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L'intelligence artificielle aura-t-elle raison du mémoire de fin d'études? "Les moyens d'évaluation actuels ne sont plus adéquats"

À l'heure où l'intelligence artificielle investit progressivement l'enseignement supérieur, des questions émergent quant à la façon d'évaluer les étudiants, notamment en ce qui concerne le mémoire.

Depuis la primaire jusqu’au master universitaire, l’IA peut devenir un partenaire commode, accessible, et remarquablement correct.
Le mémoire tel qu'on le connaît aujourd'hui a-t-il encore un sens à l'ère de l'intelligence artificielle ? ©Copyright (c) 2021 Chinnapong/Shutterstock. No use without permission.

En 2023, la faculté d'économie de l'Université de Prague, en République tchèque, a décidé de supprimer les mémoires pour ses nouveaux étudiants face à l'émergence d'outils d'intelligence artificielle tels que ChatGPT. Deux ans plus tard, ces technologies se sont tant perfectionnées qu'elles soulèvent la question suivante : le mémoire tel qu'on le connaît aujourd'hui a-t-il encore un sens à l'ère de l'intelligence artificielle ?

"Quand on regarde les acquis d'apprentissage du mémoire, cela a évidemment un sens d'avoir un travail personnel dans lequel l'étudiant doit approfondir un domaine, être capable de prendre du recul et de fournir un travail autonome", soutient Yves Deville, professeur à l'École polytechnique à l'UCLouvain et conseiller auprès de la rectrice pour la politique numérique de l'Université. "Par contre, les moyens qu'on utilise aujourd'hui pour évaluer ces acquis d'apprentissage, c'est-à-dire lire un texte de 40 pages et organiser éventuellement une petite défense orale de 20 minutes pour pouvoir mettre une note à l'étudiant, ne sont plus adéquats", concède-t-il. "Cela n'a plus de sens de se dire : 'j'évalue le texte sous l'hypothèse que l'étudiant a fait ça tout seul'."

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