en pâture." Le député communiste a beau lui répondre que ces noms sont sortis dans la presse, Denis Ducarme est fâché.
Les derniers groupes prennent la parole : Les Engagés soutiennent les réformes mais préviennent qu'ils seront attentifs à leur mise en œuvre. Vooruit et le CD & V sont sur la même ligne. Aucun député Écolo/Groen n'est présent : on n'entendra pas les arguments de l'opposition verte aujourd'hui. Ni celle d'Anders, d'ailleurs : Van Quick est parti.
Après un peu moins de quatre heures de discussion, vient le moment pour la commission de donner son avis sur la note Jambon. Point de suspense, ici. Comme d'habitude, les députés de la majorité appuient et ceux de l'opposition s'opposent. Du moins ceux qui ont tenu jusqu'au bout des débats.