Liberté d'expression, niveau de vie, asile : un Belge sur quatre est préoccupé par la préservation de ses droits fondamentaux
L'Institut fédéral des droits humains (IFDH) a mené une vaste enquête d'opinion auprès de la population belge.

- Publié le 10-12-2025 à 06h37

Le 10 décembre 1948, au Palais de Chaillot, au cœur de Paris, les Nations Unies adoptent la Déclaration universelle des droits de l'homme. Un texte fondateur et une date restée symbolique. En ce septante-septième anniversaire, l'Institut fédéral des droits humains (IFDH), un organe indépendant créé par la Chambre des représentants, a mené une enquête d'opinion afin de mesurer la perception des droits humains au sein de la population.
Résultat : les Belges connaissent leurs droits. De tous ceux listés dans l'enquête (17 au total), une majorité de droits sont bien identifiés par la population avec 62 % de la population qui déclarent en avoir déjà entendu parler. Ce chiffre grimpe même à 88 % pour la liberté d'expression et à 86 % pour le droit à la vie privée.
"C'est un signal positif. On pense souvent que ces notions sont perçues comme réservées à des groupes vulnérables tels que les détenus ou les demandeurs d'asile. En réalité, nous avons remarqué qu'une plus large partie des Belges sait que les droits humains les concernent aussi", explique Martien Schotsmans, directrice de l'Institut.
Des jeunes plus inquiets
Un tableau plus préoccupant se dessine toutefois. De nombreux sondés estiment que leurs droits sont moyennement limités (39 %), voire très restreints (16 %). Pire encore : un Belge sur quatre se déclare profondément préoccupé par le respect de ses droits fondamentaux. "Il y a même 10 % de la population qui estime que les droits humains sont violés dans une large mesure en Belgique", ajoute Martien Schotsmans.
Des inquiétudes qui se font davantage sentir parmi les plus jeunes générations. "Nous avons observé des différences marquées en fonction de l'âge des participants à l'enquête. La catégorie des 18-34 ans exprime plus d'inquiétudes que la moyenne. Ils pensent aussi davantage que leurs droits risquent de ne pas être respectés ou ont déjà été violés. La jeunesse semble porter un regard plus inquiet sur ces questions", remarque-t-elle.
L'accès aux soins de santé
Les participants ont également été amenés à se prononcer sur des enjeux plus spécifiques. Ainsi, l'accès à des soins de santé se classe en tête des priorités des Belges, avec 46 % des personnes interrogées le considérant comme le droit le plus essentiel. Il est suivi par le droit à un niveau de vie suffisant (36 %).
"Quarante pour cent des personnes interrogées considèrent que leurs droits socio-économiques sont violés, ajoute la directrice de l'Institut. Il ressort de l'enquête que les Belges s'inquiètent surtout de pouvoir avoir un toit au-dessus de leur tête, d'avoir accès à une alimentation suffisante ou d'être en mesure d'acheter des médicaments à un prix abordable. Ces craintes devraient nous alerter. Quand le gouvernement veut modifier la sécurité sociale, il est essentiel de tenir compte de ces préoccupations et d'accompagner les changements par de la pédagogie et de l'écoute".
En revanche, parmi les droits jugés moins essentiels par les sondés, le droit de pratiquer sa religion arrive bon dernier, considéré comme le moins prioritaire par 55 % des individus. En bas de classement, on retrouve aussi le droit d'asile (39 %) et le fait de pouvoir manifester (38 %).