Ecolo désignera le 13 juillet une nouvelle co-présidence, les candidats doivent se faire connaître pour le 30 juin

Ecolo désignera le 13 juillet une nouvelle co-présidence. L'équipe n'aura pas la tâche facile: encore sonnés de leur déroute aux élections, les Verts francophones n'ont que quelques semaines pour se relancer en campagne en vue des communales d'octobre.

BRUSSELS, BELGIUM - JUNE 12 : . Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane Presidents of Ecolo visit the King. After the legislative elections King Philippe receives the presidents of the different political parties to be informed. on June 12, 2024 in Brussels, Belgium, 12/06/2024 ( Photo by Philip Reynaers/ Photonews
Ecolo désignera le 13 juillet une nouvelle co-présidence. L'équipe n'aura pas la tâche facile: encore sonnés de leur déroute aux élections, les Verts francophones n'ont que quelques semaines pour se relancer en campagne en vue des communales d'octobre. ©BVB

Les co-présidents Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane ont annoncé leur démission au lendemain du 9 juin. Ecolo venait de subir une défaite aussi cuisante que celle qui avait sanctionné la première participation au pouvoir de son histoire en 2003-2004. Le parti a choisi un tempo rapide pour les remplacer. Traditionnellement, les Verts après un tel événement mènent un travail d'introspection approfondi avant de se relancer. La proximité du prochain scrutin les en a empêchés et le conseil de fédération d'Ecolo a préféré ne pas désigner une équipe intérimaire à la co-présidence.

Les candidats devront se faire connaître pour le 30 juin. Un duo est évoqué avec insistance: celui formé par le Hutois Samuel Cogolati et la Bruxelloise Marie Lecocq, figures de la nouvelle génération d'Ecolo. Un autre nom circule: celui de la secrétaire d'Etat sortante, Marie-Colline Leroy. Avec qui? L'ex-chef de groupe à la Chambre Gilles Vanden Burre est cité mais sans certitude à ce stade. Deux profils plus aguerris au pouvoir.

Écolo s'écrase au fédéral, en Wallonie et à Bruxelles

Quel qu'il soit, le nouveau duo devra réimposer la question environnementale au centre du débat public, à entendre plusieurs personnalités du parti. Il y a cinq ans, Ecolo avait été porté par une vague de popularité qui devait beaucoup au sentiment d'urgence climatique. Confronté au pouvoir, certains estiment que le parti s'est dispersé et, à Bruxelles particulièrement, a manqué d'un leadership pour éviter des sorties en solitaire sur des thèmes annexes souvent utilisés par les adversaires des Verts pour les diaboliser.

"Sur le climat, on n'a pas eu la capacité de montrer clairement à quoi nous servions. Il y a un bilan mais il n'apparaît pas assez. On peut parler d'intersectionnalité, de voile, etc., ce sont des thèmes importants mais nos adversaires s'en sont servis pour nous attaquer à un tel point que les gens entendaient plus parler d'Ecolo par ses adversaires que par ses représentants", analyse l'une des figures du parti.

Un sentiment d'amertume est perceptible chez les écologistes. Après la débâcle de 2003-2004, une des conclusions tirées par Ecolo était la nocivité de la particip-opposition à laquelle le parti avait recouru pour maintenir tant que faire se peut sa cohésion interne. Durant les cinq années écoulées, c'est le MR et son président Georges-Louis Bouchez qui en ont usé au fédéral pour tirer sur une coalition Vivaldi hétéroclite, alors que les Verts jugent s'être montrés loyaux, même s'il leur en a coûté, notamment dans le dossier de l'asile et des droits humains. Le libéral en a profité. "Ses sorties servaient son discours, qui tenait en trois ou quatre points inlassablement rabâchés", soulignait-on.

"Il y a eu un Ecolo bashing dans toute l'Europe"

Des dossiers ont illustré la solitude d'Ecolo, dans lesquels les Verts francophones, au contraire de leurs frères flamands, ont peiné à assumer leur choix, comme le plan Good Move à Bruxelles, ou la prolongation du nucléaire où ils ont marché à reculons. Dans d'autres, Ecolo n'a pu se démarquer du PS et du PTB. Le plus notable est celui du décret paysage, intervenu en fin de législature, et dont les Engagés ont tiré profit pour apparaître comme les modérés et les médiateurs.

"La nouvelle équipe devra trouver un discours rassembleur sur l'écologie. L'environnement doit être central pour nous permettre de redémarrer. C'est sur ces dossiers-là que les gens nous identifient", disait-on encore.

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