Après la débâcle électorale, Écolo doit se réorganiser à marche forcée
Dimanche, les écologistes ont pris une claque. Ils n'auront pas le temps de trop s'appesantir sur cette séquence : on vote déjà en octobre pour les élections locales. Afin d'entamer la réorganisation de leur parti, les verts éliront un nouveau duo de coprésidents pour le 21 juillet.

- Publié le 13-06-2024 à 21h23
Après avoir gouverné partout, les verts francophones vont probablement être débarqués de tous les niveaux de pouvoir. Les résultats des élections sont sans appel, la déroute est significative. Le lendemain du scrutin, Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane ont remis leur démission en tant que coprésidents d'Écolo. Ils n'auront pas réussi à éviter à leur formation la défaite électorale que leur prédisaient les sondages.
Mais l'agenda politique belge ne permet pas aux verts de pleurer longuement sur le lait renversé. On vote pour les communales et les provinciales en octobre. Il va falloir repartir en campagne. Le parti n'aura que quelques semaines pour se réorganiser et éviter une nouvelle débâcle.
Des coprésidents pour le 21 juillet
Première étape de ce redressement : choisir un nouveau duo de coprésidents. Le Conseil de Fédération d'Écolo – le parlement interne du parti – s'est réuni mercredi soir et a lancé le processus des élections internes. Les futurs dirigeants des verts devront être connus pour le 21 juillet. Le timing est très serré et ne permettra pas de mettre à plat la stratégie et/ou le programme d'Écolo. Cette inévitable réflexion aura lieu plus tard, éventuellement grâce à l'appui de consultants externes.
La séquence est trépidante pour les verts et certains se sentent un peu brusqués par cet agenda : "La coprésidence démissionne lundi ; l'idée d'une élection rapide émerge mardi ; on décide d'aller dans ce sens mercredi", résume un membre du parti. Puisque les grands débats sur le fond ne seront pas possibles faute de temps, les élections internes se gagneront sur la crédibilité et la confiance qu'inspireront à titre personnel les candidats à la tête du parti.
Qui pourrait se lancer dans cette bataille interne ? Comme souvent, plusieurs noms circulent déjà en coulisses. Par exemple, on parle de la députée bruxelloise Marie Lecocq, de Marie-Colline Leroy, la secrétaire d'État à l'Égalité des chances au sein du gouvernement De Croo ou encore de Caroline Saal, élue communale à Liège. De même, à ce stade, on parle des ex-députés fédéraux Samuel Cogolati et de Gilles Vanden Burre.
Rien n'est décidé, mais les contacts sont déjà intenses en vue de mettre sur pied les éventuelles candidatures. Pour rappel, dans les statuts d'Écolo, il est prévu que la coprésidence compte obligatoirement un homme et une femme, un(e) Wallon (ne) et un(e) Bruxellois(e). "Il faudra des coprésidents qui soient rassembleurs en interne et en externe, juge un poids lourd écologiste. Les noms qui circulent actuellement circulaient déjà il y a six mois. Il faut en tout cas du renouveau, de l'air frais. C'est dans les têtes de tout le monde."
Le futur tandem vert aura la lourde tâche de mener des troupes déjà meurtries à la bataille des élections locales. Mais aussi, encore plus douloureux, de remercier toute une série de collaborateurs du parti afin de réaliser des économies : la défaite de dimanche aura aussi un effet délétère sur les caisses du parti vert.
Ensuite seulement, une réflexion stratégique et idéologique devra être menée en profondeur. Plusieurs personnalités d'Écolo estiment que la ligne du parti est allée trop loin sur la gauche. Les verts se sont retrouvés embarqués dans un match très difficile à gagner face au PTB et au PS.
Contrer Les Engagés
Ce positionnement a, par ailleurs, donné le champ libre aux Engagés de Maxime Prévot. Leur éclatante victoire du 9 juin a été obtenue en grande partie par le siphonnage des électeurs plus centristes des verts. Au sein d'Écolo, certains voudraient en revenir à un discours plus fédérateur, plus proche de la ligne défendue à l'époque par Jean-Michel Javaux. La conviction de certains verts, c'est que Les Engagés pourront être contrés dans cinq ans après des coalitions difficiles avec les libéraux : "Ils sont partis bille en tête avec le MR de Bouchez. Je comprends cela parfaitement vu le résultat des élections. Mais je ne suis pas certain que cela plaira à tous leurs électeurs."
Une réflexion devra également être menée sur la manière de communiquer. Durant la campagne électorale qui vient de s'achever, les verts étaient peu audibles et semblaient écrasés par les machines du PS, du MR, du PTB… L'importance prise par les réseaux sociaux et la violence politique qui s'y déchaîne mettent dans l'embarras les stratèges écologistes, qui ont du mal à trouver le bon ton.